décembre 17, 2020

Une nouvelle symphonie ? Danse 17

Je termine ma lecture commentée de « Dieu est nu » en étant quelque peu bouleversé par cette exhortation vers ce que j’appellerais volontiers une révolution humble (kénotique). Qu’est-ce à dire ? Il nous faut trouver de nouveaux moyens de faire Église dit en substance Arnold alors que nos institutions s’enferment dans des impasses... 

Mais quelles sont ces impasses qui expliquent qu’elles ne portent plus les fruits attendus et n’ont pas, en tout cas en Europe, la dynamique de l’universel ? 

Triomphalisme, enfermement, hyper-ritualisme, aveuglement, cléricalisme, inégalités, entre-soi, moralisme, distance ? 

Faut il quitter nos églises pour aller sur de nouveaux terrains périphériques, y compris numériques ? François est-il le seul, au sein de notre hiérarchie, à entendre l’enjeu de cette révolution ?

« Comment faire une pause dans le tourbillon égolâtre et marcher l’un vers l’autre, partager secret, louange et service au lieu du mortel égoportrait ? Il faut croire en une visitation numérique possible qui subvertisse l’individualisme...» nous dit Arnold (P. 255(1)

Qu’est-ce à dire ? Nos institutions ont-elles tué à ce point le dialogue véritable qu’il faille repenser le vivre ensemble autrement ?

« Nous ne sommes plus appelés à jouer un rôle de soliste ou d’élite, mais de partenaires sur pied d’égalité, en y incluant, bien sûr, la légitime et nécessaire divergence de la communauté bigarrée du réél.  (...) troquer l’imposition unilatérale pour l’osmose et la commensalité qui recréent symphoniquement le monde, comme dans la rencontre entre Marie et Elisabeth... (257). 

J’ai moi même creusé longuement ce sujet dans mon essai « pastorale du seuil ». Arnold va plus loin...

Aller vers l’étranger ? Jusqu’au bout du renoncement à l’entre-soi comme ces nouveaux missionnaires qui partent à la périphérie du monde, jusqu’au camp de migrants, pour y trouver le visage du Christ...(cf. l’interpellation de Moria sur KTO lundi (2).

Tous frères ? Sommes nous capables de l’affirmer, de le vivre ? Comment vivons-nous le « Fratelli Tutti » ?

L’unique étranger c’est Dieu (...) celui qui se met dans l’ombre pour que nous puissions « devenir ensemble ». (P. 257)

« Jésus s’identifie à l’étranger (...) pour que nous soyons tous citoyens du même monde trinitaire (258) ». Claire allusion à Mat. 25...


Encore faut-il renoncer au confort du discours, du penser, pour avancer dans l’agir...


J’ajoute sur la pointe des pieds, m’en sentant peu digne : Viens un temps où l’Epoux parti, ils jeûneront et quittant le confort des bastions établis, oseront aller vers les périphéries...


Le plus dur est peut-être le premier pas...je discutais hier avec mon frère qui parle d’une explosion de bénévoles dans son association... au service des plus démunis. La crise va-t-elle réveiller le monde endormi et aider chacun à trouver l’appel de l’Infini vers l’étranger....


(1) Simon Pierre Arnold, Dieu est nu, op. cit.

(2) https://youtu.be/nU2vdbHN-cI

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