janvier 16, 2021

Où est-il ? Danse 29


 Un frémissement d’ordre dans le chaos, une conjonction dans le désordre, une fleur dans le désert, un sourire dans un monde de brutes, l’amour au milieu de la haine, 

La mort d’un innocent qui détourne notre violence, une liberté dans une succession de déterminisme, une truite qui remonte le courant, une semence qui jaillit dans l’hiver, l’amour au milieu de la haine. 

Une disruption dans une suite logique, le silence intérieur dans un flot de d’insouciance. Un appel au delà de nos peurs, l’insaisissable au sein de nos raisonnements, l’épée tranchante à la jointure de l’âme, l’amour au delà de la haine.

Fécondité au delà de nos stérilités, fidélité au delà de nos abandons, pardon au delà de nos lâchetés, indissolubilités dans la frivolité. L’amour au delà de la haine.

Abaissement malgré nos ignorances, confiance au delà de nos doutes, sacrifice unique de celui qui aime ceux qui veulent le trahir.

Brise légère au delà du feu et du tonnerre. Chant des anges au milieu du silence, paix intérieure au milieu de nos inquiétudes, frémissement au sein des nuits obscures. Soignant au milieu des malades, Miséricorde malgré nos haines. Espérance au delà de la mort.

Dieu ne se démontre pas, il se révèle quand on ne l’attend pas. 

Et pourtant cherche, ne cesse pas de chercher jusqu’à ce que tu cries, comme Augustin : tu étais là et je ne le savais pas » ;-)

janvier 15, 2021

Tu m’as appelé ? - danse 28


Tu m'as 
appelé ? Projet d'homélie n.3 du 1er dimanche ordinaire année B 

Belle histoire que je vous invite à relire que le début du livre de Samuel, fruit imprévu d’une femme stérile qu’elle confie au temple en action de grâce. 

Tu m’as appelé ? Le cri résonne dans le silence.

Sommes-nous appelés ? 

A quoi ?

Le risque est de considérer que cet appel ne nous concerne pas... De l’entendre résonner dans la nuit et de l’oublier.


La réponse nous interpelle aussi : me voici.. et nous  qu'aurions nous répondu? que répondons nous aujourd’hui à ces appels souvent cachés dans le murmure de la brise légère; sommes nous capables  de faire silence pour les entendre ?


Nous sommes tous appelés à participer au royaume. Chacun à sa manière. C’est notre vocation de baptisés...

L’actualité fait bcp de bruit sur ce motu proprio du pape  qui donne aux femmes le droit d’être appelées à deux nouvelles fonctions de lectorat et de l’acolytat. 

Qu’est ce que c’est ? (Je vous invite  à creuser ce sujet) 

C’est une avancée de l’Église vers une forme de complémentarité entre les hommes et les femmes, mais ne nous trompons pas. Si les femmes n’ont pas, encore ce qu’on pourrait appeler la première place, celle bien inconfortable d’être choisi pour présider l’eucharistie à l’autel, elles sont comme tous les hommes appelées à travailler au royaume et je dois le reconnaître elles font souvent plus et mieux ce que nous clercs pouvons faire. Car le royaume ne se construit pas à l’autel, mais dans l’agir, dans ces périphéries où nous sommes tous appelés.

L’essentiel n’est pas la figure extérieure, la fonction mais cette éternelle course de l’homme pour suivre Jésus jusque dans son amour le plus large.

Paul, pharisien réputé, avant sa conversion médite très bien sur cette illusion dans un texte  que je trouve central. Ecoutons le : 

«Mais ce qui était pour moi un gain, je l’ai considéré comme une perte à cause du Christ. En fait, je considère tout comme une perte (...) A cause de lui, j’ai accepté de tout perdre, et je considère tout comme des balayures, (...)  pour parvenir, si possible, à (...)  le saisir, pour autant que moi-même j’ai été saisi par Jésus-Christ. En ce qui me concerne, mes frères, je n’estime pas moi-même l’avoir déjà saisi; mais une seule chose compte: oubliant ce qui est en arrière et tendant vers ce qui est en avant, je cours vers le butPhilippiens‬ ‭3:7-14‬ ‭


Le jour du jugement, ce n’est pas notre rang dans l’Église qui comptera mais notre exercice de la charité en actes.


Où demeures tu ? demande les deux apôtres à Jésus.

Viens et suis moi...

Ce n’est peut-être pas seulement dans nos églises de pierre ou dans nos institutions qu’habite le Christ...

Cherchons à le suivre jusque dans ses périphéries...

Saint Athanase, dans une belle méditation que nous offre l’office des lectures de vendredi évoque la possibilité d’« exécuter une seule mélodie : ainsi la Sagesse de Dieu, le Verbe, tenant l'univers comme une lyre, unit les êtres de l'air avec ceux de la terre, et les êtres du ciel avec ceux de l'air ; il combine l'ensemble avec les parties, (...) produit ainsi, dans la beauté et l'harmonie, un seul monde et un seul ordre du monde. (...) prenons l'image d'un chœur composé de nombreux chanteurs. Ce chœur comporte des exécutants variés : hommes, enfants, femmes, vieillards et jeunes gens ; sous la direction d'un seul chef, chacun chante selon sa nature et ses possibilités ». 


L’enjeu est de trouver chacun NOTRE place dans un polyèdre (le mot de François exprime un souci particulier d’unité entre tous et toutes, mais aussi aujourd’hui particulièrement d’unité de tous les chrétiens) il nous reste à construire cette unité au service de la construction du corps....


Tu m'as appelé, me voici! 

Laissons maintenant résonner en nous ces deux phrases. Trouvons le chemin que Dieu a préparé pour nous, pour répondre à son appel 


janvier 10, 2021

Baptême du Christ - danse 27

 On parle souvent de triple épiphanie. Qu’est ce à dire ? 

Petite distraction ce soir à la messe dominicale. 

Le baptême du Christ serait le troisième double agenouillement que nous offre la liturgie de Noël et est en même temps une porte d’entrée à la vie du Christ. 

Je m’explique. 

Il y a eu l’agenouillement de Dieu qui nous confie son Fils auquel répond quelques bergers.

Il y a l’agenouillement des mages devant un Dieu qui se révèle par sa faiblesse.

Il y a l’agenouillement du Fils pour recevoir le baptême de Jean, alors même que Jean affirme n’être pas digne de s’agenouiller pour délier ses sandales.


Qu’attendons-nous pour tomber à genoux ? Dieu vient nous visiter. Il plonge symboliquement dans les eaux de la mort pour éveiller en nous le sens de sa mort sur une croix et ce premier agenouillement est chemin pour qu’à notre tour nous prenions le temps de renoncer à nos certitudes et contempler la faiblesse d’un Dieu qui se penche devant l’homme pour l’inviter à la danse...


