Quelques milliers de notes et réflexions interactives sur la vie et la foi, à partir de lectures souvent théologiques et à la lumière d'un Autre... Petit "blog" catholique d'un apprenti théologien (Bac canonique), perdu dans l'immensité de la toile... (ordonné diacre en septembre 2018)...
19 septembre 2020
L’infini de Dieu - Homélie du 25eme dimanche année A
18 septembre 2020
Homélie de Mariage - 19/9/20 et baptême de S.
Le début des textes que vous avez sélectionnés met la barre haute et je dois dire que je suis impressionné par cette sélection. « Vous avez été choisis par Dieu » dit saint Paul. C'est à la fois étrange d'entendre cela deux mille ans plus tard et pourtant, dans ce chemin que vous avez parcouru tous les deux, depuis votre rencontre jusqu'à cette maison, cette petite Salomé qui fait votre bonheur, il y a bien quelque chose d'unique qui s'est tissé entre vous deux.
Je me souviens de notre première rencontre de ce que vous avez pu dire de l'autre, du pourquoi de ce mariage que vous avez tenu à célébrer malgré les contraintes extérieures. Continuez à avancer... vous êtes sur la bonne voie....et méditez à nouveau ces textes que vous avez choisi...
« Revêtez-vous de tendresse et de compassion, de bonté, d'humilité, de douceur et de patience.
Supportez-vous les uns les autres, et pardonnez-vous mutuellement si vous avez des reproches à vous faire. « dit encore la première lecture. C'est un sacré chemin...
« Le Seigneur vous a pardonnés : faites de même. »
Cette phrase de Paul interpelle. M'interpelle... nous l'avons vu ensemble, dans le texte dit du Fils prodigue le pardon n'est pas simple... il est presque impossible à l'homme...
Et pourtant, si vous êtes là aujourd'hui dans cette église, c'est peut-être parce que vous sentez que seul Dieu vous donnera cette force...
Aimer jusqu'au bout est impossible à l'homme. Il est possible avec Dieu, en Dieu ?
Qu'est ce que cela veut dire ?
Peut-être que les jours où ce sera plus dur entre vous ( et il y en aura, j'ai 34 ans au compteur, je sais de quoi je parle), une seule chose permet d'avancer : croire que l'amour est plus fort. Croire que l'amour que vous avez construit est fondé sur celui qui aime jusqu'au bout, jusqu'à la mort...
Peut-être reviendrez vous un jour ici, ou en passant de temps en temps à Nonancourt vous souviendrez vous de cela… L'amour qui va jusqu'au bout est au cœur de votre oui… Si vous choisissez tout à l'heure de prononcer ce oui pour la vie, c'est pour proclamer au monde que c'est de cet amour là que vous voulez vivre… Et si vous le vivez chaque jour, si votre oui se conjugue tous les matins dans des gestes d'attention de tendresse et de patience alors vous deviendrez ce que dit l'évangile : vous serez le sel de la terre....
Alors comme le dit le psaume « l'amour du Seigneur,
sur ceux qui le craignent, est de toujours à toujours,
et sa justice pour les enfants de leurs enfants,
pour ceux qui gardent son alliance » sera votre chemin... Aujourd'hui n'est que le premier jour d'un long chemin. Au bout du voyage est la joie véritable, celle que vous entrevoyez déjà dans vos étreintes et la symphonie qui se tisse en vous, est un aperçu de cette tendresse qui vous habitera jusqu'au bout si vous poursuivez dans la direction prise aujourd'hui
Amen
——
vous venez de prononcer des phrases qui vous unissent par les liens indissolubles du mariage… Il n'est pas anodin que pour le baptême de S. vous choisissiez un texte qui évoque le fait de faire un seul corps. Je serais bref, mais je veux souligner cela : faire un seul corps, ce n'est pas fusionner en une bouillie où chacun disparaît mais au contraire se trouver multiplié par l'amour qui vous réunit. Vous vous rappelez peut-être l'image des sept réservoirs que nous avons évoqué ensemble. Tout part de l'idée que la force de votre amour sera rayonnement pour le monde... lumière... amour qui se diffuse et devient fécond. 1 plus 1 égal trois... Salomé... mais plus encore entrer dans la dynamique de l'amour c'est former une communauté...
