mai 21, 2014

"L'espérance du cardinal" - III

Que dire sur "L'espérance du cardinal" en quelques mots. J'ai noté quelques citations qui, à elle seule, mériteraient un temps de silence et de contemplation. C'est un peu ce que je vous propose dans cette brève recension :

Le cardinal parle notamment de "ces pharisiens qui ferment les portes du royaume (...) à des gens de bonne volonté en quête de sens ou d'espérance" (p. 69) un propos qui fait réfléchir, à la suite des posts précédents sur la bonne tension à trouver entre morale et pastorale...

Comme pour le premier opus (Confessions du cardinal), on sent une recherche kénotique (qui vise l'humilité), que ce blog n'a cessé de promouvoir. On retrouve cela notamment page 164, quand il parle de "s'abaisser à la même hauteur", conditions nécessaires à toute rencontre.
Pas de surprise, donc de le voir citer une association qui me tient à coeur (L'Arche), mais aussi San'Edigio.
C'est surtout ce qu'il appelle le principe de Poo, du nom de l'attitude que le cardinal et l'auteur ont eu vis à vis d'un malade en fin de vie, qu'ils ont accompagné ensemble. C'est dans ce sens aussi et j'aime l'entendre, qu'il parle de "rendre sa dignité et ouvrir à l'espérance" (p. 182).
Mais le plus bouleversant est peut être cette affirmation qui laisse pantois et intervelle nous tous les "nantis" : "Seuls les pauvres ont une espérance !" (p. 184). Il faut bien sûr lire le texte pour en comprendre toutes les finesses. Cela rejoint en un sens mes propos sur le décentrement, ce renoncement à tout ce qui nous empêche d'atteindre Dieu...

Or conclue-t-il, "c'est l'espérance des gens qui ouvrent les portes de la foi" (p. 263), après avoir cité une phrase de Jean d'Ormesson : "Les athées, assis à la droite d'un Dieu auxquels ils en croient pas...".

Dans notre France, malade d'espérance, ce livre nous conduit à l'essentiel. Pour paraphraser le titre d'un livre d'Urs von Balthasar", c'est un "retour au centre"...

Source :  "L'espérance du cardinal", Olivier Le Gendre

mai 17, 2014

"Fragiles témoins d'une foi fragile"

Je reprends l'expression page 295 de "L'espérance du cardinal" (voir post précédent) que je viens de finir. Elle résume ‎bien l'enjeu de cette délicate transmission de la foi que certains appellent, improprement à mon avis, la nouvelle évangélisation. A la fin de la lecture de ce deuxième tome, on ne peut que comprendre que tout ce qui touche à l'église est complexe et fragile. 
Je rentre d'un congrès à Valence sur cette nouvelle évangélisation. Finalement, ce que j'ai mal écrit en 2016 sous le titre de Pastorale du seuil reste d actualité, au point que j'en ai refait une édition chez Amazon a la demande de lecteurs.
A discuter.