Il y a de la kénose dans les propos de Christoph Théobald. Son image pendulaire évoque en effet l'oscillation maximale du "mouvement pendulaire de la grâce" comme une offre gratuite et non prosélyte d'un "petit troupeau ecclésial (...) diaspora (...) qui sans repli sectaire, mais positivement comme mission à exercer" (1) comprend qu'il nous faut sortir de nous mêmes dans un acte de pur gratuité vers autrui.
(1)Christoph Théobald, Urgences Pastorales, Paris, Bayard, 2017, p. 171-173
Quelques milliers de notes et réflexions interactives sur la vie et la foi, à partir de lectures souvent théologiques et à la lumière d'un Autre... Petit "blog" catholique d'un apprenti théologien (Bac canonique), perdu dans l'immensité de la toile... (ordonné diacre en septembre 2018)...
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03 novembre 2017
09 octobre 2017
Triple contrainte et crédibilité
En fait, Theobald organise sa réflexion dès la page 54 selon une triple contrainte :
1. L'Évangile du règne de Dieu
2. La situation historique de la société
3. La figure de l'Église qu'il appelle à être crédible.
On perçoit bien combien ces trois pôles sont liés et demande en même temps une dynamique d'ajustement. Si l'Evangile nous habite, les changements du monde obligent à une adaptation constante qui influence même l'Eglise dans ses comportements.
C'est dans cet axe que la fidélité à l'aggiornamento prôné par le Concile Vatican II développe son propos jusqu'à deux exigences. Dépasser la tentation du rétroviseur (le passé était mieux, ce qui est un mythe) et adapter avec attention notre manière d'être pour rejoindre le monde dans sa quête, de "manière créatrice" (...) au-delà du "risque de folklorisation ou d'instrumentalisation" (1) pour s'ajuster au mieux au monde, le comprendre, le servir et l'habiter.
C'est l'enjeu d'une pastorale.
(1) Christoph Théobald, Urgences Pastorales, Paris, Bayard, 2017, p. 72
1. L'Évangile du règne de Dieu
2. La situation historique de la société
3. La figure de l'Église qu'il appelle à être crédible.
On perçoit bien combien ces trois pôles sont liés et demande en même temps une dynamique d'ajustement. Si l'Evangile nous habite, les changements du monde obligent à une adaptation constante qui influence même l'Eglise dans ses comportements.
C'est dans cet axe que la fidélité à l'aggiornamento prôné par le Concile Vatican II développe son propos jusqu'à deux exigences. Dépasser la tentation du rétroviseur (le passé était mieux, ce qui est un mythe) et adapter avec attention notre manière d'être pour rejoindre le monde dans sa quête, de "manière créatrice" (...) au-delà du "risque de folklorisation ou d'instrumentalisation" (1) pour s'ajuster au mieux au monde, le comprendre, le servir et l'habiter.
C'est l'enjeu d'une pastorale.
(1) Christoph Théobald, Urgences Pastorales, Paris, Bayard, 2017, p. 72
08 juin 2017
Panégyrique, épidictique, inductif ou pastoral
Un des apports de John W. O'Malley est de nous faire percevoir Vatican II à partir du contexte et de l'histoire. Les pages 68ss nous précisent le style comme panégyrique, épidictique et pastoral, à la différence du style plus canonique des conciles précédents. Pourquoi remplacer la loi et la condamnation par un appel à la conversion intérieure, à ce qu'on appelle aussi l'inductif ?
Le grand saut du Concile dans le monde de notre temps est de comprendre que les temps ont changé, que le monde n'est plus capable d'entendre des condamnations venues d'en haut, mais est avide de sens. Là est la dimension pastorale.
"Sa façon d'enseigner (...) passe par la suggestion, l'insinuation et l'exemple. Il a pour instrument la persuasion, non la contrainte". (1)
"Il vise la réconciliation (...) crée et encourage la prise de conscience" (...) travaille de l'intérieur vers l'extérieur (...) partage l'espérance et la joie" (2)
(1) L'événement Vatican II, ibid. p. 71
(2) p. 73
Le grand saut du Concile dans le monde de notre temps est de comprendre que les temps ont changé, que le monde n'est plus capable d'entendre des condamnations venues d'en haut, mais est avide de sens. Là est la dimension pastorale.
"Sa façon d'enseigner (...) passe par la suggestion, l'insinuation et l'exemple. Il a pour instrument la persuasion, non la contrainte". (1)
"Il vise la réconciliation (...) crée et encourage la prise de conscience" (...) travaille de l'intérieur vers l'extérieur (...) partage l'espérance et la joie" (2)
(1) L'événement Vatican II, ibid. p. 71
(2) p. 73
20 juillet 2016
Pastorale et discernement - 3
Continuons notre lecture de Spadaro. A propos de la fameuse phrase du Pape dans l'avion de retour de Rio sur le "si une personne est homosexuelle et qu'elle cherche Dieu, qui suis-je pour la juger ?", Spadaro précise une phrase suivante du pape :"la rencontre est l'objet d'un discernement"(1). Il n'y pas de tabous, ce qui compte c'est le kérygme, l'annonce de Jésus Christ plus qu'une pastorale "obsédée par la transmission désarticulée d'une multitude de doctrines à imposer avec insistance". Donner le goût de Dieu et l'éthique viendra par capillarité ajouterais-je. La rencontre du Crucifié nous conduit à l'essentiel et au sens de la loi et non l'inverse.
(1) Spadaro, op Cit p. 91ss
23 mai 2016
Ode à l'enfouissement
Les vingt dernières années, certains se sont attachés à déconstruire le chemin de leurs pères dans la foi, les accusant trop facilement de la déchristianisation. La réponse apportée nous a construit un monde docte, de savants, parfois trop sûrs d'eux, qui enseignent avec autorité mais à qui manque parfois une véritable sensibilité pastorale.
Le chemin idéal est probablement entre les deux, mais l'enfouissement n'est pas la cause principale de nos problèmes. Il fallait peut-être que les graines du moralisme exacerbé meurt pour que l'amour de l'Église rejaillisse du coeur de l'homme. Et l'enfouissement qui est en soi une figure évangélique de l'humilité et de la kénose est probablement une des voies prises par l'Esprit pour préparer les temps nouveaux. Si la formation est devenue nécessité, n'opposons pas trop les deux voies.
Cherchons l'unité dans une véritable démarche pastorale.
Cherchons l'unité dans une véritable démarche pastorale.
12 avril 2016
Réflexions pastorales - AL 35 à 38
Poursuivons notre lecture de La joie de l'amour. Les paragraphes 35 à 38 semblent opposer une pastorale de l'accompagnement à une morale du jugement. Personnellement j'ai toujours eu une préférence pour la première et n'est pas caché mon agacement aux manifestations contre la décadence du monde qui manque de "capacité dynamique pour montrer les chemins de bonheur (...) reflet des attitudes de Jésus qui en même temps (...) [propose] un idéal exigeant [sans renoncer] à une proximité compatissante avec les personnes fragiles, comme la Samaritaine ou la femme adultère" (AL 38).
On retrouve bien là la priorité pastorale de notre pape et son hôpital de campagne. J'ai conscience que cela peut heurter nos vaillants défenseurs de la morale, mais c'est ce qui différencie pourtant Jésus des Pharisiens en Jn 8.
Cf. A ce sujet mes développements dans Le vieil homme et la Perle.
