Quelques milliers de notes et réflexions interactives sur la vie et la foi, à partir de lectures souvent théologiques et à la lumière d'un Autre... Petit "blog" catholique d'un apprenti théologien (Bac canonique), perdu dans l'immensité de la toile... (ordonné diacre en septembre 2018)...
23 février 2020
Mal originé ou prix de la liberté - Bernard Sesboué
12 février 2020
De l'esclavage à la liberté - Pédagogie divine - 8
06 février 2020
Saint François, le diacre d’Assise - chemin de liberté
* chemins de liberté est maintenant repris dans mon livre « l’amphore et le fleuve »
05 février 2020
Conversion intérieure - l’amour en toi 52
Il y a une interaction subtile entre la lente révélation de Dieu et la prise de conscience intérieure de sa présence et surtout l'ouverture du cœur qui en résulte : « ce mouvement de grâce par lequel Dieu tourne la création vers lui est un mouvement de conversion vers Dieu (...) En tournant la créature vers lui, Dieu lui permet de prendre conscience d'elle-même : la conscience de soi est intérieure à la conscience de Dieu. Telle est la doctrine de l'intériorité de la conscience chez Augustin : il faut que je demeure en toi pour que je demeure en moi : noverim te, noverim me. Cet acte d'être tourné vers Dieu évite à la conscience de se fermer sur elle-même et inaugure un mouvement qui la constitue comme désir, mouvement lui-même constitutif de la création »(1)
22 novembre 2019
création et liberté - 8 - Joseph Moingt
Joseph Moingt en fait un chemin de liberté qui englobe toute l'histoire du salut et lui donne une direction :
"La foi au Dieu créateur ne veut nullement s'imposer comme une explication de l'origine de l'univers, mais seulement exprimer la confiance mise en Dieu pour avoir créé l'humanité dans l'intention de former sa propre famille de tous les hommes qui deviendrait ses fils en se reconnaissant dans l'un d'entre eux, Jésus, dépositaire de l'image de Dieu et révélateur de sa présence parmi nous. Cette foi ne vise donc pas formellement la constitution de l'univers (comme il en est dans la théorie du créationnisme), mais le projet salutaire de Dieu concernant l'homme, projet qui enveloppe sa dignité spécifique, la liberté de chacun d'orienter son destin, l'amour fraternel les uns des autres, (...) Ce projet de la création de l'univers, non sous forme d'un plan d'organisation de toutes choses, mais d'une semence de liberté et d'amour jetée dans l'univers en formation pour que naisse en son sein une créature spirituelle avec qui Dieu pourrait entrer en communication intime, semence que Dieu confiait au monde naissant comme un appel, un souhait, une parole, un logos, l'invitation à naître adressée à un Premier-né destiné à ramener à Dieu toute sa famille humaine" (1), tout cela donne du sens à notre aujourd'hui. Le don de Dieu est appel... Il s'origine dans un don (Gn 1 et 2) et l'appel d'un "où es-tu ?" (Gn 3) qui est plus qu'un cri, une plainte d'un Dieu qui aime sa création et n'a pour but que de le ramener à lui...
(1) Joseph Moingt, L'esprit du christianisme, Paris, Temps présent, 2018, p. 228
Envoyé de mon iPhone
27 septembre 2019
création et liberté - 7
L'homme a reçu au fond de lui-même, comme le disait Origène « le précepte de liberté » (2)
C'est dans cette dynamique qu'il doit s'inscrire pour entrer dans la danse de Dieu.
(1) Bernard Sesboué, L'homme, merveille de Dieu, Paris, Salvator, 2015 p. 59
(2) p. 60
01 mai 2019
Liberté et Kénose 4
Laisser être ce qui est comme il est, sans vouloir le produire, le fabriquer, sans s’en prétendre propriétaire (2).
Laisser être et espérer.
N’est-ce pas là la grâce de la liberté. Décentrement ET espérance.
“Ave Crux, spes unica” (Je te salue, oh Croix unique espérance).
