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16 mai 2026

Eliel et les graines de lumière

Chapitre 1 - Naissance

Il était une fois, au cœur du Paradis, où les nuages flottaient comme des coussins de soie éternelle et où la lumière divine baignait tout d’une douceur infinie, un couple d’anges nommé Séraphiel et Lumina.

Séraphiel était un ange gardien aux cheveux d’or filé, aux yeux couleur de ciel d’été. Lumina, sa compagne, rayonnait d’une grâce paisible, ses plumes d’un blanc nacré scintillant doucement sous la lumière céleste. Ils vivaient sur un nuage tranquille, bordé de fleurs d’étoiles et de ruisseaux de lumière liquide. Depuis des siècles, ils avaient prié pour un enfant, un petit ange à chérir, à élever dans la joie du Très-Haut.

Un matin éternel, alors qu’une brise légère chantait des hymnes doux, ils entendirent un battement d’ailes puissant au-dessus d’eux. Une grande cigogne blanche, aux plumes irisées comme des arcs-en-ciel, descendit lentement en cercles gracieux. Dans son bec, elle tenait délicatement un petit paquet enveloppé de lin fin et de brume dorée.

La cigogne se posa avec une révérence infinie sur le bord de leur nuage. Elle déposa le paquet avec tendresse, inclina la tête en signe de bénédiction, et repartit sans un mot, ses ailes immenses battant silencieusement vers l’horizon lumineux.

Séraphiel et Lumina s’approchèrent, le cœur battant d’une joie si pure qu’elle faisait trembler leurs plumes. Lumina déplia délicatement le lin. À l’intérieur reposait un angelot minuscule, à la peau rosée, aux boucles douces comme des nuages d’aurore. Ses yeux s’ouvrirent : deux petites étoiles d’un bleu profond, pleines d’innocence et de curiosité.

« Un cadeau de Dieu ! » murmura Lumina, des larmes de lumière coulant sur ses joues. Elle le prit dans ses bras avec une infinie douceur. Le petit se blottit contre elle, émettant un gazouillis gracieux.

Séraphiel s’agenouilla à côté d’eux, posant une main tremblante sur la tête du nourrisson. « Nous l’appellerons Éliel, » dit-il, la voix brisée par l’émotion. « Celui que Dieu a choisi pour nous. »

La journée fut un tourbillon de bonheur. Les autres anges du voisinage vinrent féliciter le couple. Des chœurs de séraphins chantaient des berceuses harmonieuses. On offrit des plumes de joie, des gouttes de rosée étoilée, des petits nuages moelleux en guise de berceau. Éliel était curieux, tendant ses petites mains vers les étoiles qui dansaient autour de lui. Séraphiel et Lumina le regardaient avec un amour si vaste qu’il semblait remplir tout le Paradis.

Mais le soir, alors que la lumière du crépuscule peignait le ciel en teintes d’or et de rose, vint le moment du premier bain de lumière.

Lumina déshabilla tendrement l’enfant pour le plonger dans le ruisseau scintillant qui traversait leur nuage. Séraphiel tenait la serviette de brume douce.

C’est alors qu’ils virent.

Le dos d’Éliel était lisse, parfait… et complètement dépourvu d’ailes. Pas même un bourgeon, pas une plume naissante. Rien. Juste une peau douce et rose, comme celle d’un petit humain ordinaire.

Le silence tomba, lourd comme une pierre dans l’éther.

Lumina porta une main à sa bouche, ses yeux s’agrandissant d’horreur et de confusion. « Mais… il n’a pas… »

Séraphiel resta figé, le regard fixé sur ce dos nu. Ses propres ailes, grandes et puissantes, se crispèrent involontairement dans son dos. Un sentiment étrange, inconnu au Paradis, monta en lui : la honte. Une honte brûlante, acide, qui n’avait pas sa place ici.

« Comment est-ce possible ? » murmura-t-il, la voix rauque. « Tous les anges ont des ailes dès la naissance… C’est le signe de notre nature divine, de notre capacité à voler vers la gloire de Dieu. »

Lumina serra l’enfant contre elle, comme pour le protéger de leurs propres regards. Éliel, inconscient du drame, gazouilla joyeusement et attrapa une mèche des cheveux de sa mère. Mais les larmes de Lumina n’étaient plus de joie. Elles étaient mêlées de peur, d’embarras, d’un amour qui se heurtait soudain à une réalité incompréhensible.

