16 mai 2026

Eliel et les graines de lumière

Chapitre 1 - Naissance

Il était une fois, au cœur du Paradis, où les nuages flottaient comme des coussins de soie éternelle et où la lumière divine baignait tout d’une douceur infinie, un couple d’anges nommé Séraphiel et Lumina.

Séraphiel était un ange gardien aux cheveux d’or filé, aux yeux couleur de ciel d’été. Lumina, sa compagne, rayonnait d’une grâce paisible, ses plumes d’un blanc nacré scintillant doucement sous la lumière céleste. Ils vivaient sur un nuage tranquille, bordé de fleurs d’étoiles et de ruisseaux de lumière liquide. Depuis des siècles, ils avaient prié pour un enfant, un petit ange à chérir, à élever dans la joie du Très-Haut.

Un matin éternel, alors qu’une brise légère chantait des hymnes doux, ils entendirent un battement d’ailes puissant au-dessus d’eux. Une grande cigogne blanche, aux plumes irisées comme des arcs-en-ciel, descendit lentement en cercles gracieux. Dans son bec, elle tenait délicatement un petit paquet enveloppé de lin fin et de brume dorée.

La cigogne se posa avec une révérence infinie sur le bord de leur nuage. Elle déposa le paquet avec tendresse, inclina la tête en signe de bénédiction, et repartit sans un mot, ses ailes immenses battant silencieusement vers l’horizon lumineux.

Séraphiel et Lumina s’approchèrent, le cœur battant d’une joie si pure qu’elle faisait trembler leurs plumes. Lumina déplia délicatement le lin. À l’intérieur reposait un angelot minuscule, à la peau rosée, aux boucles douces comme des nuages d’aurore. Ses yeux s’ouvrirent : deux petites étoiles d’un bleu profond, pleines d’innocence et de curiosité.

« Un cadeau de Dieu ! » murmura Lumina, des larmes de lumière coulant sur ses joues. Elle le prit dans ses bras avec une infinie douceur. Le petit se blottit contre elle, émettant un gazouillis gracieux.

Séraphiel s’agenouilla à côté d’eux, posant une main tremblante sur la tête du nourrisson. « Nous l’appellerons Éliel, » dit-il, la voix brisée par l’émotion. « Celui que Dieu a choisi pour nous. »

La journée fut un tourbillon de bonheur. Les autres anges du voisinage vinrent féliciter le couple. Des chœurs de séraphins chantaient des berceuses harmonieuses. On offrit des plumes de joie, des gouttes de rosée étoilée, des petits nuages moelleux en guise de berceau. Éliel était curieux, tendant ses petites mains vers les étoiles qui dansaient autour de lui. Séraphiel et Lumina le regardaient avec un amour si vaste qu’il semblait remplir tout le Paradis.

Mais le soir, alors que la lumière du crépuscule peignait le ciel en teintes d’or et de rose, vint le moment du premier bain de lumière.

Lumina déshabilla tendrement l’enfant pour le plonger dans le ruisseau scintillant qui traversait leur nuage. Séraphiel tenait la serviette de brume douce.

C’est alors qu’ils virent.

Le dos d’Éliel était lisse, parfait… et complètement dépourvu d’ailes. Pas même un bourgeon, pas une plume naissante. Rien. Juste une peau douce et rose, comme celle d’un petit humain ordinaire.

Le silence tomba, lourd comme une pierre dans l’éther.

Lumina porta une main à sa bouche, ses yeux s’agrandissant d’horreur et de confusion. « Mais… il n’a pas… »

Séraphiel resta figé, le regard fixé sur ce dos nu. Ses propres ailes, grandes et puissantes, se crispèrent involontairement dans son dos. Un sentiment étrange, inconnu au Paradis, monta en lui : la honte. Une honte brûlante, acide, qui n’avait pas sa place ici.

« Comment est-ce possible ? » murmura-t-il, la voix rauque. « Tous les anges ont des ailes dès la naissance… C’est le signe de notre nature divine, de notre capacité à voler vers la gloire de Dieu. »

Lumina serra l’enfant contre elle, comme pour le protéger de leurs propres regards. Éliel, inconscient du drame, gazouilla joyeusement et attrapa une mèche des cheveux de sa mère. Mais les larmes de Lumina n’étaient plus de joie. Elles étaient mêlées de peur, d’embarras, d’un amour qui se heurtait soudain à une réalité incompréhensible.

« Tout le monde va le savoir ? » demanda-t-elle dans un souffle. « Ils vont le regarder… ils vont se poser des questions. Peut-être même douter de la bénédiction de Dieu. Un ange sans ailes… c’est comme… une étoile qui ne brille pas. »

Séraphiel s’assit lourdement sur le nuage, les épaules voûtées. Pour la première fois de son existence éternelle, il se sentait perdu. « Est-ce une épreuve ? Une punition ? Avons-nous fait quelque chose qui a déplu au Très-Haut ? » Pourtant, au fond de lui, une petite voix, timide, mais persistante, murmurait autre chose. Quand Éliel le regardait avec ses grands yeux confiants, quand il s’endormait paisiblement dans leurs bras, cet amour ne diminuait pas. Il se transformait, peut-être. Il devenait plus profond, plus terrestre, plus fragile… et donc plus précieux.