(2) p. 291
29 avril 2019
Proverbes - Hans Urs von Balthasar - Liberté et grâce 3
18 avril 2019
Silence et liberté 2 - Edith Stein - L'amour est en toi - 31
Prendre le temps du silence comme celui du désert c'est atteindre un "état de totale suspension de toute activité de l'esprit, dans lequel on ne peut plus ni dresser de plans, ni prendre de décision, ni même rien faire, mais où, ayant remis tout l'avenir au vouloir divin, on s'abandonne entièrement à son destin. Cet état, je l'ai éprouvé quelque peu, à la suite d'une expérience qui, dépassant mes propres forces, consomma totalement mes énergies spirituelles et me déroba toute possibilité d'action. Comparé à l'arrêt de l'activité faute d'élan vital, le repos en Dieu est quelque chose de tout à fait nouveau et d'irréductible. Auparavant, c'était le silence de la mort. À sa place succède un sentiment d'intime sécurité, de délivrance de tout ce qui est souci, obligation et responsabilité par rapport à l'agir. Et tandis que je m'abandonne à ce sentiment, voici qu'une vie nouvelle commence peu à peu à me combler et - sans aucune tension de ma volonté – à me pousser vers de nouvelles réalisations. Cet aflfux vital semble venir d'une Activité et d'une Force qui n'est pas la mienne et qui, sans violence, devient active en moi" (1)
Ce détachement, ce décentrement est peut-être ce que Duchesne décrit comme la grâce de la liberté. Il se nourrit de cette quête intérieure, est souffle au sein de la chambre haute, travail de l'Esprit, communion avec cette Activité et cette Force dont parle Edith Stein en utilisant des majuscules.
(1) Edith Stein, La causalité psychique, article de 1922, cité par François Marxer, Au péril de la Nuit, Femmes mystiques du XXeme siècle, Paris, Cerf, 2017, p. 268
La grâce d’être libres - Jean Duchesne
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(1) Jean Duchesne, Chrétiens, La Grâce d'être libre, Par delà les conformismes et les peurs, Paris, Artege, 2019, p. 9
(2) cf. mon livre éponyme
(3) cf. Au fil de Jn 18 et 19, homélie du vendredi Saint
29 octobre 2018
Au fil de Luc 13, 10 - Chemins de liberté
Quand Jésus la vit, il l'interpella et lui dit : « Femme, te voici délivrée de ton infirmité. »
Et il lui imposa les mains. À l'instant même elle redevint droite et rendait gloire à Dieu » (Luc 13, 10-12) TL
Commentaire :
Une lecture spirituelle pourrait voir l'Église pécheresse dans les bras de Dieu et notre méditation devient prière. Seigneur, vois nos addictions et nos adhérences au mal, redresse nous de ce qui nous conduit au mal, aide-nous à nous libérer de ce qui nous éloigne de toi.
« C'est pour la liberté que le Christ nous a libérés » (Ga 5,1). En lui, nous communions à « la vérité qui nous rend libres » (Jn 8,32). L'Esprit Saint nous a été donné et, comme l'enseigne l'apôtre Paul, « là où est l'Esprit, là est la liberté » (2Co 3,17). Dès maintenant, nous nous glorifions de la « liberté des enfants de Dieu » (Rm 8,21).(1)
« L'Église, il faut s'acharner à la rendre aimable. L'Église, il faut s'acharner à la rendre aimante.
L'Église, société de pécheurs, m'entraîne dans le mouvement de sa vie.
Je ne peux dire ni "elle" ni "moi", mais seulement "nous".
Dire ce "nous", c'est dire l'Église.
Parce que nous rêvons d'un Christ-Église triomphant aux yeux des hommes, nous ne savons pas toujours nous souvenir que le mystère du Christ est le mystère de l'Église et que jusqu'à la fin des temps il sera le sauveur humilié, camouflé sous des hommes limités et pécheurs, et que c'est en eux qu'il nous faudra le reconnaître.
Nous avons quelquefois vis-à-vis de l'Église, l'attitude de quelqu'un qui veut un certificat de bonne conduite. L'Église ne conduit pas, elle est et nous sommes en elle. Elle est le Corps du Christ et nous sommes membres de ce Corps.
Notre dépendance, notre dévouement vis-à-vis d'elle, s'ils exigent des actes extérieurs, des signes, sont avant tout une dépendance et un dévouement interne, vital. Notre dépendance, vis-à-vis de ce Corps qu'elle est, est considérable.
Mais notre initiative, notre responsabilité, notre fonction sont, elles aussi, considérables. Nous y sommes providentiellement irremplaçables. Nos soumissions et nos initiatives y sont à égalité : obéissance, comme pour les cellules d'un corps qui seraient à la fois intelligentes et aimantes.
Une seule cellule peut infecter tout l'organisme; une seule cellule peut laisser passer l'aiguille qui le sauve.
J'appartiens à Jésus-Christ dans l'Église catholique.
L'Église, je suis dedans comme un membre dans le corps, comme une cellule dans un organisme vivant. Elle me transmet la vie des enfants de Dieu.
