Il y aurait chez Bonaventure une bonne dialectique entre l'être tourné vers soi et celui qui est tourné vers Dieu. Quel est l'enjeu ? Il n'est pas a fortiori égoïste précise Hans Urs von Balthasar mais "comme la saisie par soi de l'être qui est l'homme" (1)
Je la conçois comme cette ouverture intérieure aux deux tables, à cette Parole et ce Corps livrés qu'il nous faut accueillir jusqu'au "jointures intérieures" (cf. Heb 4,12) de l'âme pour balayer ces adhérences qui nous éloignent de Lui.
(1) GC2 p. 274
Quelques milliers de notes et réflexions interactives sur la vie et la foi, à partir de lectures souvent théologiques et à la lumière d'un Autre... Petit "blog" catholique d'un apprenti théologien (Bac canonique), perdu dans l'immensité de la toile... (ordonné diacre en septembre 2018)...
Affichage des articles dont le libellé est les deux tables.. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est les deux tables.. Afficher tous les articles
19 novembre 2016
30 mai 2016
Église et Écriture
Il ne faut pas "prendre l'Écriture pour la révélation (...) elle nest pas quelque chose comme une icône magico-sacramentelle dans laquelle la chose, c'est à dire la grâce, serait substantiellement enfermée et cachée (..) le véritable enfantement de l'Église consiste à porter des âmes pour le Christ." (1)
Nous retombons la sur l'interaction constante et nécessaire entre les trois tables déjà évoquées plus haut. La Parole, les sacrements ne sont pas au centre du système, ils s'articulent dans la construction de l'Église, de ces pierres vivantes qui se rassemblent en Christo (456).
(1) Hans Urs von Balthasar Gc1 op Cit p. 458
18 mars 2016
Epiphanies de la vie quotidienne -Romano Guardini
Qu'est il resté du caractère épiphanique après que le Seigneur soit remonté se demande Romano Guardini ? Il ne répond qu'avec quelques exemples. Le visage d'Étienne, visage d'ange, la force de l'Esprit,...
Celui qui m'interpelle le plus est cette liturgie "dont le Christ attend que nous reconnaissons sa présence dans ses signes : le pain et le vin, l'eau du baptême". (2)
C'est peut être là que nos sens sont les plus mis en branle. Car quoi de plus incarné que l'eau, le pain, le vin. C'est là pourtant, au coeur de nos existences, dans ce qu'elle a de plus concrète que ce joue l'épiphanie la plus dérangeante. Car à la présence physique du pain que nous mangeons se joint cette réalité concrètement indiscutable du faire mémoire d'un don plus grand, tout aussi incarné d'un corps, sur le bois de la Croix, qui en se donnant à nous par le pain devient présence réelle. Ce que mon corps ressent dans la manducation du pain, rejoint ce que mon âme à manduqué à la table de la Parole et la circulation pneumatique des deux consommation induit en nous le désir et le manque d'une communion réelle et future avec Celui qui se donne, sur les deux tables.
(1) Romano Guardini, Les sens et la connaissance de Dieu, Paris, Cerf, 1954, p. 90
(2) ibid. Cité in GC1 p. 333
Voir aussi une médiation sur le chemin de Croix en union de prière avec les victimes des attentats en Belgique : http://prierdieu.blogspot.fr
Inscription à :
Articles (Atom)