Les jours suivants furent teintés d’émoi et de secret. Ils cachèrent l’enfant sous de petites robes amples, inventèrent des excuses pour ne pas le montrer lors des grandes assemblées célestes. La honte rôdait comme une ombre sur leur nuage autrefois si lumineux. Les voisins commençaient à murmurer : pourquoi les nouveaux parents semblaient-ils si inquiets ? Pourquoi ne laissaient-ils pas Éliel voler avec les autres angelots dans les jardins d’étoiles ?

Une nuit, alors que le Paradis dormait sous un voile d’étoiles scintillantes, Lumina veillait Éliel qui dormait. Elle caressa doucement son dos lisse. Et soudain, elle comprit.

« Il n’a pas besoin d’ailes pour être notre fils, » murmura-t-elle. « Peut-être que Dieu nous l’a envoyé ainsi pour nous enseigner quelque chose que nous avions oublié… que l’amour ne dépend pas des plumes, ni de la capacité à voler haut. Peut-être que le vrai vol se fait avec le cœur. »

Séraphiel, qui l’avait entendue, s’approcha et s’agenouilla près d’eux. Il posa sa tête contre celle de Lumina, et pour la première fois depuis la découverte, il sourit vraiment.

« Tu as raison, » dit-il. « Nous allons l’aimer tout simplement. Et si tous les habitants du Paradis trouve cela étrange… eh bien, peut-être que c’est que nous devons tous apprendre à voir différemment. »

Éliel bougea dans son sommeil, un petit sourire aux lèvres, comme s’il avait compris.

Chapitre 2 - Gabriel 

Quelques semaines célestes plus tard, alors que le nuage du petit Éliel restait enveloppé d’un voile discret de brume, un visiteur imposant se présenta.

Ses ailes immenses, d’un blanc teinté d’or ancien, balayaient doucement l’air autour de lui. Sa barbe longue et argentée semblait tissée de rayons de lune, et ses yeux, profonds comme des abîmes de sagesse, portaient le poids de millénaires de messages divins. C’était Gabriel, l’archange annonciateur, le messager fidèle du Très-Haut, celui qui avait parlé à Daniel, Zacharie puis Marie. Il était vieux, non pas de fatigue, mais d’une ancienneté pleine de tendresse et d’autorité.

Séraphiel et Lumina s’inclinèrent respectueusement. Gabriel les salua d’un sourire bienveillant, puis posa son regard sur le petit Éliel, qui jouait avec une plume tombée du ciel, assis sur son petit nuage-berceau. « Je viens de la part du Père, » dit Gabriel d’une voix grave et douce, comme un tonnerre lointain enveloppé de velours. « Il est temps que vous sachiez pourquoi cet enfant vous a été confié… et pourquoi il est différent. »

Lumina serra instinctivement Éliel contre elle. Séraphiel redressa les épaules, prêt à entendre ce qui allait suivre.

Gabriel s’assit sur le bord du nuage, ses grandes ailes repliées avec élégance. Il regarda longuement le dos lisse de l’enfant, sans jugement, seulement avec une infinie compassion. « Éliel n’a pas d’ailes, » commença-t-il, « parce qu’il n’est pas destiné à rester ici, dans la lumière permanente du Paradis. Il est un messager destiné à aller sur terre, à se rendre humble, proche des hommes dans leurs fragilités.

Les humains oublient, toujours et encore. Ils ont reçu le message du Christ, l’ont entouré de dogmes, de rites, de pouvoir, de peur, de divisions. Ils ont élevé des cathédrales magnifiques, mais ont pu, parfois, oublier que le cœur du message était simple, si simple : aimer. Aimer Dieu de tout son être, et aimer son prochain comme soi-même. Rien d’autre. L’amour, rien que l’amour.

Le monde est fatigué. Les cœurs s’endurcissent par la colère, la haine, l’indifférence. Les guerres se multiplient oubliant souvent les paroles de Jésus “Aimez vos ennemis”. Les églises se vident pendant que les hommes se déchirent au nom de la “vérité”. Le Père a décidé d’envoyer un rappel vivant, un rappel qui ne viendra pas du haut des chaires, mais du bas, du milieu d’eux. »

Gabriel posa une main ridée par le temps sur la tête d’Éliel. L’enfant le regarda avec ses grands yeux bleus, sans peur.

« Éliel va grandir ici, parmi nous, le temps de se former. Il apprendra la douceur, la compassion, la patience. Il apprendra à aimer sans condition, même quand on le regardera avec pitié ou moquerie à cause de son dos nu. Il apprendra à marcher là où les autres volent. Et quand il sera prêt, il descendra sur Terre. Pas avec des trompettes. Il sera là simplement, comme n’importe quel enfant, d’une mère et d’un père humains. Il grandira parmi eux, sans ailes visibles, sans pouvoir miraculeux ostentatoire. Juste avec son cœur. Son rôle sera d’aimer.

Il sera “l’ange sans ailes” au milieu des hommes. Certains le trouveront étrange. D’autres se moqueront. Beaucoup passeront à côté sans comprendre. Mais quelques-uns, ceux dont le cœur est encore capable d’entendre, sentiront une lumière nouvelle. Et peut-être, lentement, très lentement, ce rappel redonnera de l’espoir. Pas un espoir facile, triomphant. Un espoir humble, patient, qui grandit comme une graine dans la terre sèche. »

Lumina avait les larmes aux yeux. Séraphiel demanda d’une voix serrée : « Et nous ? Nous le reverrons plus ? »

Gabriel sourit avec une tendresse infinie. « Vous serez ses premiers maîtres. Vous lui apprendrez ce que vous êtes en train d’apprendre vous-mêmes : que l’amour véritable est au-delà. Et quand viendra le moment de son départ, vous comprendrez que cet enfant vous aura transformés plus que vous ne l’aurez élevé. Et les anges du Paradis eux-mêmes apprendront aussi quelque chose à travers vous trois. »

Il se leva, ses ailes déployant une lumière douce qui enveloppa tout le nuage.