« Tout le monde va le savoir ? » demanda-t-elle dans un souffle. « Ils vont le regarder… ils vont se poser des questions. Peut-être même douter de la bénédiction de Dieu. Un ange sans ailes… c’est comme… une étoile qui ne brille pas. »

Séraphiel s’assit lourdement sur le nuage, les épaules voûtées. Pour la première fois de son existence éternelle, il se sentait perdu. « Est-ce une épreuve ? Une punition ? Avons-nous fait quelque chose qui a déplu au Très-Haut ? » Pourtant, au fond de lui, une petite voix, timide, mais persistante, murmurait autre chose. Quand Éliel le regardait avec ses grands yeux confiants, quand il s’endormait paisiblement dans leurs bras, cet amour ne diminuait pas. Il se transformait, peut-être. Il devenait plus profond, plus terrestre, plus fragile… et donc plus précieux.

Les jours suivants furent teintés d’émoi et de secret. Ils cachèrent l’enfant sous de petites robes amples, inventèrent des excuses pour ne pas le montrer lors des grandes assemblées célestes. La honte rôdait comme une ombre sur leur nuage autrefois si lumineux. Les voisins commençaient à murmurer : pourquoi les nouveaux parents semblaient-ils si inquiets ? Pourquoi ne laissaient-ils pas Éliel voler avec les autres angelots dans les jardins d’étoiles ?

Une nuit, alors que le Paradis dormait sous un voile d’étoiles scintillantes, Lumina veillait Éliel qui dormait. Elle caressa doucement son dos lisse. Et soudain, elle comprit.

« Il n’a pas besoin d’ailes pour être notre fils, » murmura-t-elle. « Peut-être que Dieu nous l’a envoyé ainsi pour nous enseigner quelque chose que nous avions oublié… que l’amour ne dépend pas des plumes, ni de la capacité à voler haut. Peut-être que le vrai vol se fait avec le cœur. »

Séraphiel, qui l’avait entendue, s’approcha et s’agenouilla près d’eux. Il posa sa tête contre celle de Lumina, et pour la première fois depuis la découverte, il sourit vraiment.

« Tu as raison, » dit-il. « Nous allons l’aimer tout simplement. Et si tous les habitants du Paradis trouve cela étrange… eh bien, peut-être que c’est que nous devons tous apprendre à voir différemment. »

Éliel bougea dans son sommeil, un petit sourire aux lèvres, comme s’il avait compris.

Chapitre 2 - Gabriel 

Quelques semaines célestes plus tard, alors que le nuage du petit Éliel restait enveloppé d’un voile discret de brume, un visiteur imposant se présenta.

Ses ailes immenses, d’un blanc teinté d’or ancien, balayaient doucement l’air autour de lui. Sa barbe longue et argentée semblait tissée de rayons de lune, et ses yeux, profonds comme des abîmes de sagesse, portaient le poids de millénaires de messages divins. C’était Gabriel, l’archange annonciateur, le messager fidèle du Très-Haut, celui qui avait parlé à Daniel, Zacharie puis Marie. Il était vieux, non pas de fatigue, mais d’une ancienneté pleine de tendresse et d’autorité.

Séraphiel et Lumina s’inclinèrent respectueusement. Gabriel les salua d’un sourire bienveillant, puis posa son regard sur le petit Éliel, qui jouait avec une plume tombée du ciel, assis sur son petit nuage-berceau. « Je viens de la part du Père, » dit Gabriel d’une voix grave et douce, comme un tonnerre lointain enveloppé de velours. « Il est temps que vous sachiez pourquoi cet enfant vous a été confié… et pourquoi il est différent. »

Lumina serra instinctivement Éliel contre elle. Séraphiel redressa les épaules, prêt à entendre ce qui allait suivre.

Gabriel s’assit sur le bord du nuage, ses grandes ailes repliées avec élégance. Il regarda longuement le dos lisse de l’enfant, sans jugement, seulement avec une infinie compassion. « Éliel n’a pas d’ailes, » commença-t-il, « parce qu’il n’est pas destiné à rester ici, dans la lumière permanente du Paradis. Il est un messager destiné à aller sur terre, à se rendre humble, proche des hommes dans leurs fragilités.