01 avril 2016
Pastorale du seuil – 8 idées pour la mission
Notre monde a besoin de nouveaux terrains pour rencontrer Dieu. Le mot terrain, en soi, n’est pas choisi au hasard, tant il est vrai que nombreux sont ceux qui ne trouvent plus dans nos églises un attrait suffisant pour rejoindre nos communautés. Il nous faut donc trouver de nouveaux lieux où exercer notre mission de baptisés.
Le pape François nous appelle à
partir à la périphérie, à sortir donc de nos murs et installer
des hôpitaux de campagne, pour transmettre au monde la « caresse
de Dieu »(1). Habitués à cette pastorale du seuil, nous avons
à revisiter les lieux et les approches habituels. Il nous faut
trouver les clés d’entrée qui peuvent permettre aux chercheurs de
Dieu de rejoindre ce qui nous fait vivre. Pour cela, nous devons
accepter de quitter les chemins habituels, pour partir, à la suite
de Jésus sur les routes qui s’éloignent en apparence de
Jérusalem, ces chemins d’Emmaüs (Lc 24, 13-35) où l’écho
d’un tombeau vide résonne encore du cri et de l’absence
apparente de Dieu.
Après 25 ans en pastorale urbaine et 5
années passées en zone rurale, un changement qui a donné lieu pour
nous à une conversion du regard, tant les populations et les besoins
étaient différents, voici huit chemins identifiés comme
prioritaires, pour tenter d’atteindre le cœur de ces brebis
égarées sur les chemins du monde.
Une pastorale de l’humilité
La première leçon d’Emmaüs est de contempler le Christ qui ne se dévoile pas, ne joue pas les maîtres, mais accompagne sur un chemin dont il ne connaît pas toutes les pierres. Il a soif de la rencontre, interroge, reconnaît à chacun sa valeur propre et ne cherche pas à s’imposer, au point de disparaître à la fraction du pain.Une pastorale de la joie
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Une pastorale de la création
Une troisième leçon est celle de la contemplation. En mettant l’enfant au centre de son enseignement, il nous conduit à reconnaître que la naissance, l’enfance, la créature de Dieu est lieu de contemplation et d’étonnement. Et ce faisant, elle est chemin vers Dieu. C’est un atout de notre pastorale rurale, où nous rencontrons souvent des couples déjà parents, de les faire parler de la joie de leur paternité, comme lieu de rencontre avec le divin.Une pastorale de l’amour
L’amour, leur amour est aussi une clé d’entrée à Dieu. En les faisant contempler ce qui est né en eux, ce qu’ils vivent, voire les joies de leurs rencontres, nous pouvons les introduire à cet amour reçu, débordant qui nous vient de Dieu.Une pastorale de la miséricorde
Être accueillant, sans juger leur passé mais tout tourné vers l’avenir, c’est exercer la miséricorde d’un Dieu qui ne juge pas l’homme, veut guérir ceux qui sont marqués par des échecs et les inviter à une nouvelle danse.Une pastorale de l’engendrement
L’enjeu n’est-il pas de les rendre actifs, engagés, leur révéler ces clés intérieures qu’ils portent en eux et peuvent libérer sur les chemins de Dieu ? Il est étonnant de voir combien certains, à l’issue de nos rencontres, accueillis, portés par la dynamique d’un groupe qui les a valorisés, souhaitent aller plus loin. C’est cela l’engendrement : réveiller l’envie de faire église.Une pastorale de la Parole
La Parole de Dieu, partagée, découverte ensemble, quand elle est source de dialogue, d’échange et de vie, réconcilie l’homme avec l’Évangile, lui montre combien il rejoint l’aujourd’hui de chacun.Une pastorale de la souffrance
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Conclusion
On le voit, les clés sont nombreuses et les moyens d’y parvenir semblent délicats. Pourtant, cette petite liste semble prioritaire. Si nous omettons de nous y référer, nous risquons de passer à côté de l’essentiel, de plaquer un discours, une morale, là où ils cherchent des chemins. Le travail de Dieu en l’homme nous échappe. En ouvrant ces huit portes, nous travaillons à le faciliter.(1) Pape François, Homélie à Sainte Marthe du 7/4/2014
Pour aller plus loin :
1) Pape François, La joie de l'Evangile
2) W. Kasper, La miséricorde
3) Théobald / Bacq, La pastorale d'engendrement
4) C. Hériard Pastorale du seuil / Où es-tu, mon Dieu ? - Souffrance et création / Chemins d'Evangile / Aimer pour la vie, essai de spiritualité conjugale / Humilité et miséricorde (à paraître)
07 novembre 2015
Parler d'absolu
Les critiques du relativisme sont nombreuses dans l'Église. Elles sont parfois la voix de ceux qui prêchent un arc-boutisme sur la Tradition avec un grand T. Loin de moi l'idée de critiquer l'oeuvre de la tradition, mais la loi n'a de sens que pour montrer à chacun un chemin intérieur, une conversion profonde et véritable qui nous travaillent personnellement, au fond de nos particularités et de nos adhérences (1).
Si l'on conjugue morale avec le commandement de ne pas juger autrui, il nous reste peu de champ, sauf à trouver un sens éthique à notre vie, un éclairage intérieur. Pour autant, nous avons aussi à refuser le relatif facile.
Jean Paul Il le rappelait au prêtres : "au milieu des hommes de cette génération, si plongés dans le relatif, vous devez être des voix qui parlent d'absolu" (2).
Qu'est ce que l'absolu ? Balthasar parlerait probablement d'un "Retour au centre" : Le Christ, qui nous révèle l'amour infini de Dieu, son don incommensurable et l'appel à un "destin de plénitude" (3)
(1) je préfère ce mot à celui galvaudé de "péché", même si cela sent le relativisme.
(2) Bologne, 18 avril 1982, cité in "Avec vous je suis prêtre", Archevêché de Lyon, p. 40.
(3) Pape François, Laudato Si, LS § 100, édition commentée par le Ceras, Lessius, Ceras, Jésuites 2015, p. 100.
02 octobre 2015
Le risque de la soumission
Sous ce titre se cache le lent travail intérieur de Madeleine Delbrel à la suite de l'interdiction des prêtres ouvriers. Il faudrait citer toutes ces pages (1) ce que le respect des droits d'auteur m'interdit. Une révolte intérieure s'y lit face à l'incompréhension compréhensible de cette décision qui met un arrêt brutal à 10 ans d'élan missionnaire de ce que notre pape actuel appellerait peut-être (ironie du temps) un essai brillant d'Église en sortie, qui n'hésite pas à "marcher dans la boue" (cf. Evangelii Gaudium).
En 1954, les choses sont moins simples et Madeleine s'interroge intérieurement sur les causes de cet échec. Si l'on sent son attachement à l'Église, souvent cité dans ces pages, elle note qu'il y a aussi une question plus structurelle qui demeure, celle de cet "énorme péché collectif" (2) qui a conduit à ce gouffre entre l'Église et le monde. L'athéisme contemporain n'est pas né par hasard, à nous de percevoir ce qui dans nos indifférences à pu le conforter. Car cette question de la pastorale du seuil, sur laquelle je ne cesse d'écrire reste l'enjeu de notre temps. Je suis sensible à cet égard à ce que dit une étude américaine récente qui interpelle la réalité même de notre vie en Christ. Tant que celle ci reste façade, tant que le Christ ne rayonnera pas dans le jusque au bout de nos choix, nous ne serons que des cymbales qui résonnent. Hier soir je contemplait le chemin de deux amis étudiants en théologie avec moi. L'une est partie en Colombie dans une oeuvre pastorale de première qualité, l'autre est médecin des réfugiés porte de Saint Ouen. Si la théologie conduit à cela, elle est force de l'Esprit. A leurs côtés je me sens petit....