« Prenez soin de lui. Laissez-le être différent. Tous ont besoin de voir que même au Paradis, on peut aimer ce qui ne ressemble pas à ce qu’on attendait. »

Gabriel s’inclina légèrement devant le petit Éliel, qui lui répondit par un grand sourire édenté et un gazouillis joyeux.

Puis l’archange s’éleva lentement, ses ailes battant avec une grâce ancienne, et disparut dans la lumière dorée du ciel céleste.

Ce soir-là, pour la première fois depuis leur découverte, Séraphiel et Lumina ne cachèrent plus le dos d’Éliel. Ils le laissèrent jouer nu dans la lumière, libre.

Et quand les voisins anges passèrent, surpris, ils ne dirent rien. Ils regardèrent simplement cet enfant sans ailes qui riait aux éclats en essayant d’attraper des papillons de lumière. Certains froncèrent les sourcils. D’autres sourirent, touchés sans trop savoir pourquoi.

Sur leur nuage, Séraphiel prit Lumina dans ses bras et murmura : « Nous allons l’élever pour qu’il devienne ce qu’il doit être : pas un ange parfait… mais un être d’amour pur. »

Et Éliel, inconscient de la grandeur de sa mission, s’endormit paisiblement contre la poitrine de sa mère, son petit dos lisse brillant doucement sous les étoiles. La formation avait commencé.

Chapitre Trois – Les leçons silencieuses

Les années passèrent au Paradis comme un seul long matin doux. Éliel grandissait vite, mais sans éclat particulier. Il n’y eut ni miracles, ni visions grandioses. Gabriel ne revint pas. Le Très-Haut ne parla pas directement. Il n’y eut que la vie simple sur le nuage, entre Séraphiel, Lumina et leur enfant sans ailes.

La formation d’Éliel fut tout intérieure, lente et discrète, comme la croissance d’une fleur qui ignore qu’elle deviendra semence.

Chaque jour, Lumina lui apprenait d’abord à écouter. Pas à écouter les chœurs lointains des anges ou les hymnes qui traversaient le ciel, mais à écouter vraiment. Elle s’asseyait avec lui au bord du nuage et lui montrait comment entendre le vent léger qui caressait les pétales des fleurs d’étoiles, le murmure du ruisseau de lumière, le souffle imperceptible d’un papillon qui passait.

« Écoute jusqu’au silence, mon petit, » lui disait-elle doucement. « Derrière chaque bruit, il y a une présence. Apprends à l’entendre avant de parler. »

Éliel, assis bien droit sur ses petites jambes, penchait la tête, les yeux mi-clos. Il ne comprenait pas encore tout, mais quelque chose en lui s’ouvrait. Il apprenait à rester silencieux, à attendre patiemment. Cette écoute devenait peu à peu une forme de respect profond.

Séraphiel, lui, lui enseignait le respect par le geste, sans grands discours. Il prenait simplement la main de l’enfant et l’emmenait aider. Ensemble, ils redressaient les tiges courbées des fleurs qui avaient trop grandi, ils ramassaient les plumes tombées des anges qui passaient au loin pour les rendre à leurs propriétaires, ils partageaient leur nuage avec les angelots égarés qui s’étaient trop éloignés de leurs parents.

Quand un petit ange moqueur pointait parfois du doigt le dos lisse d’Éliel en riant, Séraphiel ne grondait pas. Il posait simplement une main sur l’épaule de son fils et murmurait :
  « Regarde-le dans les yeux. Vois qu’il est comme toi : il cherche à être aimé. Ton dos sans ailes ne change rien à cela. »

Éliel apprenait alors, sans colère, à sourire à celui qui se moquait. Il sentait déjà, au fond de lui, que blesser l’autre, c’était se blesser soi-même.

L’altruisme lui venait naturellement en observant Lumina agir. Quand elle voyait un ange âgé dont les ailes fatiguaient, elle allait lui porter un peu de la lumière liquide qu’ils avaient recueillie. Éliel la suivait. Il tendait ses petites mains et offrait ce qu’il avait : une fleur, un sourire, ou simplement sa présence silencieuse. Il apprenait que donner n’enlevait rien, que partager rendait le cœur plus grand.

Il n’y avait aucune magie dans ces leçons. Éliel ne volait pas, il ne lisait pas dans les pensées, il ne guérissait pas les nuages malades. Il marchait. Il tombait parfois en courant après un papillon de lumière et se relevait seul, sans plainte. Il aidait à porter les choses bien lourdes pour ses petits bras. Il attendait son tour. Il disait « merci », « s’il te plaît » avec une sincérité qui touchait même les anges les plus distraits.

Séraphiel et Lumina ne cherchaient pas à le rendre savant. Ils ne lui parlaient presque jamais de sa future mission sur Terre. Ils savaient que le savoir trop tôt aurait risqué de le charger d’un poids inutile. Ils préféraient qu’il grandisse d’abord dans l’être plutôt que dans le savoir.