C'est dans l'Église que je suis en Jésus-Christ, que je vis Jésus-Christ; dans l'Église comme un membre dans un corps, comme une cellule dans une matière vivante.
Ma vie personnelle chrétienne est la conséquence de cette vie commune de l'Église. »(2)
«Soyez bons les uns envers les autres, pleins d’une tendre bienveillance; faites-vous grâce, comme Dieu vous a fait grâce dans le Christ.» Ephésiens 4:32
(1) citations reprises du CAC n.1739-1742, source Evangelizo
(2) Madeleine Delbrêl in "Nous autres, gens des rues", "Indivisible Amour" et "La Joie de croire")
20 août 2018
Au fil de Luc - 6, 1 - Liberté
« Ses disciples arrachaient des épis, les frottaient dans leurs mains et les mangeaient » Lc 6, 1b
Commentaire 1 : il y a là une liberté essentielle des disciples de Jésus qui interpelle notre propre liberté. Comment agissons nous ? Quelle est notre liberté véritable ? Sommes nous libres des rites et des usages pour le royaume ou pour nos propres besoins ?
Commentaire 2 :
Sainte Thérèse de Lisieux le jour de sa première communion : « Ce jour là, ce n'était plus un regard, mais une fusion, il n'était plus deux, Thérèse avait disparu, comme la goutte d'eau qui se perd au sein de l'océan. Jésus restait seul, Il était le Maître et le Roi. Thérèse ne lui avait pas demandé de lui ôter sa liberté, car sa liberté lui faisait peur, elle se sentait si faible, si fragile que pour jamais elle voulait s'unir à la Force Divine »(2).
Notre liberté se limite à cette acceptation de la volonté de Dieu. Ouvrons nos mains à cet Amour qui nous guide.
Commentaire 3 : relire Ignace d'Antioche : je veux être la farine de Dieu (cf. Tag)
(1) cf. mon livre « Chemins de miséricorde »
(2) Manuscrit A, 35 verso, ibid p. 125
15 mars 2018
La discrétion de Dieu
(1) Emmanuel Mounier, L'engagement de la foi, Paris, Parole et silence, 2017, p. 116
22 décembre 2017
Foi, silence et liberté
Que faire pour que l'où es-tu de Gn 3 résonne encore dans le jardin du monde. Si Dieu est silencieux, devons-nous parler et chanter sur les places ? Et comment ?
Le silence parle au coeur. Mais le monde bruisse de plus en plus. Le bruit d'un fin silence n'atteint plus l'homme.
(1) Karl Rahner, Discours d'Ignace de Loyola aux jésuites d'aujourd'hui, Paris, Le Centurion, 1978 p. 71sq
28 octobre 2016
De la théorie du rachat au tout amour de Dieu
Qu'est-ce à dire pour nous ? La liberté du Christ, son adhésion au projet du Père n'est pas sacrifice inutile, il s'inscrit pleinement dans cette pédagogie de Dieu qui met l'amour au centre, couronnement d'un refus de la violence. La mort du Fils est le jusqu'au bout de la non-violence de Dieu (2).
(1) Hans Urs von Balthasar, GC2 p. 223.
(2) je rejoins là mon dernier travail : "Dieu n'est pas violent".
La liberté comme victoire - Anselme de Cantorbéry
Un deuxième apport d'Anselme peut être de concevoir la liberté non comme un droit mais comme une victoire(1), celle d'accéder à la veritable liberté sur toutes les "adhérences humaines", addictions, tentations, péchés qui nous éloignent de ce à quoi nous sommes destinés (la joie en Dieu) et nous éloignent de Dieu.
Cette distinction conceptuelle est pleine d'intérêt car elle ne voit plus le pêché originel comme un boulet incontournable, mais comme une vision temporaire, anti-pélagienne et incomplète de notre réalité humaine. Nous sommes créés en vue de cette joie à venir... Et tout ce qui nous retient de marcher vers Dieu est chemin, lieu d'effort, de conversion, d'écoute, de décentrement en direction du seul but à atteindre, considérer :
- le passé comme balayure (cf. Ph. 3) et en même temps chemin de conversion et d'apprentissage
- et l'avenir comme appel et joie à venir, celle d'être porté par la grâce et d'être saisi en Christ (Ph 3) pour participer librement au Royaume.
Il reste un point à ajouter. C'est l'insistance sur la grâce, car nos adhérences au mal nous retiennent souvent d'accéder à cette victoire et nos addictions nous empêchent d'avancer. Là plus qu'ailleurs la prière prend du sens car Dieu seul peut nous aider à surmonter cet obstacle qui est de fait de l'ordre de l'originel. Si nous ne pouvons aller seul plus loin, c'est parce que la médiation du Christ est essentielle, point de basculement qui fait de nous des êtres assoiffés de cette grâce qui nous conduira à la victoire finale.