(1) Madeleine Delbrel, Nous autres gens des rues, op Cit p. 133 à 144
(2) ibid p. 144
16 septembre 2015
Cohérence 5 - Exodus
J'ai regardé récemment avec ma nièce le film Exodus, dont la mise en scène est plus que retravaillée par rapport au texte original, même si l'on retrouve beaucoup de liens avec le texte. Le résultat est désolant. Il met notamment en lumière l'abominable récit des plaies d'Egypte dans toute son horreur. Il en ressort, et c'est peut être le but recherché, une idée de Dieu pas très "catholique" renforcée par le gamin qui semble représenter Dieu et qui n'est qu'un morveux, prétentieux et colérique. Difficile d'en faire une pastorale, sauf à en venir à déconstruire l'historicité du récit, ce qui est fondé en historico-critique mais pose des problèmes plus vastes en pastorale.
Doit-on en venir là ? Auprès d'adultes c'est jouable. Auprès de jeunes, cela soulève des questions et en ouvre d'autres. Qu'est ce qui reste crédible si une partie du texte ne l'est plus ? Il faut peut être passer par là. Pour l'instant je me contentais de souligner la lecture spirituelle qu'en fait Grégoire de Nysse dans sa vie de Moïse. C'est plus soft que de dire que rien/peu n'est fondé historiquement... en tapant dans la fourmilière on fait sortir beaucoup d'insectes... est-on prêt ?
07 juin 2015
Le bon pasteur
Je parle souvent dans ce blog de tension théologique. Il y a dans ces lignes ce que je qualifierai d'une saine tension "pastorale" :
"Celui qui guide et qui a le courage de donner par la foi une direction claire et sûre (...) mais également celui qui réagit (...) avec compréhension, compassion et patience envers ceux qu'il rencontre (....) capable de dire la vérité dans la charité."
"Celui qui guide et qui a le courage de donner par la foi une direction claire et sûre (...) mais également celui qui réagit (...) avec compréhension, compassion et patience envers ceux qu'il rencontre (....) capable de dire la vérité dans la charité."
W. Kasper, serviteur de la joie, op. cit. p. 85
21 mai 2015
Mea culpa ?
Les pas du chercheur parviennent à des impasses et il lui faut parfois faire marche arrière, reconnaître qu'il s'est perdu, qu'il a pris un mauvais chemin.
En poursuivant ma lecture du dernier livre de Walter Kasper et ses pages sur la mauvaise miséricorde, la miséricorde bon marché qui ne fait pas grandir, j'en viens à douter sur ma bonhomie pastorale, ma tendance à excuser l'homme pécheur sous prétexte de le rejoindre.
Est-ce que je suis tombé dans ce travers en écrivant "Pastorale du seuil" ? Il y a quelques semaines je terminais un tour de table avec des futurs mariés. Ils venaient de se présenter, chacun traduisant à sa façon leurs difficultés à croire en l'amour pour toujours, leurs histoires reflétant leurs hésitations envers l'engagement du mariage. Sur les 7 couples, tous avaient déjà construit leur vie sans passer par l'Eglise. Ils avaient tous des enfants. Bien sûr ils étaient là, mais sur la pointe des pieds. Ce que voyant l'un d'eux a dit soudain :
- si je résume, nous sommes tous dans le péché.
Bien sûr, sa remarque nous cherchait, nous les animateurs au profil bien "catho".
Je lui ai répondu par une pirouette, ne condamnant pas leur passé mais essayant d'ouvrir un avenir "en Dieu". Tâche difficile. Est-ce qu'une morale aurait été utile à ce stade ? Il me semble que non. Comme le glissait un jour un évêque, la morale sert à juger nos propres actes, pas ceux des autres.
Un chemin pastoral, à l'écoute du fils prodigue, consiste d'abord à courir à la rencontre du pécheur, lui redonner le goût de l'amour du Père avant d'oser proposer la phrase qui fait grandir : "relève toi" et "ne péche plus" (Jn 8). Plus encore, il me semble que cette phrase ne peut être prononcée que du bout des lèvres, que ce n'est même pas à nous de la dire mais au chercheur de Dieu de la découvrir dans son chemin de foi, à travers sa marche au désert.
Idéalement, ce n'est probablement pas à nous de la prononcer mais à l'Esprit qui réside au coeur de l'homme, celui qu'il découvre en avançant. Comme le souligne M. Rondet, nous n'avons pas à les enfermer dans la sécurité d'un port mais les accompagner sur le chemin, trouver avec eux les pierres qui rendent leur route plus difficile...
A cela répond à sa manière Kasper en citant Ezéchiel : si tu laisses ton frère dans le péché c'est sur toi que retombera la faute. Il a peut être raison. Encore faut-il probablement lui opposer la remarque de Jésus : "ils chargent les autres de poids qu'ils ne peuvent porter eux mêmes". Entre miséricorde, morale et chemin pastoral, le sentier est étroit.
Une tension théologique ?
PS: vos commentaires sont les bienvenus...
08 mai 2015
Science théologique et pastorale
La théologie nest pas une science. C'est probablement encore moins le cas de digressions théologiquo-pastorales. Un passage de Balthasar me conforte un peu...
"Si la science théologique (...) abaissait insensiblement son centre, jusqu'au niveau des autres sciences, il en résulterait forcément un nouveau judaïsme, dans lequel seuls les "docteurs de la loi" seraient compétents pour expliquer la parole de Dieu, tandis que l'homme simple resterait tout au plus un amateur dans l'intelligence de la foi" (1)
Plus loin le théologien précise sa pensée : "le sanctuaire de la théologie se trouve plutôt dans la rhapsodie que dans le discours orienté vers l'extérieur et tendant à distinguer et définir. Ignace d'Antioche est-il un théologien ? Et Origène dans ses homélies et commentaires ? " (2). Au delà de la dissection universitaire, il me semble qu'il reste une place pour la simple contemplation, qui n'est pas science mais manducation et lecture spirituelle.
(1) Hans Urs von Balthasar, La Gloire et la Croix, tome 1, op Cit. p. 63
(2) ibid. p. 64
15 avril 2015
Où es-tu mon dieu ?
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Extrait : Où est Dieu ? Est-il tout-puissant ? S’il l’est, pourquoi n’agit-il pas ? Et s’il agit, comment ? L’idée d’un Dieu créateur du beau peut-elle persister alors que nous ne cessons d’être confrontés à « l’horreur du mal » ? Toutes ces questions restent de l’ordre du mystère. Ici, tout chercheur doit reconnaître à la fois son incompétence et sa révolte. Et pourtant, il serait dommage de poser la plume, tant cette question reste au cœur du refus de nos contemporains d’adhérer à toute idée de Dieu. S’ils ne peuvent tolérer que le monde ne soit pas parfait, que la création ait des « ratés » et que l’horreur reste possible, qu’elle soit liée au mal de faute (la violence des hommes) ou au mal de peine (la nature et ses dérèglements) , la place de Dieu reste en question.
Où es-tu mon Dieu ? fait suite à mon mémoire de licence : "Quelle espérance pour l'homme souffrant ?".
28 février 2015
Chemins d'Évangile - Une lecture des pastorale des quatre évangiles
Pour les habitués de ce blog, vous avez du suivre mes travaux de lectures cursives qui m'ont conduit progressivement de Marc, à Jean, puis de Luc aux Actes et à Paul.
Ces travaux viennent d'être complétés par une lecture cursive et synoptique de Matthieu, permettant de publier en un seul tome à prix coûtant une lecture commentée des 4 évangiles, sous le titre de "Chemins d'Évangile".