Un soir, alors qu’Éliel avait déjà la taille d’un enfant de sept ou huit ans terrestres, il vint s’asseoir entre ses parents. Il posa sa tête contre l’épaule de Lumina et demanda simplement : « Pourquoi je n’ai pas d’ailes comme tout le monde ? »

Lumina caressa ses boucles douces et répondit avec tendresse : « Parce que tu apprendras à aller vers les autres autrement. Pas en descendant du ciel, mais en marchant à leurs côtés. Tes pieds toucheront la terre, et ton cœur saura ce que c’est que d’être lourd, d’être lent, d’être parfois seul. C’est peut-être cela que tu devras apporter. »

Séraphiel ajouta, la voix calme : « Et nous-mêmes, nous cheminons avec toi. Chaque fois que tu tends la main sans qu’on te le demande, chaque fois que tu écoutes sans juger, nous découvrons ce que signifie vraiment aimer. »

Éliel resta silencieux un long moment. Puis il sourit, ce sourire tranquille qui commençait déjà à ressembler à une lumière discrète.

« Alors je vais continuer à écouter, » dit-il. « Et à aider. Même sans ailes. »

Ce soir-là, pour la première fois, il s’endormit sans qu’on ait besoin de lui chanter une berceuse. Il avait simplement fermé les yeux, le cœur plein d’une paix qu’il ne savait pas encore nommer.

La formation continuait, invisible aux yeux du Paradis. Toute simple, sans enseignement particulier. Pas de savoir accumulé. Seulement un enfant qui apprenait, jour après jour, à devenir une présence d’amour : attentive, respectueuse, donnée.

Et quelque part, très loin, dans le silence éternel, le Père souriait.

Découvrez chaque jour sur sous ce lien, la suite  des premiers chapitres de ce nouveau conte…




10 novembre 2025

Dinah de Samarie

 Gaza, nouvelle Samarie ?

Peut-on trouver dans l’histoire de Samarie un chemin d’interpellation sur l’actualité récente ?

Et si la force symbolique de l’histoire était de creuser ce qui fait naître la haine, le refus de la différence et ouvre un chemin de réconciliation. 

Le théologien protestant Gottfried Hammann disait que « L’Ancien Testament n’est pas derrière nous, il est sous nos pieds. (1)» suggérant que la contemplation des violences de l’Ancien Testament doivent réveiller en nous une interpellation, car les drames du passé sont aussi notre histoire d’aujourd’hui. Percevoir l’inhumain peut-il ouvrir à l’humanité ? 

C’est peut-être le projet initié dans mon dernier roman : Dinah de Samarie, se positionner comme témoin dans une histoire fragile, celle d’une Samaritaine rejetée pour bien des raisons et devenue première apôtre du Christ… (2) 



(1) « En chemin d’unité, 2018 » 

Voir sur Facebook dans mes pages d’écriture, mes premiers extraits et 

Acces à la première édition possible en téléchargement libre et gratuit sur Kobo/Fnac de Dinah de Samarie sur Amazon à prix coutant  


15 septembre 2025

Rome, ville éternelle ? - le roman de la rentrée

 Je l’avais annoncé il y a quelques semaines.

Plus de 10 ans depuis la parution de mon dernier roman « D’une perle à l’autre », voici l’ébauche d’une nouvelle saga.

En 1974, sur la colline romaine de l’Esquilin, une rencontre improbable unit deux âmes marquées par l’Histoire. Max Simon, porteur des cicatrices d’une enfance fracturée par la Seconde Guerre mondiale et Ziya Khalil, archéologue palestinienne passionnée, s’affrontent avant de construire une complicité profonde, nourrie par des découvertes archéologiques extraordinaires qui réécrivent l’histoire de Rome.

Au fil de leurs échanges, Max, Ziya, Athanase, un prêtre melkite et Judith, la mère de Max, violoniste hantée par la perte de son mari en 1940 explorent la résilience de l’amour face aux ruines du passé, dans une Rome où chaque pierre murmure une promesse.

Au croisement de l’histoire et de sensibilités religieuses, l’espérance est-elle possible ? 

Au delà  de la nouvelle déjà présentée il y a quelques semaines sous le titre « Anna Porteuse de lumière »… voici maintenant un roman de 300 pages. 



Gratuit sur Kobo

https://www.kobo.com/fr/fr/ebook/rome-ville-eternelle


À prix coutant sur  https://amzn.eu/d/3wGM74v

15 août 2025

Anna - Porteuse de lumière

 Anna - Porteuse de lumière - Rome 2125 Vient de paraître, gratuit / Kobo

Dans un monde ravagé par les catastrophes climatiques, où Rome a sombré sous les eaux et les terres gelées ont disparu, une lueur d’espoir naît sur une île isolée, dominée par une montagne imposante, bordée de criques escarpées et d’une longue plage de sable fin. Sous la lumière iridescente des oiseaux et les rayons d’un soleil couchant, Anna, une jeune femme marquée par les drames de son passé, mais guidée par une foi inébranlable, mène une communauté de survivants vers un renouveau spirituel et matériel. Avec son mari Carlo, elle transforme cette île en un refuge où l’amour du Christ triomphe des épreuves : sécheresses dévastatrices, tempêtes violentes, famines cruelles et hivers rigoureux. De l’arrivée des étrangers nordiques, comme Silas, Astrid et Bjorg, à la reconstruction de maisons de pierre et à la constitution de réserves grâce à une pêche revitalisée, la communauté s’unifie face à la violence du monde. 