Par le baptême de S. vous participez à cette dilatation du cœur... cela implique des renoncements. Vous alllez l'exprimer tout à l'heure... choisir d'aimer c'est renoncer..., vous allez devoir conduire S. sur ce chemin... lui apprendre la tendresse, la patience, ce qui est justement renoncement...
mais c'est l'enjeu même du Bapteme comme celui du mariage : être plongé dans la mort de tout ce qui nous entrave pour découvrir la force de l'amour qui vient de Dieu. Sur ce chemin le Christ est signe : il est le chemin la. Vérité et la vie... qu'est ce à dire ? Vous vous êtes engagés à aider S. à comprendre cela. Il vous faudra retrouver en vous, avec l'aide des parait et marraine choisi, ce qui est essentiel, pourquoi le Christ est chemin... pourquoi son amour est au cœur, est le centre... en marchant dans et pour l'amour vous serez le sel et la lumière pour S.
05 septembre 2020
Évangélisation...- 5
Communion et évangélisation - 4
Dans la lignée des billets précédents je m'interroge toujours sur les moyens disponibles pour permettre à ceux qui cherchent Dieu d'accéder à notre Église.
04 septembre 2020
Communion et fidélité -3 - P. Teilhard de Chardin
Voici un court verbatim d'un documentaire à voir sans modération :
« Croire en l'homme
Croire au vivre ensemble
Croire que l'union différentie
Croire que l'évolution conduit au Christ
Croire que le phénomène humain a un sens
Faire un pari sur l'Église - une fidélité qui est une espérance sans limite en dépit de la souffrance de n'être pas compris...pas publié...
Un homme de mouvement
Une morale de mouvement...
Une notion de dynamique qui nous permet d'avancer, de repartir...
Un chercheur, un aventurier porteur d'espérance...
Opposer le goût de vivre à ce désespoir qui nous guette... »
Personnellement cette quête rejoint la mienne, comme je le décris dans un commentaire du billet précédent à propos de Philippiens 3 et de cette course infinie pour saisir et se laisser saisir...
L'Unité créatrice du monde - Pierre Teilhard de Chardin
https://youtu.be/jyA0BWe1jpc
02 septembre 2020
Église et communion - 2
Communion et liturgie
L'unité de l'Église reste cependant « toujours à faire[535] ». Si, comme l'affirme Lumen Gentium 8 : « L'Église est dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c'est-à-dire à la fois le signe et moyen de l'union intime avec Dieu et de l'unité de tout le genre humain. », l'unité de l'Église complète Congar, « ne se termine pas à elle-même, elle vise l'unité du genre humain… (...) [À la suite du] Verbe, en sa kénose de serviteur souffrant (...) [ l'Église est] grâce au don de l'Esprit, le pauvre signe et l'humble médiatrice du salut acquis dans le Christ[536] ».
Si Lubac insistait à ce sujet sur l'importance de la communion eucharistique, plusieurs dizaines d'années plus tard, mon expérience pastorale me fait mettre un bémol sur cette cristallisation sur la liturgie. Non que le sens du sacrifice eucharistique doive être limité, mais parce qu'avant d'arriver à ce niveau de communion, il nous reste à privilégier autre chose. Dans un sens, l'eucharistie n'est souvent vue que selon le prisme des trois Synoptiques en oubliant que Jean a présenté une autre vision de l'eucharistie en substituant à ce récit celui du lavement des pieds. Mon insistance portera là-dessus. L'Église ne peut vivre sa liturgie pleinement que lorsqu'elle aura rétabli d'une manière au moins égalitaire les deux aspects de sa théologie de communion et laissé au lavement des pieds (je ne parle pas du rite mais de l'attitude) une place aussi importante qu'au culte. Cette ouverture du cœur, préliminaire et essentiel constituera alors le sens profond du « faites ceci en mémoire de moi ».