Les humains oublient, toujours et encore. Ils ont reçu le message du Christ, l’ont entouré de dogmes, de rites, de pouvoir, de peur, de divisions. Ils ont élevé des cathédrales magnifiques, mais ont pu, parfois, oublier que le cœur du message était simple, si simple : aimer. Aimer Dieu de tout son être, et aimer son prochain comme soi-même. Rien d’autre. L’amour, rien que l’amour.

Le monde est fatigué. Les cœurs s’endurcissent par la colère, la haine, l’indifférence. Les guerres se multiplient oubliant souvent les paroles de Jésus “Aimez vos ennemis”. Les églises se vident pendant que les hommes se déchirent au nom de la “vérité”. Le Père a décidé d’envoyer un rappel vivant, un rappel qui ne viendra pas du haut des chaires, mais du bas, du milieu d’eux. »

Gabriel posa une main ridée par le temps sur la tête d’Éliel. L’enfant le regarda avec ses grands yeux bleus, sans peur.

« Éliel va grandir ici, parmi nous, le temps de se former. Il apprendra la douceur, la compassion, la patience. Il apprendra à aimer sans condition, même quand on le regardera avec pitié ou moquerie à cause de son dos nu. Il apprendra à marcher là où les autres volent. Et quand il sera prêt, il descendra sur Terre. Pas avec des trompettes. Il sera là simplement, comme n’importe quel enfant, d’une mère et d’un père humains. Il grandira parmi eux, sans ailes visibles, sans pouvoir miraculeux ostentatoire. Juste avec son cœur. Son rôle sera d’aimer.

Il sera “l’ange sans ailes” au milieu des hommes. Certains le trouveront étrange. D’autres se moqueront. Beaucoup passeront à côté sans comprendre. Mais quelques-uns, ceux dont le cœur est encore capable d’entendre, sentiront une lumière nouvelle. Et peut-être, lentement, très lentement, ce rappel redonnera de l’espoir. Pas un espoir facile, triomphant. Un espoir humble, patient, qui grandit comme une graine dans la terre sèche. »

Lumina avait les larmes aux yeux. Séraphiel demanda d’une voix serrée : « Et nous ? Nous le reverrons plus ? »

Gabriel sourit avec une tendresse infinie. « Vous serez ses premiers maîtres. Vous lui apprendrez ce que vous êtes en train d’apprendre vous-mêmes : que l’amour véritable est au-delà. Et quand viendra le moment de son départ, vous comprendrez que cet enfant vous aura transformés plus que vous ne l’aurez élevé. Et les anges du Paradis eux-mêmes apprendront aussi quelque chose à travers vous trois. »

Il se leva, ses ailes déployant une lumière douce qui enveloppa tout le nuage.

« Prenez soin de lui. Laissez-le être différent. Tous ont besoin de voir que même au Paradis, on peut aimer ce qui ne ressemble pas à ce qu’on attendait. »

Gabriel s’inclina légèrement devant le petit Éliel, qui lui répondit par un grand sourire édenté et un gazouillis joyeux.

Puis l’archange s’éleva lentement, ses ailes battant avec une grâce ancienne, et disparut dans la lumière dorée du ciel céleste.

Ce soir-là, pour la première fois depuis leur découverte, Séraphiel et Lumina ne cachèrent plus le dos d’Éliel. Ils le laissèrent jouer nu dans la lumière, libre.

Et quand les voisins anges passèrent, surpris, ils ne dirent rien. Ils regardèrent simplement cet enfant sans ailes qui riait aux éclats en essayant d’attraper des papillons de lumière. Certains froncèrent les sourcils. D’autres sourirent, touchés sans trop savoir pourquoi.

Sur leur nuage, Séraphiel prit Lumina dans ses bras et murmura : « Nous allons l’élever pour qu’il devienne ce qu’il doit être : pas un ange parfait… mais un être d’amour pur. »

Et Éliel, inconscient de la grandeur de sa mission, s’endormit paisiblement contre la poitrine de sa mère, son petit dos lisse brillant doucement sous les étoiles. La formation avait commencé.