Anna, inspirée par l’exemple de Marie Madeleine, enseigne à ses compagnons – dont le curieux Gabriel – à répondre à la souffrance par la solidarité et la prière. Entre les tombes de Matteo et de Sœur Clara, qui rappellent les drames, et la maison ouverte de Carlo et d’Anna, un havre d’hospitalité, l’île devient un phare d’espérance. Ce récit poignant explore la résilience humaine, la force de la foi et la promesse d’un renouveau, où chaque pierre taillée et chaque poisson séché témoigne de la lumière éternelle du Christ. 

La première édition de ce livre dont je vous ait partagé les premiers extraits est maintenant disponible gratuitement sous ce lien sur Kobo (ou en pdf sur demande)

Conte théologique, il explore « l’utopie » d’une vie évangélique et des rites plus accessibles quand tout est remis à zéro…





Preneur de vos remarques et commentaires avant l’édition papier (à prix coutant) en septembre…

12 août 2025

Christ et lumière - le recueil

 Christ et lumière » https://www.kobo.com/fr/fr/ebook/christ-est-lumiere

Le recueil en un tome numérique qui rassemble toutes mes publications spirituelles depuis 7 ans.

Plutôt éditée pour mon usage personnel car une recherche textuelle permet de retrouver des réflexions personnelles et leur évolution :) 

Mais journal d’un diacre de campagne libre d’accès 

27 mai 2025

Fils de Dieu ? - L15


En route vers l’ascension et la Pentecôte 

Le baptême de Jésus, chez Luc, peut conduire à plusieurs considérations, qu’il faut analyser l’une après l’autre. 

« 03,21 Il advint, tandis que le peuple tout-entier a été baptisé, alors que Jésus a été baptisé et prie, que fut ouvert le ciel 03,22 et que descendit le souffle, le saint, à aspect corporel comme une colombe sur lui, et’qu'une voix issue du ciel advint : « Toi tu es mon fils, le bien-aimé, en toi j'ai bien discerné*. »

La première question soulevée par Aletti(1), porte sur la dénomination de « Fils de Dieu ». Était-il fils avant que Dieu le confirme par cette affirmation en forme de théophanie le jour de son baptême ? 

Visiblement plusieurs manuscrits laissent ouvrir ce doute. Et certains théologiens modernes reposent la question, en interpellant le mystère même de la véritable nature humaine du Christ. S’il est vrai homme, quand devient-il Dieu ? 

C’est peut-être au sein de notre foi dans le Fils unique qu’il faut trouver la réponse, pour rejoindre ce qu’affirme le credo.

Luc, déjà, dans les chapitres un à trois donne des traces de cette filiation, et sa généalogie, précise Aletti lui donne une double origine - divine car fils d’Adam et très humaine à la fois, quand les autres synoptiques, de leur côté, apportent d’autres interprétations. 

Laissons les exégètes statuer sur la réalité historique et posons-nous peut-être la question qui compte : quand devenons-nous fils ?

Que faisons-nous du don originel, de ce souffle donné par Dieu à l’origine qui nous lie à Dieu et que l’on ravive dans le baptême avant qu’il devienne lumière par un « feu » venu d’en haut ?

Comment le Christ, par son incarnation, est-il médiateur de cette transformation à laquelle nous nous préparons à la Pentecôte ?

En quoi l’ascension soulève notre regard ? 

La réponse est peut-être dans notre capacité à se laisser justement renouveler et transformer par l’Esprit, à entrer dans une dynamique filiale, celle dont rêve Dieu.  


En lien avec ce à quoi nous appelle Léon XIV relisons ce commentaire de saint Cyrille d’Alexandrie sur  le mystère de l'unité.

« Nous bénéficions d'une union même corporelle avec le Christ, nous qui participons à sa chair sacrée. Saint Paul en témoigne lorsqu'il dit à propos du mystère de la piété : « Ce mystère, Dieu ne l'avait pas fait connaître aux hommes des générations passées comme il l'a révélé maintenant par l'Esprit à ses saints apôtres et à ses prophètes. Ce mystère, c'est que les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse dans le Christ ».

Si nous formons tous entre nous un même corps dans le Christ, et non pas seulement entre nous, mais avec lui, puisque évidemment il est en nous par sa propre chair, comment donc notre unité entre nous et dans le Christ n'est-elle pas déjà visible ? Car le Christ est le lien de l'unité, étant en lui-même Dieu et homme.

Quant à l'unité dans l'Esprit, nous suivrons le même chemin et nous dirons encore qu'ayant tous reçu un seul et même Esprit, je veux dire l'Esprit Saint, nous sommes en quelque sorte mêlés intimement les uns avec les autres et avec Dieu. En effet, bien que nous soyons une multitude d'individus, et que le Christ fasse demeurer en chacun de nous l'Esprit de son Père qui est le sien, il n'y a cependant qu'un seul Esprit indivisible, qui rassemble en lui-même des esprits distincts les uns des autres du fait de leur existence individuelle, et qui les fait apparaître pour ainsi dire comme ayant tous une seule existence en lui.