Cette initiation à la lecture des quatre évangiles (815 pages) comprend une progression. Si l'évangile de Marc n'était accompagné que de quelques notes explicatives sur certaines expressions difficiles, la lecture de Luc puis de Matthieu et Jean font l'objet de commentaires de plus en plus détaillés (analyse narrative, transverse, théologique et spirituelle) et profite notamment des apports des dernières recherches en historico-critique (à travers l'oeuvre magistrale de John P. Meier, déjà commentée dans ce blog).
Ce recueil reste disponible en quatre tomes séparés, dont :
- "Chemins de Miséricorde (Luc)",
- "Chemins croisés (Matthieu)"
- et "À genoux devant l'homme" (Évangile selon saint Jean).
Cette lecture contemplative et pastorale est un chemin pour découvrir seul ou avec d'autres les trésors de l'Évangile. Comme vous le savez, j'accompagne plusieurs groupes de lecture d'Évangile. Ce travail est surtout une longue expérience pastorale de la "périphérie". Il présente un travail de recherche personnel sur l'Ecriture qui se complète par "Chemins d'Église" (lecture commentée des Actes des apôtres) et "Serviteur de l'homme, kénose et diaconie" (une lecture des lettres attribuées à saint Paul).
Le texte, présenté en support est tiré de la version Crampon de 1910.
Ces travaux viennent d'être complétés par une lecture cursive et synoptique de Matthieu, permettant de publier en un seul tome à prix coûtant une lecture commentée des 4 évangiles, sous le titre de "Chemins d'Évangile".
Cette initiation à la lecture des quatre évangiles (815 pages) comprend une progression. Si l'évangile de Marc n'était accompagné que de quelques notes explicatives sur certaines expressions difficiles, la lecture de Luc puis de Matthieu et Jean font l'objet de commentaires de plus en plus détaillés (analyse narrative, transverse, théologique et spirituelle) et profite notamment des apports des dernières recherches en historico-critique (à travers l'oeuvre magistrale de John P. Meier, déjà commentée dans ce blog).
Ce recueil reste disponible en quatre tomes séparés, dont :
- "Chemins de Miséricorde (Luc)",
- "Chemins croisés (Matthieu)"
- et "À genoux devant l'homme" (Évangile selon saint Jean).
Cette lecture contemplative et pastorale est un chemin pour découvrir seul ou avec d'autres les trésors de l'Évangile. Comme vous le savez, j'accompagne plusieurs groupes de lecture d'Évangile. Ce travail est surtout une longue expérience pastorale de la "périphérie". Il présente un travail de recherche personnel sur l'Ecriture qui se complète par "Chemins d'Église" (lecture commentée des Actes des apôtres) et "Serviteur de l'homme, kénose et diaconie" (une lecture des lettres attribuées à saint Paul).
Le texte, présenté en support est tiré de la version Crampon de 1910.
10 juillet 2014
Moingt III - L'évangélisation
L'évangélisation, nous précise Moingt, "n'est pas quelque chose qui se faisait dans les églises (...) elle se faisait dans la rue (...) dans les maisons." Il évoque ainsi Zachée et le fameux "il faut que Je demeure chez toi". Le Christ, souligne-t-il, n'a pas prononcé un mot de religion. Pas de rite... "il n'a pas fait la morale ... [il y a eu seulement] un rapport humain vrai. C'est certainement ça la tâche la plus noble, la plus urgente de l'évangile.*" Ce n'est qu'après que l'on peut prononcer le nom de Dieu, ajoute le théologien.
Cela fait résonner en moi ce que l'on cherche à faire pour l'avent 2014. Veux-t-on conduire à l'église, les peuples sans berger, leur servir un plat tout fait, une messe solennelle, où s'agit-il d'habiter chez eux, de signifier que l'on veut demeurer avec eux. Qu'elle est la véritable "pastorale des périphéries" que l'on veut mettre en place. Pour moi, la réponse est ailleurs. Peut-être ici.
L’Évangile sauvera l'Église, op. cit. p. 46ss
16 avril 2014
Les écueils de l'évangélisation - II - Divorcés remariés
Dans le premier post sur ce sujet, j'évoquais parmi les écueils, la difficile question d'une pastorale des divorcés remariés, mais aussi des homosexuels, deux chemins sur lesquels j'ai déjà commencé des travaux de recherche à travers "Le vieil homme et la perle" (tome 1 à 3) puis tome 4.
J'ai eu la chance de diner la semaine dernière avec trois théologiens dont l'un des plus grands théologiens moralistes actifs et nous avons évoqué ce sujet, cette faille pastorale comme un des enjeux majeurs de notre Eglise. Bien sûr, je ne suis qu'un petit chercheur sur ce chemin. J'aimerai avoir leur science. La mienne n'est qu'une intuition pastorale.
Il y a actuellement deux courants dans l'Eglise qui se croise et une "tension théologique" qui se précise entre les partisans d'une morale autoritaire et ceux qui ont le souci d'une pastorale "de la faiblesse". Ceux qui connaissent mes écrits sur le Dieu de faiblesse (1), savent vers quel côté je penche. On ne peut qu'espérer que les conclusions du synode en cours n'oublieront pas qu'au delà des débats théologiques, il y a une faille qui s'écarte progressivement entre les "biens pensants" et le monde. Certes le sujet est délicat et il convient de travailler les nuances. Mais la contemplation de Jean 8 doit continuer à nous interpeller. Les pharisiens, dans ce récit, sont debout. Jésus, quant à lui, effectue une "danse", celle qui s'abaisse vers la femme, trace des traits qui s'effacent, et en se relevant, relève la femme blessée et l'invite à marcher (2).
A cet égard, je suis touché, par le commentaire d'une lectrice, marquée par son divorce et son remariage : "Le rite du lavement des pieds tel qu'il est raconté par Claude dans son livre "Le vieil homme et la perle" est éblouissant de signification et tire les larmes du corps, ou de l'âme ..." Espérons que ce chemin soit un jour utile à d'autre...
(1) Cf. "A genoux devant l'homme"
(2) voir aussi mon commentaire dans le même ouvrage
J'ai eu la chance de diner la semaine dernière avec trois théologiens dont l'un des plus grands théologiens moralistes actifs et nous avons évoqué ce sujet, cette faille pastorale comme un des enjeux majeurs de notre Eglise. Bien sûr, je ne suis qu'un petit chercheur sur ce chemin. J'aimerai avoir leur science. La mienne n'est qu'une intuition pastorale.
Il y a actuellement deux courants dans l'Eglise qui se croise et une "tension théologique" qui se précise entre les partisans d'une morale autoritaire et ceux qui ont le souci d'une pastorale "de la faiblesse". Ceux qui connaissent mes écrits sur le Dieu de faiblesse (1), savent vers quel côté je penche. On ne peut qu'espérer que les conclusions du synode en cours n'oublieront pas qu'au delà des débats théologiques, il y a une faille qui s'écarte progressivement entre les "biens pensants" et le monde. Certes le sujet est délicat et il convient de travailler les nuances. Mais la contemplation de Jean 8 doit continuer à nous interpeller. Les pharisiens, dans ce récit, sont debout. Jésus, quant à lui, effectue une "danse", celle qui s'abaisse vers la femme, trace des traits qui s'effacent, et en se relevant, relève la femme blessée et l'invite à marcher (2).
A cet égard, je suis touché, par le commentaire d'une lectrice, marquée par son divorce et son remariage : "Le rite du lavement des pieds tel qu'il est raconté par Claude dans son livre "Le vieil homme et la perle" est éblouissant de signification et tire les larmes du corps, ou de l'âme ..." Espérons que ce chemin soit un jour utile à d'autre...
