(2) cf. sa théologie de l'histoire
(3) Saint Césaire d'Arles (470-543), Sermons au peuple, n°57,4 (trad. SC 330, p. 25 rev), source AELF
Quelques milliers de notes et réflexions interactives sur la vie et la foi, à partir de lectures souvent théologiques et à la lumière d'un Autre... Petit "blog" catholique d'un apprenti théologien (Bac canonique), perdu dans l'immensité de la toile... (ordonné diacre en septembre 2018)...
Dans le désert de nos vies, combien de fois sommes nous désemparés par le silence apprarent de Dieu. Peut être que ce silence n'est autre que la manifestation du brouillard qui entoure notre âme. Il nous faut prendre de la distance. Écoutons saint Ambroise : "il fait encore nuit. (...) je n'ai encore rien pris. J'ai lâché le filet pendant le jour. J'attends que tu me l'ordonnes ; sur ta parole, je le lâcherai encore. La confiance en soi est vaine, mais l'humilité est fructueuse. Eux qui jusque-là n'avaient rien pris, voici que, à la voix du Seigneur, ils capturent une énorme quantité de poissons".(1)
Dans son commentaire de Luc 5, 1-11, Ambroise lâche une phrase qui m'éclaire : peut être ai-je trop confiance en moi, y compris en la pertinence de mes choix quand Dieu montre la fatuité de nos projets. Seuls compte l'abandon à la grâce... "Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux". Luc 22, 42. Ces paroles du Christ constitue le commentaire véritable de ce passage. Quelles soient prononcées devant la croix nous laisse pantois.
( 1) Saint Ambroise, commentaire de Luc IV, 71-76, SC 45 (traduction SC, cf. p. 180), source AELF
Vivre les sacrements ? C'est peut-être enfoncer une porte ouverte de dire que le sacrement n'est pas celui d'un jour, d'un lieu, d'une prière. Au contraire, il est le lieu d'une vie, d'une dynamique. Affirmer cela, c'est prendre conscience de la manière dont Dieu agit en nous, nous rend signe. Signe fragile, brisé parfois. Signe qu'il faut reconstruire. A travers la lecture de 3 essais de W. Kasper, je viens de revisiter mes propres écrits sur le mariage, allant jusqu'à revoir mes propos sur ces crises conjugales qui brisent le pacte sacramentel et la question des divorcés remariés. De cela est né un livre (encore un) qui, comme toujours, ne vaut que ce que j'ai mis dedans : le meilleur de moi-même et en même temps, probablement encore des failles. L'écriture me façonne. Depuis quelque temps, tout mes écrits "théologiques" sont publiés à prix coûtant. Je ne suis qu'apprenti... Ces livres sont sources de dialogue. J'espère que celui-là, le sera plus que les autres. En ces temps de réflexion intra-synodale, voici un petit caillou dans la construction délicate de la cathédrale...Une belle analyse de ce texte de Mathieu 25 chez saint Grégoire le grand nous interpelle sur notre tentation du paraître, du valoir.
" L'huile désigne ici l'éclat de la gloire ; les vases, ce sont nos cœurs, dans lesquels nous portons toutes nos pensées. Les vierges sages portent de l'huile dans leurs vases, parce qu'elles gardent au-dedans de leur conscience tout l'éclat de leur gloire. (...) Les vierges folles au contraire n'emportent pas d'huile avec elles, parce qu'elles ne portent pas leur gloire dans le secret de leur cœur, c'est à dire qu'elles la demandent aux louanges d'autrui. (...) Mais les lampes des vierges folles s'éteignent parce que leurs œuvres, qui du dehors paraissaient éclatantes aux yeux des hommes, ne sont plus au-dedans que ténèbres à l'arrivée du Juge ; et elles ne reçoivent de Dieu aucune récompense, ayant pour elles déjà reçu des hommes ces louanges qu'elles aimaient."
Comme souvent, c'est au fond de notre coeur que la parole tranchante vient réveiller notre conscience.
(1) Saint Grégoire le Grand, Homélies sur les évangiles, 12 ; PL 76, 1119-1120, cité par AELF