De même que la vertu de la chair sacrée fait un seul corps de tous ceux en qui elle est venue, de la même manière, à mon avis, l'Esprit de Dieu un et indivisible qui nous habite nous conduit tous à l'unité spirituelle. C'est pourquoi saint Paul nous exhortait ainsi : Supportez-vous les uns les autres avec amour ; rassemblés dans la paix, ayez à cœur de garder l'unité dans un même Esprit, comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance. Il n'y a qu'un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, parmi tous, et en tous. Si l'unique Esprit habite en nous, le Dieu unique, Père de tous, sera en nous, et il conduira par son Fils à l'union mutuelle et à l'union avec lui tout ce qui participe de l'Esprit.

Que nous soyons unis au Saint-Esprit par une participation, cela aussi est visible, et voici comment. Si nous abandonnons une vie purement naturelle pour obéir une bonne fois aux lois de l'Esprit, ne sera-t-il pas évident pour tous qu'après avoir pour ainsi dire renoncé à notre vie propre, et réalisé l'union avec l'Esprit, nous avons obtenu une condition céleste, si bien que nous avons comme changé de nature ? Nous ne sommes plus seulement des hommes, mais en outre nous sommes des fils de Dieu, des hommes célestes, puisque nous sommes devenus participants de la nature divine.

Tous, nous sommes donc un seul être dans le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Un seul être, dis-je, dans une identité d'état, ~ un seul être dans un progrès conforme à la piété, par notre communion à la chair sacrée du Christ, par notre communion à l'unique Esprit Saint »(2).


Du baptême à la Pentecôte se joue une même dynamique qui dépasse l’historicité et la symbolique donnée par Luc à l’ascension. Il s’agit de notre attachement au « corps », à notre vie « en Christ »


* traduction Eric Regent originale annotée : https://evangiles-traduction-colle-au-grec-er.com

(1) Jean-Noël Aletti, L’Évangile selon saint Luc, Commentaire, Lessius, Bruxelles, 2022 p. 113

(2) Source : #Office_des_lectures d’aujourd’hui

Pour aller plus loin : voir mes travaux plus bas, mon dernier livre « Christ et lumière » https://www.kobo.com/fr/fr/ebook/christ-est-lumiere? et sur mon mur, la nouvelle web-série sur Luc dont c’est le 15eme billet.


15 avril 2025

3eme édition de « Lumière du Christ, la résurrection selon saint Jean… »

 Lumière pour tous ?

Il est presque étonnant que Jean évoque peu les 12, sauf à un passage considéré comme tardif (Jn 6, 67) puis 20,24.

L’enjeu n’est plus là. Christ est lumière, une lumière accessible par un acte de foi, d’ouverture intérieure au souffle qui éclaire l’âme.

Il ne s’agit plus d’un épisode réservé à des personnes distinguées par Jésus lors de l’épisode de la Transfiguration chez les synoptiques,  mais de la révélation ouverte à TOUS les chercheurs de Dieu (cf. Jn 1,7).

Au terme de la lecture de Jean, nous  pouvons conclure que le Jésus décrit par Jean n’est plus le guérisseur de Galilée qui convertit par des miracles ordinaires. Jean nous livre une série de « signes » qui préparent à « l’heure », celle du vin nouveau (Jn 2), de l’élévation (Jn 3), de la source vive(Jn 4) et du relèvement (Jn 5) jusqu’à la vision bienheureuse (Jn 9).

Le repas décrit en Jn 6 présente l’eucharistie comme un sommet, mais Jn 6,61 ouvre plus largement au travail de l’Esprit, alors que Jn 13 dépasse le risque rituel, par celui d’un agir. Au terme du voyage, que voyons nous ? 

L’enjeu pour Jean n’est pas les rites, mais bien une intimité particulière qui nous aide à rejoindre le Père et entrer dans cette danse évoquée dès le prologue, cette transformation intérieure et lumineuse qui jaillit d’une rencontre, d’une soif partagée et devient une amitié (Jn 15,15) aidée par le don du corps, mais aussi du souffle, qui nous invite à marcher à la suite de celui qui est porte, berger, sauveur…

Ce texte pourrait servir de conclusion au livre que je viens de publier en version beta.

Quatrième tome de ma série, danse avec ton Dieu et 24eme lecture pastorale il reprend et commente la traduction de l’Evangile selon saint Jean d’Eric Régent, au plus près du grec et analyse ce texte métaphorique sous un angle nouveau.

Après ma sixième édition de « À genoux devant l’homme » qui étudiait Jean sous l’angle de l’humilité, je reprends à zéro mon travail pour étudier ce que Jean nous dit de la résurrection. A suivre. 

Je viens de mettre en ligne en avril 2025 une 3eme édition (encore en « affinage ») de 309 pages  disponible ici :

- en version numérique gratuite sur Kobo/ Fnac.com 

- au format papier au prix coûtant  de 9,5 euros TTC sur Amazon





23 février 2025

Pages d’écriture - suite

 Avec plus d’une centaine de livres rédigés depuis 25 ans, il me semble utile de vous faire goûter quelques extraits, fruit d’un travail de lecture et d’écriture quotidien.

La page « Pages d’écriture » sur Facebook vous donne accès à cela. 

https://www.facebook.com/share/1A7zFPxwRM/?mibextid=wwXIfr


Elle illustre des livres qui sont pour la plupart gratuits en téléchargeant sur Kobo ou à au format papier à prix coûtant sur Amazon.

