mai 29, 2016

Les trois tables

L'articulation entre les deux tables (écriture et sacrement) est pour Balthasar liée dans la figure de l'Église qui les conjuguent. Cette Église qui devient temple du Christ est pour moi comme une troisième table. 
C'est l'enjeu de cette dynamique sacramentelle que je cherche à articuler.

"L'Eucharistie n'aurait pas de sens, s'il ne se fait des hommes pour la goûter; elle tend donc plus loin qu'elle même, elle est figure médiatrice(2), ajoute Balthasar. 

Et pourtant l'articulation même de ces trois tables est autant nécessaire que fragile. 
L'Écriture elle même est attaquée sous les coups parfois légitimes de l'historico-critique néo-bultmannienne(3), quand les sacrements apparaissent eux-mêmes fragiles dans leur capacités à être signe, donnant à l'Église, réputée pécheresse par la faute des hommes, peu de justification. 
On peut être effrayé par tout cela. 
C'est sans compter sur le travail de l'Esprit et

l'importance de l'humilité et de la faiblesse, chemin trinitaire par excellence. Il y a peut être à comprendre que la fragilité même des trois tables est figure de la triple kénose : une danse fragile et relative qui est chemin de l'image à la ressemblance. 



(1) Hans Urs von Balthasar, GC1 op. Cit p. 447
(2) p. 448
(3) p. 449ss

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