(1) Cf. "A genoux devant l'homme"
(2) voir aussi mon commentaire dans le même ouvrage
04 mars 2014
Devenir sacramentel - II
Poussons plus loin le raisonnement. J'avance dans le vide d'une recherche sans frontière. On a parlé du mariage à étape. En charge d'une pastorale du seuil depuis plus de 20 ans, je me suis toujours demandé comment faire pour proposer à ceux que je rencontre, de plus en plus éloignés de l'Eglise mais quand même intéressés par le mariage (pour des raisons qui vont de l'esthétique du porche de l'église à l'attrait du sacré ou à la présence d'une flamme inconnue en eux), un chemin qui respecte leurs hésitations et les engage sur un chemin qui ne force pas.
Peut-on proposer un mariage qui soit indissoluble par désir* (sinon on ouvre la porte au mariage jetable), mais qui ne soit pas encore sacramentel ? Charge à eux, de découvrir à terme, que leur engagement est à parfaire, que le travail de la grâce non sacramentelle reçue dans le cadre d'une simple prière de bénédiction (au seuil de l'église par exemple) peut être confirmée ensuite, comme un baptême d'enfant devient confirmé par la confirmation d'un adolescent ou jeune adulte. C'est respecter le chemin et ne pas surcharger de sens.
On me dira, et j'entends, voir je partage, que le sacrement agit en l'homme au delà de son désir. C'est vrai. Mais peut-être qu'il existe un entre-deux à trouver.
Il y a parfois la projection du célébrant sur une réalité qui demande encore à être épurée...
Il y a souvent une maturité à construire. Moi-même, pécheur pardonné, je dois l'admettre, n'ai pris conscience de mon engagement que deux ans après mon mariage...
Quel sera le statut de ce premier passage ? Pourra-t-on le rompre et quel conséquence sur les intéressés ? Cela pose bien sûr de nombreuses questions. Je pense que l'on pourrait concevoir, en regard, que ces bénédictions du seuil peuvent faire l'objet d'une reconnaissance de nullité, de manière plus automatique que le mariage sacramentel. On le voit... Ces propos décousus posent des problèmes. Il mérite pourtant que l'on y réfléchisse.
* J'entends qu'il s'engage à cette indissolubilité même s'ils sont conscients de la fragilité de cet engagement.
Peut-on proposer un mariage qui soit indissoluble par désir* (sinon on ouvre la porte au mariage jetable), mais qui ne soit pas encore sacramentel ? Charge à eux, de découvrir à terme, que leur engagement est à parfaire, que le travail de la grâce non sacramentelle reçue dans le cadre d'une simple prière de bénédiction (au seuil de l'église par exemple) peut être confirmée ensuite, comme un baptême d'enfant devient confirmé par la confirmation d'un adolescent ou jeune adulte. C'est respecter le chemin et ne pas surcharger de sens.
On me dira, et j'entends, voir je partage, que le sacrement agit en l'homme au delà de son désir. C'est vrai. Mais peut-être qu'il existe un entre-deux à trouver.
Il y a parfois la projection du célébrant sur une réalité qui demande encore à être épurée...
Il y a souvent une maturité à construire. Moi-même, pécheur pardonné, je dois l'admettre, n'ai pris conscience de mon engagement que deux ans après mon mariage...
Quel sera le statut de ce premier passage ? Pourra-t-on le rompre et quel conséquence sur les intéressés ? Cela pose bien sûr de nombreuses questions. Je pense que l'on pourrait concevoir, en regard, que ces bénédictions du seuil peuvent faire l'objet d'une reconnaissance de nullité, de manière plus automatique que le mariage sacramentel. On le voit... Ces propos décousus posent des problèmes. Il mérite pourtant que l'on y réfléchisse.
* J'entends qu'il s'engage à cette indissolubilité même s'ils sont conscients de la fragilité de cet engagement.
19 janvier 2014
Les écueils de l'évangélisation - Avis de recherche
Ci-joint le premier jet d'un travail à approfondir. Pardon, pour une fois, d'être long.
Ces pages sont susceptibles d'être éditées. Version en ligne : 2
Ces pages sont susceptibles d'être éditées. Version en ligne : 2
a) Nécessité et limites d'un agir
missionnaire
Depuis plusieurs dizaines d'années le
lent effritement de l'Église dans nos sociétés développées fait
naître des questions sur le besoin d'une nouvelle évangélisation.
Déjà, Paul VI dans un texte que nous ne voulons ignorer,
« Evangelii Nutiandi, sur l'évangélisation dans le mondemoderne » publié le 8 décembre 1975, soulignait à la fois
l'enjeu de cette annonce, mais insistait, non sans raison, sur :
- sur l'importance d'une conversion préalable de l'évangélisateur lui-même, comme le nécessaire « renversement intérieur que l'Évangile désigne sous le nom de “ metanoia ”, une conversion radicale, un changement profond du regard et du cœur » §10.En effet, dit-il, il n'y a pas « il n’y a pas d’humanité nouvelle s’il n’y a pas d’abord d’hommes nouveaux, […] et une vie selon l'Évangile. » § 18
- et sur la primauté du témoignage d'une vie doit être pour lui, la clé première : « Voici un chrétien ou un groupe de chrétiens qui, au sein de la communauté humaine dans laquelle ils vivent, manifestent leur capacité de compréhension et d’accueil, leur communion de vie et de destin avec les autres, leur solidarité dans les efforts de tous pour tout ce qui est noble et bon. Voici que, en outre, ils rayonnent, d’une façon toute simple et spontanée, leur foi en des valeurs qui sont au-delà des valeurs courantes, et leur espérance en quelque chose qu’on ne voit pas, dont on n’oserait pas rêver. Par ce témoignage sans paroles, ces chrétiens font monter, dans le cœur de ceux qui les voient vivre, des questions irrésistibles : Pourquoi sont-ils ainsi ? Pourquoi vivent-ils de la sorte ? Qu’est-ce — ou qui est-ce — qui les inspire ? Pourquoi sont-ils au milieu de nous ? Un tel témoignage est déjà proclamation silencieuse mais très forte et efficace de la Bonne Nouvelle. » § 21
b) Écouter le monde
« Malheur à moi si je
n'évangélise pas », dit-il plus loin, citant 1 Co 9, 16. Et
pourtant, l'élan missionnaire des premiers chrétiens doit-il se
faire avec la même verve dans un monde qui rejette si
profondément le message apparent de l'Église ? N'y-a-t-il pas,
d'une certaine manière, avant de sortir l'étendard des vertus
évangéliques et revendiquer l'autorité de l'Église, une attention
particulière à avoir sur les nouvelles souffrances de notre temps.
Nous devons entendre le cri du monde,
dans sa complexité (cf. ibid § 17), avant d'imposer nos valeurs. Pourquoi ? Pas
seulement parce que le monde s'est détourné de Dieu, mais peut-être
parce qu'une partie du message de l'Église a été mal transmis, ou a
brouillé le message.
On peut lire avec intérêt sur ce thème le livre cité dans un des posts précédent (Confession d'un cardinal). Le pape François ne nous invite-t-il pas lui-même à la prudence : « je préfère une Église accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu’une Église malade de la fermeture et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités. Je ne veux pas une Église préoccupée d’être le centre et qui finit renfermée dans un enchevêtrement de fixations et de procédures » EvangeliiGaudium § 49
On peut lire avec intérêt sur ce thème le livre cité dans un des posts précédent (Confession d'un cardinal). Le pape François ne nous invite-t-il pas lui-même à la prudence : « je préfère une Église accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu’une Église malade de la fermeture et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités. Je ne veux pas une Église préoccupée d’être le centre et qui finit renfermée dans un enchevêtrement de fixations et de procédures » EvangeliiGaudium § 49
Pourquoi une église sale, blessée,
voire « pécheresse » comme le suggère certains
théologiens comme Moltmann ou Küng doit-elle être préférée à
l'Église triomphante, dénoncée par Mgr de Smedt au concile ?