C’est dans ce mouvement que réside l’amour...


Don de l’Esprit, de l’eau et du sang nous dit Jean, puisque tout est lié. Tout prend chair dans cette kénose trinitaire.


On n’épuise pas pourtant ces textes en 2 paragraphes.. Il y a quatre beaux sermons chez les Pères de l’Église révélés cette semaine par le livres des heures que je vous laisse découvrir. Si Gregoire de Naziance nous donne par exemple à contempler un dialogue entre Jean et Jésus Fauste de Riez donne de son côté une belle correspondance entre Cana et le baptême. Ces jarres d’eaux usées transformées en vin peuvent y être comparées à ce Jourdain purifié par la plongée symbolique de l’Agneau. Tout cela révèle et prépare au sommet de l’incarnation, le mystère de cet amour porté jusqu’au bout, martyr finalement commun de Jean et du Christ au service d’une seule révélation : l’amour infini du Père. L’agenouillement du Fils n’a d’autre sens. On est loin d’une tour de puissance et d’orgueil. La kénose est ici à son paroxysme. 


C’est peut-être ce que nous révèle 1 Jn 5 : « C’est lui, Jésus Christ,

qui est venu par l’eau et par le sang :

non pas seulement avec l’eau,

mais avec l’eau et avec le sang.

Et celui qui rend témoignage, c’est l’Esprit,

car l’Esprit est la vérité.

En effet, ils sont trois qui rendent témoignage,

l’Esprit, l’eau et le sang,

et les trois n’en font qu’un. »


Le baptême du Christ est la première réponse à cette soif de l’AT et finalement à notre soif, culminant dans ce geyser d’eau et de sang que décrit Jean 19





PS : on trouvera sur ce thème d’autres commentaires sous ce lien. https://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/la-celebration-de-la-foi/le-dimanche-jour-du-seigneur/commentaires-de-marie-noelle-thabut/511470-commentaires-du-dimanche-10-janvier-2/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=commentaires-du-dimanche-10-janvier-2 


J’aime les découvrir le dimanche matin après une longue méditation personnelle ou partagée avec les amis de notre Maison d’Evangile dont je rappelle ici le lien. Un beau groupe qui compte maintenant une centaine de membres et surtout des interventions très respectueuses autour de la Parole cf. https://www.facebook.com/groups/2688040694859764/?ref=share


C’est en s’éclairant et manduquant ensemble ces textes que nous déchirons le voile 😉

janvier 07, 2021

Danse avec tout homme - 26

« Dieu est amour : qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui. » La méditation liturgique de la première lettre de Jean nous ramène à l’essentiel, à ces béatitudes qui contemple en chaque homme, cette capacité théophorique, d’être porteur de Dieu. 


Μακάριοι ο πτωχο τ πνεύματι - bienheureux les pauvres en Esprit. La distinction de Mt 5,3 interpelle.


Ce n’est pas rien de contempler dans la kénose du Fils l’appel continu de Dieu à révéler ce qu’il a mis en nous.

L’agenouillement du Fils qui veut demeurer chez Zachée, crie son « j’ai soif » à la Samaritaine ou se laisse toucher en Marc 7 par cette femme étrangère qui lui réclame des miettes est contemplation, d’une certaine manière de ce Dieu en « manque » de l’homme déjà mentionné par Arnold en « danse n. 9 et n.10 », non qu’il soit dépourvu d’infinité, mais parce que l’amour même est « extase »(Fratelli Tutti, ch. 3), tout tourné vers autrui, vers le « visage » d’autrui au sens Lévinassien.


La contemplation de cet foi des petits enfants, de cette amour sans faille, de cette confiance aveugle est toujours pour l’homme lieu de danse et s’inscrit bien dans la symphonie kénotique de l’homme et de Dieu.


C’est à l’Arche que l’on découvre que la foi des touts petits est lumière qui fait éclater nos incertitudes et nos de-espérance. C’est dans le chant et la prière de mes quatre petits enfants que je vibre le plus avec l’amour reçu et partagé. Dieu donne nous l’amour des « simples », ceux qui ne s’encombrent pas des rites et des dogmes, mais demeurent en toi comme tu demeurent en eux. 





On est bien là au cœur de cet agenouillement qui fait le centre de ma trilogie trop souvent citée.

janvier 01, 2021

Épiphanie - pistes pour une homélie

Version 6

Que nous apportent la lecture de ces textes ? 

Peut-être une lueur... faible en ces temps de confinement... un frémissement (cf. Isaïe 55), un tressaillement (Luc 1)...

Une lumière au bout du tunnel... Sommes-nous encore en attente de la lumière ? Ou comme les lecteurs d’Isaïe en exil de nous mêmes ?

Nous cherchons, en ces temps difficiles, la lumière comme ces mages qui cherchaient dans le ciel un signe...

Cette lumière est là en nous,  c’est l’espérance qui nous habite, malgré ces temps difficiles.

C’est croire d’abord que Dieu vient nous visiter - qu’il peut faire naître une joie toute intérieure, celle qui nous vient de la contemplation de cet enfant qui nous sauve.

Paul parle ce mystère comme quelque chose d’immense. « Toutes les nations sont invitées au même héritage » nous dit Eph 3

Les mages accourt des 4 coins de l’univers

La bonne nouvelle de Matthieu c’est également l’ouverture aux nations

Ces semences de ce Verbe dont parle Jean dans son prologue, sont pour Matthieu le don de Dieu aux nations. 


L’autre clé est enfin le mystère même de cette crèche que nous contemplons depuis quelques jours...

Grand est notre Dieu quand il se fait petit ? 

Ce qui nous est révélé c’est l’humilité de Dieu.

Humilité - car il est bien petit et pauvre ce Sauveur loin de la puissance et de la violence. Sa royauté n’est pas celle d’Hérode. Il ne naît pas Jérusalem mais à Bethleem.

C’est là le mystère, la Révélation.

Dieu, par sa faiblesse guérit le cœur de celui qui accepte de se dépouiller...

Notre cœur doit se dépouiller et s’élargir.

La crèche est le résumé du mystère de la vie de Jésus - petit il va révéler l’amour qui fait échec aux puissants...


Il nous reste à contempler la grâce que Dieu nous fait et y répondre par nos dons. Dieu vient nous habiter. Quelle va être notre réponse intérieure ?

Peut-être contempler l’infini de Dieu au delà de nos finitudes ?

La contemplation des textes proposés ici ouvre et dilate notre coeur à l’infini de Dieu.  A voir en soi et en autrui ce qu’on appelle les semences du Verbe.