L'Église, comme le souligne Maurice Vidal, est née de la Passion et de la résurrection. Avant d'être la mise en pratique d'un culte et d'un repas communautaire, elle passe par un vide qui est celui de l'humilité et de la distance : « on ne passe pas de plain-pied du ministère public de Jésus à l'Église, bien « que ce soit, au départ, approximativement le même groupe. Entre les deux, il y a un vide, créé par la condamnation et la mort de Jésus, pendant lequel ni les disciples, ni même les Douze n'assurent la continuité[537] ». Ce n'est pas précise Vidal plus loin « une défection de l'amitié — ce qu'elle n'a pas été —, mais comme un fléchissement, un trébuchement[538] ». Ce temps est celui de tout homme, pécheur et loin de « ressembler au Christ ». Un temps de vide où l'humanité entière qui doute peut être néanmoins rejoint par un Christ à genou devant l'homme, qui espère en sa conversion et se donne pour sa guérison (cf Jn 13 – Lavement des Pieds) ou qui « marche à ses côtés et explique la parole avant de se retirer au moment de la fraction du Pain (Lc 21 – Pèlerins d'Emmaüs).
Ce temps est celui de l'invitation trinitaire des hommes à la danse, qui constitue et justifie l'existence de l'Église. Ignorer ce temps, qui se renouvelle pour tous dans notre adhésion libre et consciente à l'Église, conversion qui se cristallise ensuite dans notre baptême et dans les sacrements, font de la communauté rassemblée, le lieu d'une Église à construire. C'est pour moi le sens et l'insistance donnée par les deux premiers chapitres de Lumen Gentium, qui précèdent ses développements sur la « nécessaire réalité d'une Église apostolique instituée et nécessairement hiérarchisée. Ce moment et cet ordre doivent être conservés pour donner du sens à sa manifestation liturgique [539]. Car l'unité, la sainteté, la catholicité de l'Église se fondent sur cela. Elle n'est pas imposée, mais une dynamique en perpétuel renouvellement, celle d'un peuple en marche vers la « ressemblance » et en cela vers la véritable sainteté dont Dieu seul rayonne.
Au cœur de cet appel, la proximité de Dieu, dans sa triple kénose se manifeste dans une « présence à fleur de peau »… Une présence délicate qui peut comprendre un retrait. « Il y a dans la fondation de l'Église par Jésus quelque chose d'analogue à la création du monde, dont Claudel disait que Dieu la fait exister comme la mer fait apparaître le continent, en se retirant[540] ». Écoutons, là encore Vidal sur ce point : « Le Royaume est là, comme quelqu'un qui est déjà à la porte (pour l'image, cf. Mc 13, 29), de sorte qu'il n'y a plus de délai pour rester neutre, ni pour se croire digne ou indigne de cette venue. Il n'est pourtant pas encore là, puisqu'il est seulement « tout proche », et cet intervalle définit le temps de la mission, de la prédication, de la conversion. »
[535] Y. M. Congar, L'Église une sainte, catholique et apostolique, in Mysterium Salutis n° 15, Dogmatique de l'histoire du Salut, Tome IV – L'Église communauté de l'homme-Dieu, Cerf, 1970, p. 60-61 : « Principe personnel et vivant (...) qui unit les Églises en une seule (...) et est principe de la sainteté de toutes créatures »
[535] P. 62
[536] P. 63
[537] Maurice Vidal, L'Église, peuple de Dieu dans l'Histoire des hommes, Centurion 1975, p. 42
[538] Ibid. p. 53
[539] Cette « circumincession » des notes de l'Église dont parle Congar, Cf. plus haut
[540] Cité par Vidal, op. cit. p. 54 »
Je teste ici un extrait de ma conclusion de « À genoux devant l'homme ».