Parce que la rencontre de l'homme
moderne ne peut se faire, à mon avis, que dans la fragilité et la
tendresse de Dieu.
- Le message des petits aux petits
Il y a probablement « un travail
intérieur et pastoral à
articuler, qui n’est pas éloigné, nous
le verrons, de celui
qu’a fait Dieu en se révélant à l’homme(*)».
Pourquoi est-il nécessaire ? Probablement parce que l'homme qui
peut être touché par Dieu est un être souffrant. Or, devant la
souffrance, il y a, peut-être, plus qu’ailleurs, d’abord
nécessité de se taire. Se taire permet d’entendre la révolte
cachée. À négliger ce temps, « on risque de nier l'humanité
de la personne et de proposer une parole chrétienne plaquée qui ne
peut produire son effet d'humanisation (1)».
Le
silence, dit K. Rahner, après une méditation sur la nuit de
l’Esprit, est chemin : « Tu as voilé ton Amour
dans l'ombre de Ton Silence. Tu m'as délaissé pour m'obliger à te
trouver (2) ... » Ce silence qui suit le cri, y compris celui
du « tombeau vide »(3), est de fait l’antichambre de la
venue en l’homme d’une présence plus intérieure(4). La
difficulté est que cette venue, cette brèche, évoquée par J.
Daniélou(5), est peut-être justement un lieu pastoral. Il faut
néanmoins que la personne souffrante ne demeure pas dans ce cri et
parvienne à découvrir autre chose.
En
disant cela, on ne s'éloigne pas du chemin de Dieu vers l'homme, de
son agenouillement. N'est-ce pas celui de Jésus devant la
Samaritaine (cf. Jn 4), qui commence par partager sa souffrance en lui disant,
avant tout discours : « J'ai soif ». J'ai soif de
toi. Une évangélisation qui ne se met pas humblement à genoux devant l'homme avant de porter le message d'une joie intérieure et
fragile, n'est pas « évangélique ».
Dans
l'humilité et la fragilité, une rencontre est possible. La kénose
est ce chemin que Dieu nous montre, pour nous conduire à cette union
des souffrants, que nous ne pouvons regarder de haut. D’ailleurs,
note avec justesse X. Thévenot, « il y a un personnage qui a
réussi à rejoindre Jésus dans sa souffrance, alors que les autres
l'injurient ou se taisent. C'est justement un personnage qui souffre
également. C'est le Bon Larron(6)».
Ce renoncement n’est pas effacement,
mais amour. Comme le note D. Brown : « [le] plus
problématique [...] dans les diverses analogies kénotiques est
celui qui affirme, sans poser de questions, que dans la kénose Dieu
entrait dans une forme d'existence inférieure plutôt que dans une
sorte d'être différente. Bien entendu, elle était inférieure au
sens où il y avait moins de puissance, de connaissance, et ainsi de
suite, mais cela ne comporte aucune implication nécessaire d'un
moindre degré de valeur ou d'accomplissement potentiel dans cette
forme d'existence très différente(7). » L’amour d’un Dieu
souffrant n’est pas celui d’un sous-dieu. C’est celui qui nous
entraîne ailleurs, fait prendre conscience que « seul l’amour
est digne de foi(8)» et que la chaîne humaine qui peut prendre
naissance en faisant Église, permet d’engendrer mutuellement dans
la foi.
D’une
certaine manière, on rejoint les propos rassemblés par P. Bacq et
C. Théobald lorsqu’ils tracent le chemin d’une pastorale
d’engendrement(9). On peut discuter les moyens « kénotiques
(10) » qu’ils défendent. Il me semble que la lente
manducation de la Parole, la redécouverte de l’histoire d’un
peuple souffrant comme celle d’un Dieu souffrant, notamment par la
lectio divina (11),
demeure le chemin vers la découverte de l’amour, et par delà
l’amour, de l’espérance d’une vie après la mort.
Ce
chemin s’insère dans l’un des trois axes principaux d’une
pastorale de proposition(12), au titre de la diaconie (13) (servir la
vie des hommes). Il n’exclut pas, mais complète et prépare les
autres approches, y compris la liturgie.
Nous
l’avons vu, il n’existe pas pour autant de réponse pastorale
idéale. Le risque peut être de s’arrêter trop vite aux premiers
temps, sans permettre d’aller plus loin. Le travail d’une
pastorale d’engendrement peut être celui qui passe de l’accueil
de l’émotion à « une opération de symbolisation,
c'est-à-dire favoriser un passage d'une émotion brute à une
émotion élaborée et symbolisée en la reliant. En la reliant au
passé et au futur de la personne, à son entourage, à Dieu, à un
message comme celui de l'Évangile. L'émotion brute fige la personne
alors que la symbolisation redonne de la vie par fluidification, par
relation reconstituée(14)».
C’est
probablement dans l’articulation mesurée de ces approches et de
ces accompagnements que l’on pourra trouver un moyen de réduire
les rejets que la souffrance a générés.
- Des souffrances que l'on ne peut ignorer.
Parmi les principaux
écueils actuels à l'évangélisation, on ne peut que citer quelques
sujets qui fâchent et notamment une nécessaire et urgente pastorale
vis-à-vis des blessés de la vie que sont l'ensemble des souffrants
au sein duquel on peut et doit compter les divorcés remariés, les
homosexuels, les femmes marquées par l'avortement ou par la
violence.
Une pastorale qui
s'attaque pas déjà à ces lieux où l'Église est pour l'instant
absente ne pourra qu'ériger un discours qui passera à côté de
ceux qui sont le plus marqués par le rejet de l'Église. Or le
message ne peut être qu'universel, si le mot catholique veut prendre
son sens le plus complet.
e) Des pistes à trouver
Il n'y a pas qu'un chemin vers le coeur de l'homme. Danièle Hervieu Léger, dans un de ses ouvrages parlait de ces multiples voies (culturel, social, tradition, sensible) qui sont autant de failles. On ne peut articuler une seule voie d'évangélisation mais réfléchir ensemble à des pistes et des sentiers qui mettent la priorité sur l'écoute et la fragilité et permettent de faire sentir qu'il ne s'agit pas d'abord d'une morale, mais bien d'une joie, celle d'un évangile qui parle au coeur de l'homme, le transforme de l'intérieur et le fait grandir.
f) Un inépuisable travail
de recherche.
Ce blog a déjà recensé
plusieurs ouvrages qui m'ont accompagné sur ce chemin et me semblent
utiles pour avancer sur cette piste.
Citons, au risque d'en
omettre beaucoup mes dernières lectures (notamment dans le cadre de mon travail sur la souffrance - cf. plus loin) :
- Exégèse
Asurmendi, Jesus, Job,
Paris, Éditions de l’Atelier, 1999.
Balmary, Marie, Le
sacrifice interdit, Paris, Seuil, 1994
Beauchamp, Paul, Cinquante
portraits bibliques, Paris, Seuil, 2000.
Beauchamp, Paul, La Loi
de Dieu, Paris, Seuil, 1999.
Beauchamp, Paul, L'un
et l'Autre Testament, Seuil, 1976.