Tout homme de bonne volonté peut trouver le vrai Dieu. 

Comprendre que ce que nous révèle la crèche n’est pas un Dieu de pouvoir, le Dieu de nos projections humaines. Mais un Dieu amour,  un Dieu qui se fait tout petit... pour nous visiter...

Il y a là une tension...

Ouvrons nos cœurs à cette lumière qui vient jusque dans nos ténèbres et dans nos confinements pour nous conduire aux dons.

Les mages viennent les mains pleines. 

Et nous, qu’avons nous a offrir ? 

De l’or... ? nos richesses matérielles à partager ?

Ou la myrrhe, le parfum ultime, notre prière  et l’encens qui élève nos âmes au mystère ?

Contempler les dons des mages c’est aussi voir ce que l’on a reçu et qu’on est prêt à donner. Recevoir et donner...

N’est-ce pas le mystère de notre vie. S’inscrire dans ce don de Dieu nous dépasse.  Noël est-il pour nous le premier pas vers un don sans mesure... ? 

En nous présentant tout à l’heure à l’autel sommes-nous habités vraiment de cette espérance, de cette ouverture du cœur et de cette humilité qui nous fait dire, viens Seigneur révèle en nous et à travers nous ta lumière. Si c’est le cas ce que nous recevrons deviendra en nous lumière joyeuse, frémissante et radieuse. Dieu vient il est lumière...

 




décembre 29, 2020

Danse tragique - billet n. 24

Que pouvons-nous dire aujourd’hui, jour de la fête des saints innocents - dans un contexte actuel qui n’est pas beaucoup plus joyeux...?

Le massacre rapporté par le seul Matthieu nous ramène à cette contemplation d’un « Dieu nu » (1) devant la violence et la souffrance des hommes, d’un « Dieu à genoux devant l’homme » (2) y compris Judas.. d’un « Dieu dépouillé » (3) et fragile.

On peut relire Jérémie 31 qui évoque à la fois dans un même paragraphe « la jeune fille se réjouira dans la danse, » et «  Rachel qui pleure ses fils; (...) refuse de se laisser consoler au sujet de ses fils, car ils ne sont plus. » avant de glisser « Ainsi parle le SEIGNEUR: Cesse de sangloter, sèche tes larmes; car il y aura une récompense pour tes actions – déclaration du SEIGNEUR: ils reviendront du pays de l’ennemi.» Jérémie‬ ‭31:13-16‬ ‭

La logique de rétribution de Jérémie a ses limites et il nous faut écouter probablement la fin du livre de Job... Qui est tu pour comprendre ? Mais cela ne sèche pas les larmes de ceux qui sont affligés par le malheur. 

La petite espérance de Péguy est bien petite...

Le cri est nécessaire et ce n’est pas pour rien qu’il résonne dans un grand nombre de psaumes... Où es-tu mon Dieu ? (4)

Dans mon mémoire de licence, « quelle pastorale pour les souffrants ? » (5) je cherche à tracer, non des voix de réponse, mais des chemins d’accompagnement...‬‬


pour ces personnes, nombreuses, en manque d’espérance.

Plusieurs auteurs ont tracé des pistes sur ce chemin. Dans l’essai précité je joins la traduction inédite et fort interessante d’un texte de Karl Rahner. 

On peut citer une fois encore François Varillon avec son « beauté du monde, souffrance des hommes ».

On peut évoquer Hans Jonas, Jurgen Moltmann et son Dieu crucifié...(6) Elie Wiesel et bien d’autres...

On peut aussi rester dans le silence. Mais ce dernier est-il une fuite ? 

Comme celle de la Sainte Famille au désert ? Une fuite pour un plus grand bien ? 

Est-ce que Matthieu introduit ce récit en contemplation des massacres de 70 ?

La seule réponse possible est probablement dans la Croix, dans ce Dieu dépouillé et déchiré. Mais qui peut l’entendre ?


Si j’ai choisi ce thème de mémoire, c’est en entendant un jeune en préparation de son mariage me dire : «  quand je regarde le ciel, je me demande ce qu’il va encore m’envoyer comme malheur ». 

Nous sommes bien démunis...

On peut probablement se glisser intérieurement la question : suis-je complice de ce mal... ? Sans tomber, dans la culpabilité, car c’est le risque bien soulevé par Lytta Basset (7) 

Saint Thomas distingue le mal de faute du mal de peine... mais ne donne pas de solution.

On peut surtout, comme le fait Etty Hillesum se relever et dire « Dieu a besoin de nos mains »(8)

L’année dernière j’étais au chevet d’un ami prêtre - 93 ans, d’une vie donnée et malgré cela une grande souffrance physique et d’une certaine manière forcément spirituelle. Que faire à part un verre d’eau, une main posée sur un cœur meurtri... ?

N’oublions pas que l’Église est là. Elle l’est à Calculta (cf. La Croix d’aujourd’hui) en Grèce comme à Calais. Visages rayonnants d’une Église au service des souffrants...

Sur ce sujet impossible du mal de peine, je me trouve bien petit et suis toujours preneur d’avis...


(1) cf. ma recension du livre d’Arnold

 (2 à 5) cf. mes travaux de recherches éponymes téléchargeables sur Kobo, cf Http://chemin.blogspot.com 

(6) voir aussi dans mon mémoire un bel extrait sur ce thème d’une conférence donnée à Paris

(7) cf. notamment Je ne juge personne 

(8) lettre à Westerbroch in Une vie bouleversée

décembre 28, 2020

Lectures pastorales - livres en téléchargement gratuit


Comme annoncé je bascule progressivement toutes mes « lectures pastorales » en téléchargement gratuit sur kobo (cf.lien) et  sur Fnac.com.