Chapitre Trois – Les leçons silencieuses

Les années passèrent au Paradis comme un seul long matin doux. Éliel grandissait vite, mais sans éclat particulier. Il n’y eut ni miracles, ni visions grandioses. Gabriel ne revint pas. Le Très-Haut ne parla pas directement. Il n’y eut que la vie simple sur le nuage, entre Séraphiel, Lumina et leur enfant sans ailes.

La formation d’Éliel fut tout intérieure, lente et discrète, comme la croissance d’une fleur qui ignore qu’elle deviendra semence.

Chaque jour, Lumina lui apprenait d’abord à écouter. Pas à écouter les chœurs lointains des anges ou les hymnes qui traversaient le ciel, mais à écouter vraiment. Elle s’asseyait avec lui au bord du nuage et lui montrait comment entendre le vent léger qui caressait les pétales des fleurs d’étoiles, le murmure du ruisseau de lumière, le souffle imperceptible d’un papillon qui passait.

« Écoute jusqu’au silence, mon petit, » lui disait-elle doucement. « Derrière chaque bruit, il y a une présence. Apprends à l’entendre avant de parler. »

Éliel, assis bien droit sur ses petites jambes, penchait la tête, les yeux mi-clos. Il ne comprenait pas encore tout, mais quelque chose en lui s’ouvrait. Il apprenait à rester silencieux, à attendre patiemment. Cette écoute devenait peu à peu une forme de respect profond.

Séraphiel, lui, lui enseignait le respect par le geste, sans grands discours. Il prenait simplement la main de l’enfant et l’emmenait aider. Ensemble, ils redressaient les tiges courbées des fleurs qui avaient trop grandi, ils ramassaient les plumes tombées des anges qui passaient au loin pour les rendre à leurs propriétaires, ils partageaient leur nuage avec les angelots égarés qui s’étaient trop éloignés de leurs parents.

Quand un petit ange moqueur pointait parfois du doigt le dos lisse d’Éliel en riant, Séraphiel ne grondait pas. Il posait simplement une main sur l’épaule de son fils et murmurait :
  « Regarde-le dans les yeux. Vois qu’il est comme toi : il cherche à être aimé. Ton dos sans ailes ne change rien à cela. »

Éliel apprenait alors, sans colère, à sourire à celui qui se moquait. Il sentait déjà, au fond de lui, que blesser l’autre, c’était se blesser soi-même.

L’altruisme lui venait naturellement en observant Lumina agir. Quand elle voyait un ange âgé dont les ailes fatiguaient, elle allait lui porter un peu de la lumière liquide qu’ils avaient recueillie. Éliel la suivait. Il tendait ses petites mains et offrait ce qu’il avait : une fleur, un sourire, ou simplement sa présence silencieuse. Il apprenait que donner n’enlevait rien, que partager rendait le cœur plus grand.

Il n’y avait aucune magie dans ces leçons. Éliel ne volait pas, il ne lisait pas dans les pensées, il ne guérissait pas les nuages malades. Il marchait. Il tombait parfois en courant après un papillon de lumière et se relevait seul, sans plainte. Il aidait à porter les choses bien lourdes pour ses petits bras. Il attendait son tour. Il disait « merci », « s’il te plaît » avec une sincérité qui touchait même les anges les plus distraits.

Séraphiel et Lumina ne cherchaient pas à le rendre savant. Ils ne lui parlaient presque jamais de sa future mission sur Terre. Ils savaient que le savoir trop tôt aurait risqué de le charger d’un poids inutile. Ils préféraient qu’il grandisse d’abord dans l’être plutôt que dans le savoir.

Un soir, alors qu’Éliel avait déjà la taille d’un enfant de sept ou huit ans terrestres, il vint s’asseoir entre ses parents. Il posa sa tête contre l’épaule de Lumina et demanda simplement : « Pourquoi je n’ai pas d’ailes comme tout le monde ? »

Lumina caressa ses boucles douces et répondit avec tendresse : « Parce que tu apprendras à aller vers les autres autrement. Pas en descendant du ciel, mais en marchant à leurs côtés. Tes pieds toucheront la terre, et ton cœur saura ce que c’est que d’être lourd, d’être lent, d’être parfois seul. C’est peut-être cela que tu devras apporter. »

Séraphiel ajouta, la voix calme : « Et nous-mêmes, nous cheminons avec toi. Chaque fois que tu tends la main sans qu’on te le demande, chaque fois que tu écoutes sans juger, nous découvrons ce que signifie vraiment aimer. »

Éliel resta silencieux un long moment. Puis il sourit, ce sourire tranquille qui commençait déjà à ressembler à une lumière discrète.