Buis, Pierre, Le
livre des Rois, Paris, Librairie Lecoffre, J. Gabalda et Cie, «
Sources Bibliques », 1997.
Pury (Albert de), Le
Pentateuque en question, Genève, Labor & Fides, 1989.
Savran,
George W., Encountering
the divine, theophany in Biblical Narrative, London
& New York, T&t Clark Ltd, 2005.
Wenin, André, L’homme
biblique, Lectures du Premier Testament, Paris, Cerf, 2004
2. Philosophie
Jonas, Hans, Le
principe responsabilité, Flammarion, Insel Verlag, 1979, Cerf
1990.
Lévinas, Emmanuel,
« Transcendance et Mal », Dieu qui vient à l’idée,
Paris, Vrin, 1982, texte repris dans Nemo, Phillipe, op. cit. Job
et l’excès du mal, Paris, Albin Michel, 1999, p. 143ss
Lévinas, Emmanuel,
Autrement qu’être ou au-delà de l’essence, La Haye,
Martinus Nijhoff, 1974.
Marion, Jean-Luc, « La
conscience du don », Jean-Noël Dumont et Jean Luc Marion, Le
Don, Colloque interdisciplinaire, Lyon, Le Collège supérieur,
2001.
Marion, Jean-Luc, Étant
donné, Paris, PUF, Collection Epithémée, 1997.
Nemo, Philippe, Job et
l’excès du mal, Paris, Albin Michel, 1999.
Porée, Jacques, Le
mal, Homme coupable, homme souffrant, Paris, Armand Colin/HER,
2000.
Ricœur, Paul, Philosophie
de la volonté, notamment le tome 2, Finitude et culpabilité,
Paris, Aubier, 1960.
Ricœur, Paul, Le mal,
un défi à la philosophie et la théologie, Genève, Labor et
Fides, 1996.
Sibony, Daniel, Don de
soi ou partage de soi ? le drame Lévinas, Paris, Odile
Jacob Poches 2004.
3. Études théologiques
Antony, Arockia
Savariappan, Les funérailles chrétiennes, un évènement
ecclésial, Mémoire de licence canonique, sous la dir. d'Hélène
Bricout, Paris, Institut catholique de Paris, ISL, 2012.
Barth, Karl, L’humanité
de Dieu, Genève, Labor et Fides, 2e Édition, 1956.
Brown, David, La
tradition kénotique dans la théologie britannique, Paris, Mame
Desclée, 2010.
Cantalamessa, Raniero La
vie dans la Seigneurie du Christ, Le message spirituel de l’épître
aux Romains, Paris-Montréal, Cerf-Médiaspaul, 2010.
Corbin, Michel, La vie
de Moïse selon Grégoire de Nysse, Paris, Cerf, 2008.
Daniélou, Jean, La foi
de toujours et l’homme d’aujourd’hui, Paris, Beauchesne,
1969.
Daniélou, Jean,
Platonisme et théologie mystique, Essai sur la doctrine
spirituelle de saint Grégoire de Nysse, Paris, Aubier, 1947.
Gesche, Adolphe, Dieu
pour penser – I, Le Mal, Paris, Cerf, 1993.
Garrigues, Jean-Michel,
Dieu sans idée du mal, La liberté de l’homme au cœur de Dieu,
Limoges, Critérion, 1982.
Gutierrez, Gustavo,
« Chapitre IV : Théologie à partir de l’envers de
l’histoire », p. 163-235, La force historique des pauvres,
Paris, Cerf, 1986,
Kasper, Walter, Jésus
der Christus (Jésus le Christ), Matthias Grünewald Verlag,
Mayence 1974, Paris, Cerf, 1991
Metz, Johann-Baptist,
Memoria passionis, un souvenir provoquant dans une société
pluraliste, Paris, Cerf, Cogitatio Fidei, Tr. fr.
Jean-Pierre Bagot, 2009.
Metz, Johann-Baptist, La
foi dans l’histoire et dans la société, Paris, Cerf,
Cogitatio fidei, 1979.
Moingt, Joseph, L’homme
qui venait de Dieu, Paris, Cerf, Cogitatio Fidei, 1993-2002.
Moltmann, Jürgen, Le
Dieu crucifié, La croix du Christ, fondement et critique de la
théologie chrétienne, Paris, Cerf, 1999.
Moltmann, Jürgen, The
Trinity and the Kingdom of God, Londres, SCM, 1981, cité par D.
Brown ; (Trinité et Royaume de Dieu, Contributions au
royaume de Dieu, Paris, Cerf, 1984).
Moltmann Jürgen, Le
Seigneur de la danse, Paris, Cerf-Mame, 1977
Pannenberg
Nietzsche, Friedrich, L’Antéchrist, 1888, traduit par J.L. Hémery in F. Nietzsche, Œuvres philosophiques, tomes 8-1, Paris, Gallimard, 1974.
Nietzsche, Friedrich, L’Antéchrist, 1888, traduit par J.L. Hémery in F. Nietzsche, Œuvres philosophiques, tomes 8-1, Paris, Gallimard, 1974.
Rahner, Karl, Appel au
Dieu du silence, Mulhouse, Salvator 1970.
Rahner,
Karl, Warum läβt
Gott uns leiden in Schuld und Leid, Shriften zur Theologie,
Band XIV, Zürich, Einsielden, Köln, Benziger Verlag, 1980.
Speyr, Adrienne von, in
Philipper, Dienst der Freude, 10, 90-92, cité par Hans Urs
von Balthasar, Dramatique Divine, IV, Le Dénouement, Culture
& Vérité, Namur 1993.
Speyr, Adrienne von,
Passion von Innen, cité par Hans Urs von Balthasar,
Dramatique Divine, IV, op. cit.
Thomas d'Aquin, Somme
théologique, t. 1 et 4, Paris, Cerf, 1984 et 1986.
Urs von Balthasar, Hans,
La Gloire et la Croix, II. Styles, 1.
D'Irénée à Dante, Paris, Aubier,
1968.
Urs von Balthasar, Hans,
Dramatique Divine II, 2, Namur, Éditions Culture et Vérité,
série «Ouvertures», 1988.
Urs von Balthasar, Hans,
Dramatique Divine, IV, Le Dénouement, Namur, Culture &
Vérité, 1993.
Urs von Balthasar, Hans,
Théologique II, Namur, Éditions Culture et Vérité, série
«Ouvertures», 1994.
Urs von Balthasar, Hans,
Présence et Pensée, Essai sur la philosophie religieuse de
Grégoire de Nysse, nouvelle édition, Paris, Beauchesne, 1988.
Varillon, François, La
Souffrance de Dieu, Paris, Le Centurion, Octobre 1975.
Varillon, François, L'humilité de Dieu
Varillon, François,
Beauté du monde et souffrance des hommes, Paris, Le
Centurion, 1980.
4. Sociologie et Pastorale
Bacq Philippe et Théobald, Christoph (dir.), Une Nouvelle Chance pour l'Évangile, Vers une
pastorale d'engendrement, Paris, Lumen Vitae/Novalis/Éditions de
l'Atelier, 2004.
Commission Episcopale de
Liturgie et de Pastorale Sacramentelle, Pastorale des
funérailles, Paris, Cerf/CNPL, Guides Célébrer, 2003.
Gagey, Henri-Jérôme, La
nouvelle donne pastorale, Paris, Éditions de l’Atelier,
1999.
Grieu, Etienne,
« Pourquoi parler de " diaconie ?" »,
Paris, Études n° 4143, Mars 2011, p. 353-363.
Hervieu Léger, Danièle,
Catholicisme, la fin d'un monde, Paris, Bayard, 2003.