Sont déjà disponibles plus de 5000 pages en dix-huit volumes très différents :
  1. La réédition de « danse trinitaire », un petit essai d’une cinquantaine de pages publié il y a 10 ans et que je ne cesse de considérer comme central dans une réconciliation entre théologie et pastorale - dire avec des mots simples l'indicible des mouvements de Dieu...
  2. « Retire tes sandales", une petite contemplation (93 pages) rédigée à la suite de ma lecture des 18 tomes de la trilogie d’ Hans Urs von Balthasar
  3. Dieu dépouillé - la compilation de Pédagogie divine et Chemins d'Évangile (1886 pages selon le calcul de Kobo) qui reprend en un volume le coeur de ma contemplation de la dynamique de la révélation qui va jusqu’à « l'agenouillement » de Dieu devant l'homme.(Jn 13 et Ph 2) et intègre notamment les livres publiés sous les titres  « Le rideau déchiré », « Dieu de miséricorde » , « À genoux devant l’homme »
  4.  Serviteur de l’homme - kénose et diaconie, la suite directe de Dieu dépouillé qui poursuit la lectio divina du nouveau Testament et nous conduit au travers des actes des apôtres jusque dans une lecture chronologique des lettres de Paul (dans l’ordre présumé de leur parution) nous permettant de suivre la progression pastorale de l’auteur.
  5. Chemins de miséricorde - une lecture cursive et pastorale de l’évangile de Luc
  6. "KénoseHumilité et miséricorde", Une version en un seul volume (1093 pages) de ma trilogie parue il y a trois ans.
  7. La dynamique sacramentelle, un document présynodal sur l’ouverture de la notion de sacrement à la vie des baptisés 
  8. Le chemin du désert, lecture spirituelle qui accompagne le lecteur sur le chemin ardu d’un dépouillement intérieur à la suite de Luc et Matthieu 4 et des grands mystiques.
  9. Aimer pour la vie, un chemin de spiritualité conjugale, un des premiers écrits de l’auteur sur le thème où il est le plus qualifié (Ancien représentant permanent pour la France de la FICPM), mais aussi le plus démuni - avec 33 ans de vie conjugale au compteur)
  10. Quelle espérance pour l’homme souffrant ? Le mémoire revisité de sa licence de théologie - un travail qui reste fragile tant l’est la question...
  11. L’amphore et le fleuve, un recueil qui développe les thèmes de la liberté de l’homme devant l’amour divin, à la suite de Retire tes sandales et danse trinitaire.
  12. Où es-tu mon Dieu ? - une méditation sur la souffrance 
  13. Dieu n’est pas violent  - une relecture spirituelle des textes de violence dans la Bible
  14. Cette Église que je cherche à aimer - un texte publié il y a quelques années sur les grandeurs et faiblesses de l’Église 
  15. À genoux devant l’homme, la troisième édition de notre lecture de l’évangile selon saint Jean
  16. Pastorale du Seuil, le texte d’une série de conférences données de Beauvais à Gap. 
  17. Pédagogie divine - une relecture pastorale des pas de Dieu dans l’Ancien Testament 
  18. Silo le berger - un conte de Noël écrit pour mon neveu, sur la base de chemins de miséricorde 
Et bien sûr mes romans plus accessibles et notamment, également en téléchargement libre : 
  1. « D’une perle à l’autre (2 tomes) et « le mendiant et la brise » (80 pages au centre des 800)
  2. Le collier de Blanche - un pseudo roman historique à fort contenu théologique...
  3. La danse des anges
  4. Une dernière valse - mon best seller, petite nouvelle de 30 pages... 
  5. etc.


Progressivement, l'ensemble de mes lectures pastorales seront mises en ligne gratuitement par ce biais.
A suivre...





décembre 26, 2020

Une danse instable et fragile - 23

« Ne crains pas...(Gn 15)

Mes yeux ont vu ton salut..

Ton âme sera traversée par un glaive... (Luc 2) »

Trois phrases tirées de la liturgie de la fête de la sainte  famille.  Et une apparente contradiction...

La suite du Christ est à la fois un lieu de paix intérieure et de souffrance extérieure. Lieu de combat au sens donné par Ignace dans ses deux étendards ?


La danse à laquelle j’ai trop fait allusion dans les pages précédentes n’est pas une danse de salon. Suivre le Christ n’est pas de tout repos, car le combat est là, à la fois intérieur et extérieur.


Intérieur car nous sommes toujours traversés par nos contradictions, notre incapacité à répondre à l’appel de « l’où es-tu » de Gn 3, faisant le mal que nous ne voulons pas faire (Rom 7) et incapable d’être amour comme Il est amour (1 Jn 2).


Le martyre d’Etienne (Actes 6&7) qui suit la nativité nous rappelle bien vite que le mal est aussi extérieur.


Et pourtant...

Et pourtant la petite espérance nous fait rêver d’un monde meilleur. 

La sainte famille n’est pas seulement le cocon douillet d’un couple béni par Dieu. Marcher à sa suite est pour nous toujours le lieu d’un combat intérieur et extérieur qui conduit à la victoire du Christ sur la mort.

C’est le terme final, ce royaume à venir, qui donne l’espérance du « ne crains pas... » et de ce « bouclier » (Gn 15) de la foi...(Heb 11).

La danse de Dieu est un dépouillement, une fuite, un combat, une foi (cf. Heb 11), un agir, une victoire.


C’est grâce à la foi que nous pouvons avancer..


Laissons nous conduire par Celui qui vient nous visiter, ouvre le chemin. Si sa mère sera transpercée d’un glaive elle sera la première sur la route à mériter le rang d’apôtre. De sa douleur jaillira une descendance. 

Et la mémoire du glaive qu’elle partage avec des générations de souffrants sera signe et chemin.





« Maintenant je peux m’en aller car mes yeux ont vu le salut... » 

Le salut est au bout d’un long chemin...

Dieu avec nous... Il nous porte...

Viens nous visiter... 



décembre 25, 2020

De la paille à la poutre ? - danse 22


Il est né sur la paille et mort sur une poutre...

Si l’histoire de la crèche est contestée, la puissance de la lecture spirituelle de la naissance, racontée par Luc ne déroge pas avec l’ensemble du message de l’évangéliste.




Premier et ultime clin d’œil d’une vie pour dénoncer l’erreur d’une loi hypocrite ou le jugement hâtif du frère du fils prodigue ? (Luc 15).

Il y a un lien à contempler entre cette paille qui accueille le tout petit et ce bois qui supporte le crucifié. Ce lien c’est la chair nue, exposée de celui qui refuse tout égard, toute première place, pour se dénuder dans le service de ses frères (Jn 13) et le don inouï d’une vie offerte. 

Quel chemin entre le Dieu rêvé des premières théophanies de l’Exode (cf. Ex 19) et celui de la crèche. Alors qu’on y voyait trompettes et métaux précieux et qu’on rêvait d’un Dieu du tonnerre voici un Dieu nu exposé et rejeté... fui et trahi... fragile et crucifié...

Depuis le premier jour jusqu’au dernier...il est un Dieu qui se fait petit... pour dénoncer nos rêves de grandeur.

Tout ça pour quoi ?

Pour nous conduire au delà de la paille du voisin, la poutre de notre oeil ?  Si nous cherchons un Dieu puissant nous faisons fausse route. La puissance de Dieu se révèle dans la faiblesse... (cf. 2 Co 12).

Quel est le sens de cette nuit ?

Pourquoi pouvons nous danser de joie ? 


La naissance de Dieu homme est nouvelle naissance...

Il vient habiter l’homme et transformer son cœur...