« Alors je vais continuer à écouter, » dit-il. « Et à aider. Même sans ailes. »

Ce soir-là, pour la première fois, il s’endormit sans qu’on ait besoin de lui chanter une berceuse. Il avait simplement fermé les yeux, le cœur plein d’une paix qu’il ne savait pas encore nommer.

La formation continuait, invisible aux yeux du Paradis. Toute simple, sans enseignement particulier. Pas de savoir accumulé. Seulement un enfant qui apprenait, jour après jour, à devenir une présence d’amour : attentive, respectueuse, donnée.

Et quelque part, très loin, dans le silence éternel, le Père souriait.

Découvrez chaque jour sur sous ce lien, la suite  des premiers chapitres de ce nouveau conte…




21 décembre 2019

Homélie de la messe de Minuit

Homélie de la messe de Minuit - projet 4

 Les enfants, nous venons de jouer une petite saynète qui nous fait entrer dans le mystère de Noël. Je voudrais vous raconter une petite histoire. C'est celle de Silo, un petit berger(1) du temps de Jésus. Il était tout jeune et le soir de Noël il a perdu sa brebis. Il l’a longtemps cherché, mais quand il l’a trouvé il faisait nuit. Et comme il était un peu perdu, il a été lui aussi à l'auberge, attiré par les lumières et la fête. Mais les bergers, au temps de Jésus, n'étaient pas considérés comme des gens biens. Ils étaient rejetés parce qu'ils sentaient forts, qu'ils avaient les mains sales. il s'est vu interdire la porte de l’auberge.. alors il s’est couché à côté du puits, affamé et apeuré.
Quand les premières étoiles sont arrivées c'est lui a rencontré Marie et Joseph et les a conduit à la crèche.Comme ils avaient soif,  il a confié sa brebis à Joseph puis il a couru plusieurs fois, entre le puits et la crèche.  Lorsque les anges ont appelé ses frères,  il était là, lui aussi, les mains vides. Il était fatigué d’avoir aidé Joseph, d’avoir donné à boire à l’âne, d’avoir porté de l’eau à Marie, mais il avait les mains vides. Il est entré tout doucement alors que les autres bergers arrivaient. Ils avaient tous des petits cadeaux pour Joseph et Marie, du fromage, de la laine. Lui n'avait rien, qu'un cœur d'enfant et les mains propres à force d’avoir titré de l’eau. Quand Marie a vu cette foule, elle a cherché à poser le petit Jésus pour recevoir tous ces petits cadeaux et elle lui a confié l'enfant. Il avait les mains vides et c'est lui qui a reçu Jésus.

Pourquoi ? D'après- vous ?

Ce soir, peut-être allez-vous recevoir des cadeaux de vos parents. Peut-être y aura-t-il des lumières de toutes les couleurs au sapin...

N'oubliez pas l'essentiel. Ce n'est pas l'extérieur qui compte. L'essentiel c'est l'amour. C’est l’amour qui/que vous donnera Jésus.

C’est Noël chaque fois que vous serez serviteur, chaque fois que l’amour sera premier pour vous.
C’est aussi l’amour qui conduit votre papa et votre maman qui est l’important. L’essentiel c'est surtout Jésus qui vient et vous rend visite, vous inviter à aimer...
L'essentiel c'est d'avoir un cœur pur... et un cœur qui bat pour ceux qui sont exclus, souffrants.

L'essentiel c'est l'amour de Jésus qui vient vous visiter
L'essentiel c'est d'oublier le superflu
L'essentiel c'est d'avoir un cœur qui bat pour aimer.
L'essentiel c'est l'amour.

Alors vous comprendrez que contempler la crèche, comme la Croix, c’est contempler l’amour qui se donne et vous invite à donner. Ces deux lieux sont les lieux où Dieu se montre faible, où il se met à nu devant l'homme pour l'inviter à aimer.