Je n’écris pas pour de l’argent, ni pour une  reconnaissance quelconque. J’écris parce que cela me fait grandir, aimer et agir…

Pour accéder à mes livres gratuits sur kobo voir ce lien 

17 décembre 2024

Pages d’écriture

 Quelques extraits de mes livres à découvrir sur https://www.facebook.com/profile.php?id=61568251175235


Silo le Berger - 2

« Tu hésites. Tu ne connais pas l’homme. Il est habillé comme un prêtre, mais sa tunique est rapiécée. Pourtant tu te lèves, un peu malgré toi. Toi non plus, tu n’es pas riche. Et tes sandales sont usées par ces courses sans fin derrière le troupeau.

Tu lâches le seau. Il arrive au fond du puits et tu tires

sur le bout de chanvre, pour qu’il se redresse et se remplisse à moitié. Et puis tu le hisses, à nouveau. Tes mains calleuses sentent les nœuds de la corde. La sueur coule sur ton front. D’un œil, tu surveilles tes brebis, qui boivent lentement. Bientôt le seau apparaît, tout près. Tu le soulèves dans un dernier effort et le présentes à l’homme.

-   Comment t’appelles-tu, petit ?

-   Silo, fils de Bénabath.

-   C’est ton troupeau ? »


Extrait de Silo le berger, un conte de Noël, gratuit sur kobo :

Un conte écrit pour un filleul pour entrer dans l’évangile de Luc




25 septembre 2024

De signes en signes - 22

 Une lecture cursive des épisodes de Jean 2 à Jean 6 apporte une lumière particulière si l’on prend un peu de recul. Cana introduit un lien entre l’eau et le vin dans la perspective de la croix. La mise en parallèle de Nicodème et de la Samaritaine montre plusieurs oppositions (nuit / jour, homme / femme, manque de foi / conversion, Jérusalem / Samarie) mais ouvre aussi au don de l’eau vive. Jean 5 parle de relèvement et Jean 6 va jusqu’au don du corps. Nous sommes dans l’essentiel, au delà des personnages dont la force symbolique leur donne un rang de « figure », l’enjeu semble pour Jean de nous introduire au mystère de la croix (Jn 3), de la lumière (Jn 4), de la résurrection (Jn 5) et de l’union intime qui nous attend (Jn 6). Bien sûr il reste du chemin à parcourir et Jn 13 invitera à une attitude (de service) sans perdre le statut de frères et d’amis (Jn 15,15). Jn 19 nous présentera la source : un cœur transpercé d’où coule l’eau et le sang…

Survol bien sûr que cette lecture de signes en signes, mais ce qui se dégage prend corps. 

Si l’Evangile de Jean utilise des morceaux de récits très réels(loggia), il est plus qu’historique, il a une dimension spirituelle qu’il faut contempler.

La #Lumiere_du_Christ est au bout du chemin.


PS : Voir aussi sur ce point Zumstein, tome 1, OM. Cit. p. 142sq 

Photo : vitrail de Saint Martin de Nonancourt (27)




30 août 2024

Nuit et lumière - Lumière noire ?

L’épisode des vierges folles et des vierges sages que nous présente l’Evangile d’aujourd’hui (Matthieu 25, 1-8) interpelle toujours le lecteur, par ce refus des sages. Pourquoi ne peuvent elles pas partager leur huile ? 

Il faut entrer dans ce que Paul Ricoeur appelait dans son livre éponyme « la métaphore vive » (1) du récit. 

L’huile n’est pas partageable comme un bien marchand. Il s’agit plutôt du travail intérieur de celles qui traversent la nuit pour garder en eux la lumière du Christ.

Que faisons-nous de cette Parole, de ce Verbe qui vient nous visiter dans la nuit de notre foi. « Lumière noire » disait Madeleine Delbrel qui souffrait autant du refus des hommes que de celui d’une Église encore trop figée dans le passé, mais aussi probablement de la nuit du monde.

Quel est l’enjeu ? La fausse clarté bien humaine s’obscurcit dans la nuit.

« La route n’est pas la lumière, elle est l’espoir de la clarté. Elle n’est pas la flamme première, les promesses de vérité. Elle est le terme de l’attente et l’éternité de  l’effort. Le but de la route montante est le passage de la mort. » (2)

Et quelle mort si ce n’est de toute prétention humaine ?

L’essence de notre traversée est d’aller au delà du silence et de la mort, dans l’humilité ultime, le dépouillement où nous ne sommes plus rien qu’un instrument de la lumière fragile, du chant discret des âmes, qui appellent et découvrent au bout de leurs routes. la Croix unique où Dieu apparaît et dévoile le fleuve ténu qui s’échappe, par son effacement sublime, un un ruisseau fragile d’eau et de sang (Jn 19,34), avant de s’étendre en un fleuve immense (cf. Ez 47).






Lumière noire, mais aube d’une résurrection lumineuse (3) qui jaillira en Galilée…

Ce que cherchent les mystiques dépasse toute sagesse humaine. 

Dans le silence du samedi saint où la douleur du monde éclate et emplit nos nuits, il nous faut encore et encore contempler le chemin de l’époux, traverser les tombeaux du monde à la recherche du Ressuscité.


C’est ce que glisse Paul dans la première lecture (1 Co 1) dans cette phrase étonnante : « le Christ ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer l’Évangile,
et cela sans avoir recours au langage de la sagesse humaine, ce qui rendrait vaine la croix du Christ. Car le langage de la croix est folie pour ceux qui vont à leur perte, mais pour ceux qui vont vers leur salut, pour nous ».

Cette pique contre un baptême imposé interpelle. L’enjeu est ailleurs ? 