Ne sommes-nous pas parfois l’aubergiste qui rejette la jeune fille enceinte, le pharisien devant la femme adultère (Jn 8.) celui qui cherche la paille et oublie la poutre...(cf. Lc 6, Mt 5), repousse l’étranger ou le lépreux de notre entourage.

A chaque fois que notre cœur se durcit nous oublions que le chemin n’est pas écrit à coup de burin dans le marbre d’une loi immuable, mais avec le cœur et au cœur de l’homme grâce à une paille sur le sable par un Dieu à genoux devant l’homme, qui ne veut que l’amour...

Que celui qui n’a pas péché jette la première pierre...(Jn 8.) 


C’est ce peut-être ce Dieu là ce que nous contemplons cette nuit. 

Dieu fragile...

La crèche n’est que la clé de sol d’une symphonie trinitaire. 

- Celle d’un Dieu qui renonce à toute manifestation de puissance pour nous dévoiler l’amour...

- Celle d’un Fils qui consent à tout pour tracer un autre chemin que la loi hautaine et méprisante des hypocrites.

- Celle d’un Esprit qui se fait fragile pour tracer en nos cœurs un chemin d’humanité.

Prenons conscience de nos poutres érigées à tort, de nos condamnations trop rapides pour percevoir que l’amour est miséricorde et pardon...

Vous voulez comme David des signes et des rois, des maisons et des institutions ?

Il ne vous sera donné que le signe de Jonas. Un prophète qui se fait petit...

Un petit d’homme couché sur un lit de paille et mort sur une poutre, pour que nos violences soient réduites à néant, nos jugements hâtifs et hypocrites balayés comme les feuilles au vent, nos quêtes de puissance réduites à un chemin d’humilité.

Le Dieu de la crèche et de la Croix est un Dieu à genoux...

Et la danse des trois personnes n’a qu’une direction, celle de nous inviter à la miséricorde et l’humilité...

Il est le chemin, la vérité et la vie...

Le Verbe s’est fait chair fragile parmi nous pour retourner nos cœurs de pierre en coeur de chair.

Le verbe est là - aujourd’hui - présence discrète, démunie, qui invite à l’amour.

Joie des cœurs simples. Danse des anges

Noël

décembre 24, 2020

Les noces éternelles ? - danse 21


Il y avait la rencontre à Mambré, la femme stérile qui sourit à l’annonce de sa fécondité...puis toutes ces histoires de puits et de rencontres, d’eau et de noces...

Puis tout s’est transformé en désert 

Les ossements sont desséchés 

La voix du dernier serviteur au Temple s’est tu...

Fin d’un cycle

Hiver..


Nous sommes au samedi saint de Noël, l’heure où la nuit devient épaisse, les étoiles s’éteignent.


La danse de Dieu n’est pas une valse viennoise, elle va de renoncements en renoncements, de fuite en agenouillements...


Comme le suggérait Joseph Moingt à propos du samedi saint, c’est l’heure où il faut écouter les pleurs du monde, visiter les solitudes, être attentifs à la terre qui crie son désespoir...


Dieu viens visiter nos silences...


Et si toutes ces épousailles ne tendaient qu’à une rencontre sublime et discrète, au creux du silence et de nos nuits....


Nouvelles noces, qui chez Luc résonnent avec celles de Cana chez Jean....

A la fiancée qui attend son époux sur une terre désertée Dieu vient comblée la soif...


Demain s’approche la nouvelle alliance...

Nouvelles noces qui se préparent, celle de Dieu en l’homme, celle d’une femme qui ouvre son cœur et prépare son corps à la douleur d’un enfantement difficile, aux noces éternelles et tragiques de l’humain et du divin.


Ici nul artifice, pas d’autres trompettes que celles des anges aux bergers. C’est auprès des rejetés, des bannis que Dieu se met à nu. C’est dans une mangeoire pour animaux impurs, qu’il est déposé le tout petit. Et sa nudité est déjà le signe d’un autre repas, d’une autre nudité, celle d’un corps offert aux coups et aux rejets...


C’est auprès des exclus, des sans abris et des migrants qu’il reviendrait celui que nous espérons dans nos maisons douillettes. 


« Allons-nous tromper nos inquiétudes secrètes et insulter à la gravité du drame contemporain avec ce Noël que nous avons rendu si petit en le farcissant de nos bavardages et de nos mangeailles, au lieu qu’il faudrait nous taire, sortir à la bonne étoile (...) qu’avons nous fait de cette joie pour tout le peuple ? » (1)


Dieu parmi nous, avec nous...?

Que soit béni le tout petit...


Il n’est petit et nu que s’il nous fait retrouver la nudité première. Tombons-nous nos habits de fêtes (Ex 33, 3) pour nous soucier que cette joie soit bien pour tous ? 


Question que je me pose à moi-même car elle ne peut être posée à autrui que dans le silence du cœur. 


Nous sommes pris dans le tourbillon de nos cultures. La danse de Dieu est ailleurs, dans une frugalité et une modération qu’il ne faut pas occulter...


(1) François Cassingena-Trévedy La voix contagieuse, p. 23

décembre 23, 2020

Tressaillement et danse - 20

 



« L'enfant a tressailli... »

Que dire quand on est homme et que jamais l'enfant n’a en nous manifesté sa présence ? Peut-on en être jaloux ? 😉 

Il y a pourtant des tressaillements intérieurs, des caresses de Dieu qui nous réveillent et nous font pressentir cela...

Signes discrets d’un Dieu qui vient se révéler à nous dans le silence ?

Signes plus tangibles quand la Parole fait vibrer en nous le mystère....

On devrait peut-être même aller plus loin et glisser sur la pointe des pieds que lorsqu'il nous a été donné de communier au corps et au sang du Christ, nous devenons à notre tour capables de ces « tressaillements » de Dieu en nous. 

Capax dei !

Est-ce ce que suggère François Varillon quand il dit que Dieu vient diviniser ce que nous avons humanisé ? (1)

J’ai du mal avec le mot diviniser, qui nous vient d’Irenée, mais c’est peut-être là qu’il prend chair, dans ce tressaillement intérieur dû à l’inhabitation fugace du Verbe en l’homme...

Alors nous pouvons faire nôtre le magnificat. Car nous entrons à notre tour dans cette danse trinitaire à laquelle le "fiat" marial nous a invités. 


« Heureuse celle qui a cru... » On entend déjà résonner à nos oreilles le chant des béatitudes et notre cœur devrait lui aussi bondir d'allégresse, car, en ce jour de la visitation, l'Église rentre dans la fête et la danse du peuple de Dieu. Après des siècles d’attente, après le désert, l'exil et la peine, la bonne nouvelle d'un Dieu parmi nous devrait nous envahir. Dieu a entendu son peuple et lui a donné un sauveur...