Rondet, Michel
Vibert, Pierre, Les Funérailles avec les personnes éloignées de l'Église, Paris, Éditions de l’Atelier, 2000.
Vibert, Pierre, Les Funérailles avec les personnes éloignées de l'Église, Paris, Éditions de l’Atelier, 2000.
Villemin, Laurent et Pian,
Christian (dir.), Les funérailles aujourd’hui, aspiration des
familles, proposition de l'Église, Paris, Éditions de
l'Atelier, 2009.
5. Essais et spiritualité
Beaulieu, C. Ma
blessure est tendresse, Paris, Éditions de l’Emmanuel, 2007.
Duley, Joseph-Alvare, R.P.
Fr., Visions d'Anne-Catherine Emmerich sur la vie de
Notre-Seigneur Jésus-Christ, La douloureuse Passion et
l'établissement de l'Église par les Apôtres ; coordonnées en
seul tout, selon l'ordre des faits ; Traduction du texte
allemand, par M. Charles d'ebeling, Paris, Téqui, 1947-1995,
chapitre 1 & 2.
Germain, Sylvie, Les
personnages, Paris, Gallimard, 2004.
Hillesum, Etty, Une vie
bouleversée, Journal Intime 1941-1943 et autres lettres de
Westerborck, Paris, Seuil 1995.
Thévenot, Xavier, La
souffrance a-t-elle un sens ? Paris, Éditions don Bosco,
2011
Sommet, Jacques,
Longchamp, Albert L’acte de mémoire, 50 ans après la
déportation, Paris, Éditions de l’Atelier, 1995
6. Littérature
Camus, Albert, La
Peste, Paris, Bibliothèque de la Pléiade, 1962.
Michelet, Claude, Les
défricheurs d’éternité, Paris, Laffont, 2000
Singer, Christiane,
Derniers fragments d’un long voyage, Paris, Albin Michel,
2007.
f) Des travaux personnels
qui vont dans ce sens.
Petit chercheur dans ce
domaine fragile, je tiens à signaler quelques unes des pistes que
j'ai déjà creusé et pour lesquels je continuerais à agir, aux
côtés de ceux qui sentent qu'une morale ne suffit pas à changer le
monde.
- Retire tes sandales in L'Amphore et le fleuve - Contemplation, 2005
- Pastorale du seuil - Essai, 2006
- Chemins d'humanité, chemin vers Dieu - Essai, 2007
- Quelle espérance pour les souffrants - Essai, 2013
- Cette église que je cherche à aimer - Essai, 2011
- A genoux devant l'homme - Essai, 2012
- Pastorale des divorcés remariés (roman : Le vieil homme et la perle) - 2013
- Pastorale des homosexuels (nouvelle : le désir brisé) - 2013
- Chemins de miséricorde - lectio divina Contemplation, (2014)
Notes :
(*) Cette partie est extrait et adapté de notre livre "Quelle espérance pour l'homme souffrant ?" (op. cit).
(1) Patrick Baudry, Les funérailles et l'approche de la mort aujourd'hui, dans Villemin, Laurent et Pian, Christian (dir.), Les funérailles aujourd’hui, aspiration des familles, proposition de l'Église, Paris, Éditions de l'Atelier, 2009, p. 80.
(1) Patrick Baudry, Les funérailles et l'approche de la mort aujourd'hui, dans Villemin, Laurent et Pian, Christian (dir.), Les funérailles aujourd’hui, aspiration des familles, proposition de l'Église, Paris, Éditions de l'Atelier, 2009, p. 80.
(2) Karl Rahner, Appel au Dieu du
silence, Mulhouse, Salvator, 1970, p. 89.
(3) Sur le tombeau vide, voir notamment
les développements de Joseph Moingt, L’homme qui venait de
Dieu, Paris, Cerf, Cogitatio Fidei, 1993-2002, p. 356 s.
(4) « On ne peut parler de Dieu
que si Dieu lui-même commence à parler », souligne ainsi
Jürgen Moltmann, Le Seigneur de la danse, Paris, Cerf-Mame,
1977, p. 58, citant K. Barth.
(5) « Naissance [...] mariage
[...] mort [...]. Qu’est-ce que l’homme religieux ? C’est
celui qui ne peut pas supporter [...] que ces moments essentiels de
l’existence puissent se passer de la présence de Dieu ».
Jean Daniélou, La foi de toujours et l’homme d’aujourd’hui,
Beauchesne, 1969, p. 72.
(6) Op. cit. p. 53.
(7) D . Brown,
La tradition kénotique dans la
théologie britannique, Paris,
Mame Desclée, 2010 p. 195.
(8) Pour reprendre
le titre éponyme d’un ouvrage de Hans Urs von
Balthasar.
(9) « La «
pastorale d'engendrement » puise son inspiration dans une certaine
manière de se référer aux récits fondateurs ». Il s'agit
pour les auteurs de transmettre une manière d'être, faite d'accueil
et de don, mais surtout redonner une certaine "fécondité à
l'Évangile", susciter une "contagion relationnelle"
autour de la Parole de Dieu, vecteur de relecture et d'interpellation
personnelle et communautaire. in Une
Nouvelle Chance pour l'Évangile, Vers une pastorale d'engendrement,
publié sous la direction de P. Bacq
et Christoph Théobald
en 2004 chez Lumen Vitae/Novalis/Editions de l'Atelier, p. 16-18.
(10) Kénose (Voir
plus haut)
(11) La lectio divina est une méthode
de lecture des textes bibliques, pratiquée de préférence à
plusieurs, qui nous conduit à se faire petit témoin des scènes
décrites et à manduquer ensemble ce que cette immersion humble dans
le récit fait résonner en nous.
(12) Le rôle de la diaconie au sein
d’un triptyque qui comprend également le kérygme et la liturgie
est particulièrement développé par Etienne Grieu, « Pourquoi
parler de « diaconie ? » Etudes
n° 4143, Mars 2011, p. 353-363 et notamment p. 356 et 358.
(13) La diaconie est ce mouvement,
remis en valeur par Diaconia 2013, où l'Église prend conscience et
vit dans une fraternité partagée, avec, autour et dans l’humilité
des plus faibles et des plus souffrants
(14) Laurent Villemin, « L'identité
et la mission de l'Église interrogées », dans Villemin,
Laurent et Pian, Christian (dir.), Les funérailles aujourd’hui,
aspiration des familles, proposition de l'Église, Paris,
Éditions de l'Atelier, 2009, p. 93
26 novembre 2013
Evangelii gaudium, premier commentaire...
L'exhortation du pape François est en ligne
Que du bonheur... Et en plus, son écrit est lisible.
Un texte qui ne dénote pas avec les ouvrages déjà commenté sur ce blog.
On notera les mentions fréquentes des écrits des conférences locales et des pages centrale sur une pastorale qui nous pousse à "sortir"... sans compter l'invitation à sentir "l'odeur des brebis." §24
A lire jusqu'au bout, en particulier ce qui fait sa spécificité "l'option préférentielle pour les pauvres". §197ss.
En tant qu'apprenti théologien, j'apprécie la pique : "Engagée dans l’évangélisation, l’Église apprécie et encourage le charisme des théologiens et leur effort dans la recherche théologique qui promeut le dialogue avec le monde de la culture et de la science. Je fais appel aux théologiens afin qu’ils accomplissent ce service comme faisant partie de la mission salvifique de l’Église. Mais il est nécessaire, qu’à cette fin, ils aient à cœur la finalité évangélisatrice de l’Église et de la théologie elle-même, et qu’ils ne se contentent pas d’une théologie de bureau." § 133
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