Petit message pour les parents :
Il y a quelques jours le pape a mis au Vatican un gilet de sauvetage sur un crucifix. Ce gilet appartenait à un disparu en Méditerranée. Pourquoi ce geste ? Parce que pour lui, les nouveaux migrants, ceux qui sont exclus de l’auberge, sont à nos portes et souvent nous restons à l’auberge... Je vous laisse méditer cela, au jour de Noël.

(1) Autre variation d’un conte raconté par le P. Cantalamessa
PS : Silo est le héros de mon livre éponyme (en téléchargement gratuit sur Fnac.com), dont je présente ici une petite variation




14 décembre 2018

Silo le berger - 2eme édition

Rappel, en ce temps de Noël 2018, je remonte ce billet qui date de 2016 :

Suite à la remontée des premiers lecteurs,  j'ai ajouté deux pages à mon conte "Silo le berger, un conte de palestine", pour intégrer la pentecôte,  donnant à Silo une mission d'évangélisation (je compte l'offrir dans 15 jours à un neveu faisant sa confirmation...)

L'enjeu de ce conte interactif est de traverser l'évangile de Luc comme un petit berger devenu pêcheur dans la barque de Pierre. Vivre dans sa chair le "5ème évangile" avec des photos couleurs de Terre Sainte.

Silo le berger, vendu à prix coûtant sur Amazon et téléchargeable gratuitement sur Fnac.com
https://www.fnac.com/livre-numerique/a11212330/Claude-Heriard-Silo-le-Berger