« L'enfant a tressailli... » 

« Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s'est penché sur son humble servante ».... (Luc 1, 47)


Ce chant m’habite, habite aussi mes joies, même les plus intérieures. Il prend sa source dans les chants de l’AT et devient signe de nos espérances... il relève les humbles...


Que Dieu tressaille en nous à l’aube du mystère...


(1) cf. Joie de croire, joie de vivre

PS : extrait complété de mon « Chemins de miséricorde »

Voir aussi « la danse intérieure »

La visitation - peinture de ma soeur, L. Franc (c)

décembre 19, 2020

De l’agenouillement au relèvement ? - danse 19

Il y a une ligne ténue à ne pas franchir entre agenouillement et sacrifice, humilité et soumission et il ne faut pas tomber dans cet excès fréquent qui fait que tout s’effondre dans l’asservissement. il ne faudrait pas interpréter mon billet 18 dans le mauvais sens. 

La clé est complexe à comprendre. C’est peut-être dans une dynamique conjugale qu’elle s’éclaire le mieux. L’échange sacramentel se dit dans un seul sens, je te reçois et je me donne à toi. 


L’interprétation d’Ephesiens 5 cristallise cette difficulté. Loin d’une soumission délétère de la femme à l’homme c’est dans la compréhension de la réciprocité essentielle qui fait que l’homme est invité au don total de sa vie, comme le Christ, que la logique de l’auteur de l’épître peut être acceptable.



Mais on néglige trop souvent cette réciprocité et l’on sombre alors dans l’asservissement.


Il faut concevoir les choses comme deux tours moyenâgeuses. Deux tours où le dialogue ne se fait pas parce que nos carapaces humaines sont coriaces. On peut s’envoyer des flèches ou des fleurs du haut de la tour, on n’atteindra pas l’autre. L'enjeu est dans cette "descente de tour", où l’on atteint le même niveau de vérité que celui évoqué dans Gn 2,25. 

Etre nu devant l'autre et ne pas en avoir honte. 

S'exposer dans la nudité de celui qui ose s’agenouiller, perdre sa superbe, demander pardon, entrer dans le déssaisissement pour que le dialogue et la réciprocité se fasse. 

Le dépouillement du Christ que nous contemplons à la crèche, ce qu’on appelle kénose, n’est finalement que le premier pas de danse. C’est quand la magie de la réciprocité se fait que la danse devient joie, symphonie, partage, une seule chair, un seul corps.... avec un grand C au bout du voyage. Mais je résume trop ici ce que je développe en plusieurs centaines de page ici... 

https://kobo.com/fr-FR/ebook/aimer-pour-la-vie

Peut-être est-ce Philippiens 2 auquel on doit revenir pour saisir que l’agenouillement est la clé du « c’est pourquoi Dieu lui a donné le nom de Dieu sauve ».

Ce n’est qu’à ce prix que le lavement des pieds du Christ, en Jn 13, est le premier geste ecclésial et sublime du Christ car il devient, loin de tout « cléricalisme », la clé centrale d’interprétation de Jean 15, 15 : je ne fais pas de vous des serviteurs mais des amis... :


« 12 Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. 13 Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.

14 Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. 15 Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. »

D’agenouillements en agenouillements - danse 18

« Le Seigneur est avec toi... »

C’est le point commun entre la première lecture et l’Evangile de ce dimanche... cela peut être aussi le point de départ d’une méditation.

Laissons nous assez de place dans nos vies pour le Seigneur ?

Dans le livre de Samuel, nous voyons David désireux de construire une maison pour lui. Mais Nathan l’en dissuade. Pourquoi ? 

Il y a de nombreuses manières de faire une place à Dieu dans nos vies. On peut le vénérer dans une église, dire qu’il est là dans le tabernacle et parfois l’oublier en sortant. Après David, Salomon construira un temple, mais oubliera son Dieu et construira d’autres lieux de culte aux petits dieux de ses épouses.

Nous allons aussi faire de belles crèches, cacher le petit Jésus puis essayer de retrouver sa cachette le jour de Noël... mais l’Avent n’est peut-être pas là 😉

L’avent consiste à creuser en nos cœurs la place auquel le Seigneur a droit... Quelle place exactement ?

Suivre Marie, dans son humanité ? Elle est la première en chemin... Elle s’est préparée et devient signe pour nous... 

Si l’ange vient la visiter, c’est probablement parce qu’elle a creusé en son cœur ce qui lui permettra d’accueillir la venue de Dieu....

Comme Zachée à qui Jesus dit « descend, je veux demeurer chez toi » ouvrons, nous aussi, nos cœurs à ce Dieu qui vient nous visiter. Faisons un temple de nos corps, une crèche toute intérieure...

Creusons en nous cette vallée intérieure où Dieu peut venir. Entrons dans le silence, fuyons un instant la course fébrile des Noels païens pour nous rendre disponible à la venue de Dieu...

Comme l’ange d’Arcabas qui s’agenouille devant Marie, contemplons  cette préparation toute particulière d’une femme choisie par Dieu pour recevoir Dieu en son corps. Sa crainte, sa réponse est chemin pour nous.

À notre tour, préparons-nous à devenir temple. Disons à la suite de Marie, « comment cela peut-il se faire que tu daignes me visiter », « mais dit seulement une parole » et j’ouvrirai ma porte, à nouveau, à ta présence.

Jésus Christ est le mystère gardé depuis l’origine nous dit Paul... le mot mystère en grec est plus vaste que le petit Jésus caché pour Noël... 

Prenons le temps d’ouvrir nos cœurs à cette descente toute particulière de Jésus en nous, pour répondre à la suite de Marie, « Fiat »... qu’il soit fait en moi comme le demande ton Verbe, un temple digne ta présence. 

Si l’ange d’Arcabas se met à genoux, ce n’est pas pour rien. Jésus à sa suite, se mettra à genoux devant l’homme le soir de sa Passion, comme l’ont fait les Marie de l’Evangile(1). S’il se met à genoux, c’est peut-être en réponse à tous les agenouillements intérieurs des femmes et des hommes de l’Ancien et du Nouveau testament. La théophanie de Luc ne déroge pas, en effet, aux schémas littéraires de toutes les théophanies de l’Ancien Testament. Elle prépare la venue en nous d’un Dieu à genoux. 

C’est pour moi une danse inachevée entre l’homme et Dieu, une danse humble et fragile... une réciprocité dans l’agenouillement. 

Viens Seigneur, je t’attends... à genoux. Non dans un agenouillement servil, mais parce que le premier, tu te fais petit pour nous visiter.