(1) cf. Hans Urs von Balthasar, GC2 p. 217
28 avril 2016
Création vivante et dynamique - Balthasar
20 août 2014
Le processus d'émancipation de l'homme
Cette phrase et le passage qui suit souligne le lent processus qui depuis les Lumières conduit notre société à s'affranchir de la religion comme rite et autorité sur les coeurs. Ce qui m'intéresse dans l'approche de Moingt, c'est qu'il regarde tout cela d'un oeil positif, distinguant une religion qui nous met sous la coupe d'une autorité morale coercitive du mouvement intérieur qui cherche à faire de l'homme un être responsable de ses actes, libre devant Dieu.
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L'homme peut dépasser la morale imposée pour faire le choix de Jésus. Un choix que Lévinas décrit comme an-arche : avant tout commandement. Un choix qui est la réponse à l'appel de Dieu à tout homme, à cet "Où es tu ?" de Gn 3, posé au jardin après la chute.
Je suis là. Je réponds à ton amour par l'amour.
La vraie liberté est celle de l'homme qui devient écoutant et réponds ce "Me voici" ! non parce qu'on lui dit de répondre, mais parce qu'il a en lui un désir, qu'il est à l'écoute de ce que Blondel appelle la "crypte intérieure" ou de ce que Rahner appelle l'attention à l'autocommunication de Dieu.
Bien sûr, ce choix personnel a ses limites. Mais c'est le début d'un acte de foi qui permettra ensuite de prendre conscience que la Parole de Dieu mérite d'être partagée, vécu en communion et nourrie par l'eucharistie. En respectant la liberté de l'homme, on l'ouvre à la découverte d'une foi partagée.
* Joseph Moingt, L'évangile sauvera l'Eglise, op. cit. p. 131
** Source : http://levangileauquotidien.org/M/FR/
21 juillet 2009
Chemins de Liberté - Aimer en vérité
Au-delà d’une fausse liberté qui le conduirait à suivre le chemin de la facilité, l’homme dispose d’une triple assistance. Cette assistance n’est en fait autre que le triple don de Dieu qui se manifeste par une parole qui libère, puis par un signe, un symbole, une figure dressée sur le bois de la croix ; celle du Christ qui a répondu oui à l’appel. A cela, l’Eglise ajoute l’importance du don de l’Esprit, qui renouvelle et aide à interpréter le sens de ce qui est déposé au cœur de chacun et permet d’entendre puis de répondre à l’appel.
Le don de liberté est de fait le fruit de cette assistance trinitaire qui donne à l’homme les moyens d’avancer dans ce choix. Et c’est au terme de ces trois dons, perçus de manière différente par chacun, que le choix doit se faire, et qu’il reste libre. C’est à l’issue de ce choix que prend sens la réponse à l’appel.
Au triple don de la liberté peut répondre un triple questionnement. Une interpellation qui ne vise pas l'homme extérieur, mais l'homme intérieur, le soi-même qui seul peut répondre à la question :
- est-ce que mon acte est digne du crucifié ?
- est-ce que j'agis pour ma propre gloire ?
- est-ce que mon amour est vrai ?
Peut-être faut-il pour cela quitter le domaine de la seule contemplation que nous avons emprunté dans les chemins précédents. En effet, il ne s"agit plus de regarder et contempler l'oeuvre de Dieu reçu ou déployé autour de nous, mais d'avancer dans l'intimité du "me voici" très personnel qui ne concerne personne d'autre que moi. Cela ne peut être une injonction faite aux autres, une morale clamée comme le chemin de l'humanité, mais la simple introspection personnelle...
On rejoint peut-être le chemin qui passe la triple tentation de l'avoir, du pouvoir et du valoir, que l'on doit écarter au profit d'une vérité véritable. Sur ce chemin, la méditation donnée par Benoït XVI dans sa dernière encyclique n'est pas à ignoer.(*) Caritas in veritate...
(*) Extraits de notes pour la dernière partie de l'Amphore et le fleuve : Chemins de liberté
14 décembre 2007
Obéissance et don
On notera là cette tendresse de Dieu qui révèle le prix de la liberté donnée à l’homme-Dieu. Et cet échange est garante et signe, à mon sens de notre propre liberté.
(1) Hans Urs von Balthasar, Théologique III, L’Esprit de Vérité, p. 219