24 décembre 2016

Silo, berger de Palestine - extrait 1

 Extrait du conte interactif Silo le berger

"1. Silo et le vieil homme

Notre histoire commence il y a plus de deux mille ans, sous le règne du grand César Auguste, alors que Quirinius gouvernait la Syrie et le roi Hérode la Palestine. Quelque part, dans les montagnes de Juda, tu es là, petit homme de Palestine. Tu t'appelles Silo, tu es berger.
Enfin, c'est plutôt ton père qui est berger. Toi tu n'es qu'un petit pâtre, en charge d'une dizaine de brebis du troupeau. Comme dans ton pays, l'herbe et l'eau se font rares, il te faut les conduire vers des pâturages d'herbe fraîche et veiller à ce qu'elles puissent boire, en quantité suffisante. C'est un travail souvent épuisant, parce que le soleil tape fort dans ton pays et les cailloux dans les montagnes sont acérés.
Tu as les cheveux tout roux. Ta mère, parfois, t’appelle le petit David, du nom de ce roi d’Israël qui a tant marqué le peuple juif. Parfois, ce surnom te fait rêver et tu t’imagines roi de Palestine.
En ce jour d’été, tu as décidé de grimper sur la crête, pour voir l’étendue de ton royaume imaginaire. Depuis ton observatoire, tu aperçois au loin, les grandes montagnes de Judée, usées par le soleil et le vent. Au nord, dans la brume d’été, tu aperçois Jérusalem. Soudain, à ta gauche, un couple de jeunes bouquetins de Nubie apparaît. Tu les connais bien, ces grandes chèvres sauvages aux cornes acérées. Tu aimes leurs lignes gracieuses et souvent, tu guettes leurs apparitions le soir sur la crête ou près des ruisseaux.
Un cri rauque attire ton regard. C’est un faucon. Profitant de la brise légère, il se laisse porter vers les hauteurs. Par de brefs coups d’aile, il se maintient en dessus d’un point que tu cherches à deviner. Est-ce un petit rongeur, une vipère du désert ? Soudain, il plonge et tu le vois disparaître, derrière la colline. Comme le jeune David, tu t’amuses alors avec ta fronde, cherchant à atteindre, la grosse pierre, à plus de trente mètres devant toi. Tu n’as pas la dextérité légendaire du jeune roi et tu te lasses de ce jeu.
D’un coup d’œil, tu surveilles la course de l’astre de feu et, plus bas, ton petit troupeau. Tes brebis se sont regroupées à l’ombre d’un vieux sycomore et ne broutent plus. Tu décides qu’il est temps de leur donner à boire. En quelques grandes enjambées, tu les rejoins et, d’un petit sifflement, tu les appelles. Les voilà qui te suivent, sur le petit chemin qui conduit au puits. Là, tu lances le seau et remontes, une à une, de grandes lampées d’eau fraîche que tu déverses dans la longue vasque en pierre qu’elles entourent déjà. Au bout de dix seaux, épuisé, tu t’es assis sur la margelle d’un puits. Tu viens de tirer sur la corde de chanvre. C’est alors qu’au loin apparaît un vieil homme. Il marche doucement, appuyé sur sa canne. Il semble, lui aussi, terrassé par la chaleur.
Il s’approche. Il est là.
- Bonjour petit, tu peux me tirer de l’eau. Mes mains sont usées et le puits est profond.
Tu hésites. Tu ne connais pas l’homme. Il est habillé comme un prêtre, mais sa tunique est rapiécée. Pourtant tu te lèves, un peu malgré toi. Toi non plus, tu n’es pas riche. Et tes sandales sont usées par ces courses sans fin derrière le troupeau.
Tu lâches le seau. Il arrive au fond du puits et tu tires sur le bout de chanvre, pour qu’il se redresse et se remplisse à moitié. Et puis tu le hisses, à nouveau. Tes mains calleuses sentent les nœuds de la corde. La sueur coule sur ton front. D’un œil, tu surveilles tes brebis, qui boivent lentement. Bientôt le seau apparaît, tout près. Tu le soulèves dans un dernier effort et le présentes à l’homme.
- Comment t’appelles-tu, petit ?
- Silo, fils de Bénabath.
- C’est ton troupeau ?
- Oui, enfin, une partie. Mon père est là-haut, sur la crête.
L’homme te regarde, te dévisage. Il a une bonne tête, le regard qui pétille, au milieu de ses rides. Il ne dit rien. Puis soudain, il se met à parler.
- Je m’appelle Zacharie, dit-il, de la tribu d’Aaron. Je vais à Jérusalem, au Temple.
Tu ne réponds rien. Son regard t’intimide.
- Je vais prier le Dieu de nos pères, lui demander de nous envoyer le Messie.
- Le Messie, demandes-tu ?
- Oui, le sauveur de notre peuple. Celui que l’on attend.
Tu restes en silence. Il te parle encore un moment, assis sur la margelle. Tu l’écoutes, tout en surveillant tes brebis. Elles semblent ragaillardies. L’homme se lève, sourit et reprend sa route. Tu rejoins ton troupeau. Le soir, tu retrouves les tiens dans le campement itinérant, installé par ta mère, Judith, et tes deux grandes sœurs, Esther et Rebecca. Le petit Tobie est là, lui aussi, dans les bras de ta sœur aînée. Il n’a que six mois, mais déjà il pousse sur ses jambes et te tend les bras. Tu l’attrapes, le fais sauter en l’air, par trois reprises. Il rit de bon cœur.
Quand le soleil s’approche des collines, tu t’empresses d’y pousser tes brebis. Quand tout va bien, l’ensemble du troupeau est réuni par Félix et Nestor les deux chiens de ton père. Tu aides à la traite, puis tu retrouves ton frère et tes sœurs, au coin du feu. Là, tu manges en silence, les yeux tournés vers le ciel qui chaque nuit s'emplit d'étoiles. Ta vie est toute simple. Pourtant, la phrase du vieux Zacharie te taraude. Un Messie ? Est-ce possible ?"


Pour en savoir plus : voir post précédent....

13 décembre 2016

Silo le berger, un conte de Noël

Comment aider nos jeunes enfants à découvrir et à goûter l'Écriture ? Écrit pour mon jeune filleul, Silo le berger est une histoire interactive, inspirée du tome 1 de mes lectures pastorales : "Chemins de misericorde".
Il nous conduit, par les yeux d'un petit berger, devenu pêcheur en Gallilée, de Zacharie à la résurrection. Le livre, qui suit fidèlement l'évangile de Luc dans la version Crampon vient de paraître en édition brochée couleur à prix coûtant. Il est également disponible en version Kindle à prix mini. (0,99 €)
Les 16 premiers chapitres (un conte de Noël) peuvent être lus à partir de 7 ou 8 ans. L'ensemble vise plutôt 10 ans et plus.
Il est illustré de photos de Palestine.