(1) raccourci criticable  inspiré par Berulle qui voit une seule femme dans les trois femmes au pied de Jésus 

PS : J’ose soumettre ici à votre sagacité le texte de mon homélie de dimanche, issue de nos discussions toujours fructueuses en « Maison d’Evangile » cf. https://www.facebook.com/groups/2688040694859764/

Comme toujours, un accouchement difficile.

PS2 : le titre de danse 18, fait allusion à de nombreux billets publiés ici, mais aussi, plus qu’ailleurs, à mes deux essais déjà évoqués « La danse trinitaire » et « à genoux devant l’homme » disponibles gratuitement sur Kobo/Fnac cf. Ci dessous 

décembre 18, 2020

55 ans de lecture et d'écriture ?

Vous trouverez ici petit récapitulatif mis à jour de mes publications sous ma signature*
(Le numéro correspondant plus ou moins à l'ordre approximatif de publication, chez Lulu.com / Createspaces / Kindle / Amazon ou Kobo, voire Googleplay et Itunes).
Sachant que je bascule progressivement toutes mes « lectures pastorales » et la plupart de mes romans en téléchargement gratuit sur kobo (cf.lien) et  sur Fnac.com.

A - Conjugalités

2. Bonheur dans le couple, tome 1, 2004
3. Bonheur dans le couple, tome 2, 2005
30. Couple en crise, des pistes pour rebondir (2ème édition, avec le 29 en bonus)
52. A deux vers le mariage, un résumé du 2 et du 3
53. Marions-nous, Editions de l'Atelier
54. Sposiamoci! Editions Paoline (traduction italienne du n°53)
55. Nos Casamos... Editions CCS (traduction espagnole du n°53)
61. Chemins vers le mariage (collectif, Bayard, dir. S. Kerrien)
90. Aimer pour la vie, Essai de spiritualité conjugale, réédition de Bonheur dans le couple, tome 2, 2015


B - Recherches théologique et pastorale
1. Le troisième arbre, 1996
4. Pastorale du seuil, 2006
5. Retire tes sandales, une lecture de la trilogie de Balthasar, 2007
7. La voix d'un fin silence, études sur les théophanies, 2009
9. Chemins d'humanité, chemins vers Dieu (Recueil des n°2, 3, 4)
10. J'ai soif, tome 1, 2009
11. J'ai soif, tome 2
12. Chemins de prière
14. Les mains vides
15. Chemins de liberté
18. Dieu de faiblesse
19. L'amphore et le fleuve (Recueil contient les n° 5, 10 à 15, 18)
21. La danse trinitaire
22. Symphonie trinitaire, complément du 21
23. Le dernier pont, une première lecture de l'évangile de Jean
24. Cette église que je cherche à aimer
25. A genoux devant l'homme, reprise des 21 à 23
62. Chemins de miséricorde, une lecture de Luc - epub gratuit...
63. Chemins d'Église..., une lecture pastorale des Actes, septembre 2014 - epub gratuit...
64. Way of humanity, ways toward God (traduction du n°4)
48. Mort pour nous
49. La course infinie, sur Grégoire de Nysse
50. Quelle espérance pour l'homme souffrant ?, mon mémoire de licence...
51. Réflexions sur l'engagement, reprise d'une conférence à Nice
87. Évangile de Marc, version Crampon commentée, 2000-2014
88. Serviteur de l'homme, une lecture commentée des lettres de Paul - epub gratuit, 2014
91. Chemins croisés, une lecture commentée de Matthieu (lecture synoptique et transversale), 2015
92. Chemins d'Évangile, une lecture commentée des quatre évangiles (ce livre rassemble les n° 25, 62, 87 et 91), 2015
93. Où es-tu mon Dieu, Souffrance et création, un complément des travaux publiés au n° 8 et 50
96. Le chemin du désert, un itinéraire spirituel (version Kindle à prix très réduit)
97. Sur les pas de marc, une lecture commentée de l'évangile de Marc (version Kindle, petit prix)
98. La dynamique sacramentelle, une réflexion intra-synodale sur le mariage. (Version Kindle)
99. Sur les pas de Jean, une nouvelle lecture commentée de l'évangile de Jean (cf. n° 25)
108. Nouveau testament commenté, tome 3 (Les lettres attribuées à Paul
109. Humilité et miséricorde - Tome 1 : L'humilité de Dieu (qui reprend "Sur les pas de Jean")
110. Humilité et Miséricorde - Tome 2 : Décentrement et communion
111. Humilité et Miséricorde - Tome 3 : Miséricorde, un chemin en Eglise
112. Lire l'Ancien Testament, tome 1 - une lecture pastorale des livres d'Osée et de la Genèse (Os, Gn)
113. La dynamique sacramentelle - nouvelle édition (98 - largement revue et corrigée)
114. Nouvelle édition de "Le chemin du désert"
115. Dieu n'est pas violent,  lire l'Ancien Testament, tome 2 (à partir des travaux publiés en 10,11 et 19)
119.  Pédagogie divine - Chemin de lecture  pastorale (Osée, Genèse, Exode, Théophanies, Év. Marc)

C - Romans et nouvelles
6. Le cheval d'écume, première nouvelle, 2008
8. Les enfants de l'Avre, roman historique, 2009
13. Les amants de l'Avre, nouvelle
16. La perle, nouvelle
17. Simon le Vieux, complément précédant le n°8
20. Le collier de Blanche (Recueil contient les n°2, 3, 4, 60)
26. Le vieil homme et la perle, tome 1, une pastorale des divorcés remariés
27. Le vieil homme et la perle, tome 2
28. Le désir brisé, le vieil homme et la perle, tome 4
29. Au coeur du silence, nouvelle.
31. La barque de Solwenn, tome 1 - Variation romanesque du n°50
32. Maria la Rousse, tome 2
33. La souffrance d'Elena, tome 3
34. La Marie-Jeanne, tome 4
35. Magda la douce, tome 5
36. Renaissance, tome 5
37. Le chant du large (Recueil des n°31 à 36)
45. La Mulotière
56. Les deux fils
57. Au coeur de la vallée (Recueil : n°13 et 56)
60. Les enfants de Lanville
65. Papillons de feu, recueil des n°20, 45 et 57...
89. La dernière valse, nouvelle, epub gratuit sous Kobo/Fnac
94. Le pont des planches, nouvelle
95. Les tisseuses de l'Avre, nouvelle
101. La caresse de l'ange, roman
103. La danse des anges, roman et bonus (101 + 93)
104. D'une perle à l'autre, roman fleuve en 2 tomes (dont 94, 6, 26, 16) puis  (28, 101, 103)
107. Histoires en vallée d'Avre (recueil dont 8, 17, 20, 95)
117. Le mendiant et la brise - Dialogue avec Yasmina, essai de dialogue interreligieux (Variation sur la perle - n.16)
Intégré dans le n. 104