A méditer 


(1) Paul Ricoeur, La métaphore vive, Seuil, 1975

(2) Madeleine Delbrel, La route, extrait du poème. 

Voir sur le même thème, François Marxer, Au péril de la Nuit, Femmes mystiques du XXeme siècle, Paris, Cerf, 2017, et notamment « la nuit ténébreuse » d’Adrienne von Speyr p. 320 ou « le soleil de l’obscurité » de mère Teresa, op. cit. p. 442 

(3) voir pour rappel la version beta de mon dernier essai  

 Quatrième tome de ma série, danse avec ton Dieu et 24eme lecture pastorale il reprend et commente la traduction de l’Evangile selon saint Jean d’Eric Régent, au plus près du grec et analyse ce texte métaphorique sous un angle nouveau.

Après ma sixième édition de « À genoux devant l’homme » qui étudiait Jean sous l’angle de l’humilité, je reprends à zéro mon travail pour étudier ce que Jean nous dit de la résurrection. A suivre. 

Une version bêta de ce livre déjà disponible ici :

- en version numérique gratuite sur Kobo/ Fnac.com

- au prix coûtant  de 6 euros TTC sur Amazon








27 août 2024

Contrastes - Homélie 22b

  

Il y a dans les textes de ce dimanche un contraste à contempler entre la première lecture qui invite à suivre une loi à l’origine belle et louable, mais qui s’est figée dans les excès dénoncés par Jésus chez les Pharisiens. 

Il faut se plonger dans l’histoire d’Israel [et ce que décrit notamment Thomas Römer sur l’invention de Dieu (1)] pour percevoir la lente constitution des 613 préceptes et commandements qui ont structuré l’histoire du peuple de Dieu après l’exil, la constitution d’un système attribué à la figure de Moïse et destiné à orienter le peuple vers le culte et l’amour de son Dieu. Comme le souligne un philosophe récent (2) le pharisaïsme avait la belle intuition de mettre Dieu au centre.




Mais il y a un mais.

Elle est devenue un but en soi. Et le pharisaïsme s’est figé dans l’observance de la loi en oubliant l’enjeu central : cette double invitation que résume le Christ : aimer Dieu et son prochain comme soi-même.


Et nous ? 

Quelle est notre attitude devant l’appel de Dieu ?

Sommes nous comme des canards sous la pluie, incapables de se laisser pénétrer par l’eau vive, sinon par des failles fragiles où Dieu vient interpeler notre for interne. 

L’Évangile pointe nos faiblesses et appuie où cela fait mal. Nos rites extérieurs, nos simulations extérieures de piété sont vides si notre cœur n’est pas traversé jusqu’aux jointures de l’âme par cette Parole qui vient interpeler chacun de nos comportements. 

Qui suis-je d’ailleurs pour donner des leçons, moi qui suis habité tour à tour par des pensées perverses, l’inconduites, les vols, les désirs de meurtres, les tentations que décrits Jésus, et notamment l’orgueil et la démesure ?

On ne peut en effet juger autrui mais contempler ces forces sombres qui nous attaquent de l’intérieur.

Prenez le temps vous aussi mes sœurs et mes frères de vous laisser interpeler par la liste sordide que nous donne Jésus dans l’évangile.

C’est sur ce sombre terreau qu’il nous faut lentement travailler en implorant le pardon divin et l’aide de nos frères pour trouver le chemin, la vérité et la vie qu’est Jésus Christ, lui aussi tenté au désert par tout cela et sorti vainqueur.

Nous ne sommes pas toujours dans la lumière. 

Vendredi les textes nous invitaient à préparer nos huiles, c’est à dire laisser l’Esprit nous travailler de l’intérieur, ne pas cesser de mettre la clarté dans ce qui est noirceur, y compris en nous. 

Un travail qui n’est possible qu’avec l’aide de l’Esprit, la longue méditation de la Parole, le discernement et le pardon de Dieu, qui connaît nos faiblesses et nous enveloppe de sa miséricorde.

La deuxième lecture tirée de Jacques apporte également un rayon de lumière.

La première, qui guérit notre orgueil, est d’entendre que « les dons parfaits, proviennent tous d’en haut, ils descendent d’auprès du Père des lumières » par l’intermédiaire de « la douceur la Parole semée en nous ; c’est elle qui peut sauver vos âmes. Mettez la Parole en pratique, dit Jacques, ne vous contentez pas de l’écouter : ce serait vous faire illusion. Devant Dieu notre Père, un comportement religieux pur et sans souillure, c’est de visiter les orphelins et les veuves dans leur détresse, et de se garder sans tache au milieu du monde ».

Jacques dit en effet l’essentiel en nous invitant à aimer en actes et en vérité. Nos rites sont stériles s’ils ne se traduisent pas dans nos comportements. 

A quoi nous sert de venir ici si la jalousie et la médisance demeure…et que nous sortons de l’Église en critiquant nos voisins. 


Le Christ est chemin. Contemplons sa façon d’agir, d’être. Les traits qu’il trace sur le sable quand les pharisiens brandissent leur « catéchisme ». Il est lumière. Et il nous invite à l’essentiel, discerner ce qui en nous se tourne vers le Père et le prochain…


(1) voir son livre éponyme 

(2) cf. Paul Ricoeur, Philosophie de la volonté: Finitude et culpabilité: II. La symbolique du mal, Aubier, 1960