D - Contes pour enfants
38. Léo l'écureuil, premier conte pour enfant
39. Jeannot du Bec, 2ème conte "pastoral"
40. Samuel, le lièvre dans la vallée, septembre 2014
116. Silo le berger, un conte de Palestine, décembre 2017

E - Thrillers à contenu progressivement théologique
41. La danse de l'espionne
42. La danse tragique (suite du 41)
43. Le choix de Léa (suite du 42)
44. La danse fragile (41 et 42)
58. Fragilités, suite du n°43
59. Léa (Recueil : n° 43 et 58) - Variation romanesque du n°53
Sous un autre nom de plume : 66 à 86, 100, 102, 105, 106, 118..*

* Il est de notoriété publique que j'ai une bonne vingtaine "d'enfants" illégitimes, parus sous nom d'emprunt car trop différents de la série présentée ici :-)


Si vous n'avez pas toute la collection, n'hésitez pas à demander des e-pubs...
cf. aussi www.avre-passion.fr et notamment www.avre-passion.fr/romans

Précisions sur la mise à jour de mai 2017 :
La trilogie des "Lectures pastorales" est devenu une longue saga qui compte maintenant :
1- A genoux devant l'homme, (Jean) 2012 - troisième édition en 2020.
2- Chemins de miséricorde, (Luc) 2013
3 - Chemins d'Eglise (actes des apôtres)

4 - Serviteur de l'homme, kénose et diaconie (lettres de Paul) 2014
5 - Sur les pas de Marc, 2015
6 - Sur les pas de Jean, 2015
7 - Chemins croisés (Matthieu), 2015
8 - Chemins d’Évangile (Les 4), 2015
9 - Le chemin du désert (de Gn et Ex à Mat 4 et Jn 21)
10 - Nouveau testament commenté, tome 3 (autres lettres)
Elle intègre dans la même collection la trilogie "Humilité et miséricorde", 2016
11. L'humilité de Dieu, tome 1
12. Décentrement et communion, tome 2
13. Miséricorde, un chemin en Église, tome 3
14 - Lire l'Ancien Testament, tome 1 - une lecture pastorale des livres d'Osée et de la Genèse, 2016
15 - Dieu n'est pas violent,  lire l'Ancien Testament, tome 2 (à partir des travaux publiés en 10,11 et 19)
16 - Chemins de prière, nouvelle édition - lire l'Ancien Testament, tome 3 (les psaumes)
17 - Pédagogie divine - Chemin de lecture  pastorale (une version synthétique des tomes 14, 15 et une relecture du n°5).
18. Le rideau déchiré - nouvelle édition revue de Sur les pas de Marc (extrait du tome 17)
19. Dieu dépouillé sur kobo (cf.lien) qui reprend en un volume gratuit, les numéros 14, 15, 17, 18, 2 et 5

En lisant les tomes 17, 8, 3, 4, 10, 11, 12, 13, 9, 15, 16 vous avez aussi plus ou moins l’intégrale.
Mais l’orde est volontairement non imposé...
Vous pouvez aussi commencer par le 5, le 9, le 14 ou le 18 et voir ensuite...
Chacun de ces tomes est disponible gratuitement sur kobo (cf.lien) et  sur Fnac.com  ou à petit prix sur Kindle. Les versions brochées sont vendues à prix coutant ou presque (actuellement surtout disponibles pour une raison qui échappe à l’auteur sur le site anglais et non français d’Amazon).









décembre 17, 2020

Une nouvelle symphonie ? Danse 17

Je termine ma lecture commentée de « Dieu est nu » en étant quelque peu bouleversé par cette exhortation vers ce que j’appellerais volontiers une révolution humble (kénotique). Qu’est-ce à dire ? Il nous faut trouver de nouveaux moyens de faire Église dit en substance Arnold alors que nos institutions s’enferment dans des impasses... 

Mais quelles sont ces impasses qui expliquent qu’elles ne portent plus les fruits attendus et n’ont pas, en tout cas en Europe, la dynamique de l’universel ? 

Triomphalisme, enfermement, hyper-ritualisme, aveuglement, cléricalisme, inégalités, entre-soi, moralisme, distance ? 

Faut il quitter nos églises pour aller sur de nouveaux terrains périphériques, y compris numériques ? François est-il le seul, au sein de notre hiérarchie, à entendre l’enjeu de cette révolution ?

« Comment faire une pause dans le tourbillon égolâtre et marcher l’un vers l’autre, partager secret, louange et service au lieu du mortel égoportrait ? Il faut croire en une visitation numérique possible qui subvertisse l’individualisme...» nous dit Arnold (P. 255(1)

Qu’est-ce à dire ? Nos institutions ont-elles tué à ce point le dialogue véritable qu’il faille repenser le vivre ensemble autrement ?

« Nous ne sommes plus appelés à jouer un rôle de soliste ou d’élite, mais de partenaires sur pied d’égalité, en y incluant, bien sûr, la légitime et nécessaire divergence de la communauté bigarrée du réél.  (...) troquer l’imposition unilatérale pour l’osmose et la commensalité qui recréent symphoniquement le monde, comme dans la rencontre entre Marie et Elisabeth... (257). 

J’ai moi même creusé longuement ce sujet dans mon essai « pastorale du seuil ». Arnold va plus loin...

Aller vers l’étranger ? Jusqu’au bout du renoncement à l’entre-soi comme ces nouveaux missionnaires qui partent à la périphérie du monde, jusqu’au camp de migrants, pour y trouver le visage du Christ...(cf. l’interpellation de Moria sur KTO lundi (2).

Tous frères ? Sommes nous capables de l’affirmer, de le vivre ? Comment vivons-nous le « Fratelli Tutti » ?

L’unique étranger c’est Dieu (...) celui qui se met dans l’ombre pour que nous puissions « devenir ensemble ». (P. 257)

« Jésus s’identifie à l’étranger (...) pour que nous soyons tous citoyens du même monde trinitaire (258) ». Claire allusion à Mat. 25...


Encore faut-il renoncer au confort du discours, du penser, pour avancer dans l’agir...


J’ajoute sur la pointe des pieds, m’en sentant peu digne : Viens un temps où l’Epoux parti, ils jeûneront et quittant le confort des bastions établis, oseront aller vers les périphéries...


Le plus dur est peut-être le premier pas...je discutais hier avec mon frère qui parle d’une explosion de bénévoles dans son association... au service des plus démunis. La crise va-t-elle réveiller le monde endormi et aider chacun à trouver l’appel de l’Infini vers l’étranger....


(1) Simon Pierre Arnold, Dieu est nu, op. cit.

(2) https://youtu.be/nU2vdbHN-cI