Quelques milliers de notes et réflexions interactives sur la vie et la foi, à partir de lectures souvent théologiques et à la lumière d'un Autre... Petit "blog" catholique d'un apprenti théologien (Bac canonique), perdu dans l'immensité de la toile... (ordonné diacre en septembre 2018)...
23 juin 2016
Les sept échelons de l'humilité descendante - Saint benoît
Pédagogie en vue du Christ
Tortueuse Harmonie -3
22 juin 2016
Harmonie - 2
Au delà des tensions théologiques décrites plus haut, n'est-ce pas ce qu'il nous faut chercher : une paix intérieure qui, à l'image du discernement ignatien, nous indique que nous sommes sur la bonne voie.
Cela ne doit probablement pas masquer l'intérêt d'une Parole tranchante, d'un glaive qui perce notre coeur et nous conduit au bien, mais trouver une symphonie dans la Parole nous indique que nous sommes sur les pas de Dieu, quand bien même ce chemin est aride. Si nous ne percevons pas la consonance, c'est que nous sommes hors du chemin.
Elle résulte en effet de l'harmonie invisible du Verbe, qui conduit l'Ecriture et rejoint le plan de Dieu sur l'homme. Cherchons là, avant tout, en poursuivons cette lecture...
Une dernière valse...

Extrait : "Son cœur battait encore des joies du passé. Sa vie était toujours emportée dans la danse. Elle virevoltait encore comme au premier jour, dans une valse qui n'avait cessé de l'emporter plus loin, dans un pas de deux qui ne s'arrêterait jamais. Elle aurait aimé que le chauffeur s'arrête, une dernière fois en vue du moulin, pour contempler le jet sonore et puissant de la rivière. L'Avre préparait déjà ses crues d'hiver, montait doucement le long des berges, inondait déjà le champ où paissaient les moutons, l'été. Elle traçait déjà dans la plaine les premiers ruisseaux qui s'étendraient, par endroits, dans la vallée en des petits lacs argentés, quand l'hiver atteindrait son apogée.
Encore deux ou trois semaines, au plus, avait dit le médecin en signant son hospitalisation ! Qu'est-ce que quelques jours au crépuscule d'une vie qui comptait plus de quatre-vingt-dix années ? Une poussière sur l'océan de sable, un dernier chapelet de fleurs sauvages quand le temps ne compte plus, quand les souvenirs vous habitent et vous enchantent... Son cœur vibrait encore de la première danse. Elle voulait se laisser bercer par les vagues encore joyeuses de sa mémoire, avant de goûter aux noces éternelles qui l'attendaient là-haut."
Nouvelle qui s'insère et constitue la deuxième partie de l'édition 2016 du roman "au cœur de la vallée", "Une dernière danse" est le dernier voyage de Sophie : un retour sur le passé et une vie amoureuse.
Téléchargeable gratuitement au format epub sous ce lien, en vous souhaitant un bon été...
Mes romans sont présentés sur www.avre-passion.fr
21 juin 2016
Le regard du Christ
"Ils regarderont celui qu'ils ont transpercé". (Za 12, 10, Jn 19,37, Ap 1,7). Cette affirmation de Zacharie contemplée dans les lectures de dimanche dernier est reprise par Balthasar dans son évocation du jugement dernier, notre ultime rendez vous avec le Christ.
"Ce tête à tête dans lequel se dissout la dure écorce de la vie du pécheur, tandis que l'homme réalise, dans une vue inévitable et inexorable, ce qu'il a fait au Christ, quelle forme sa vie chrétienne aurait du revêtir et a été manquée (...). [Un regard à la suite duquel] il est fondu et assoupli pour "l'unique forme" sous laquelle il faut pénétrer dans le royaume du Père, la forme du Christ (Ga 4, 19)*.
20 juin 2016
Au nom du Christ
Quel est ce nom ? La contemplation de Paul part de la kénose, de celui "qui n'a pas retint le rang qui l'égalait à Dieu, mais qui s'est anéanti, vidé de lui même et a pris le rang de serviteur jusqu'à mourir".
"Saint Paul, avec plus de précision que personne, a compris qui est le Christ et a montré, à partir de ce que celui-ci a fait, comment doivent être ceux qui portent son nom. Il l'a imité si clairement qu'il a montré en sa personne quelle est la condition de son Seigneur. Par cette imitation très exacte, il a confondu l'image de son âme avec son prototype au point que ce n'était plus Paul qui semblait vivre et parler, mais le Christ lui-même. Comme il le dit, en prenant admirablement conscience de ses propres avantages : Puisque vous désirez avoir la preuve que le Christ parle en moi. (...) Et encore : Je vis, mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi.Il nous a donc révélé ce que signifie le nom du Christ, lorsqu'il nous dit, que le Christ est puissance de Dieu et Sagesse de Dieu ; en outre, il l'a appelé paix et lumière inaccessible où Dieu habite, sanctification et rédemption, grand prêtre, agneau pascal, pardon pour les âmes, lumière éclatante de la gloire, expression parfaite de la substance, créateur des mondes, nourriture et boisson spirituelle, rocher et eau, fondement de la foi, pierre angulaire, image de Dieu invisible, grand Dieu, tête du corps qui est l'Église, premier-né avant toute créature, premier-né d'entre les morts, premier-né de la multitude de frères, médiateur entre Dieu et les hommes, Fils unique couronné de gloire et d'honneur, Seigneur de gloire, commencement de ce qui existe, (...) roi de justice et ensuite roi de paix, et roi de tous les hommes, avec une puissance royale sans aucune limite". Grégoire a qui nous empruntons ce commentaire ajoute :"il y a encore beaucoup de noms à ajouter à ceux-là, et leur nombre les rend difficiles à compter. Mais si nous rassemblons tous ces noms et si nous rapprochons leurs diverses significations, ils nous montreront tout ce que signifie le nom de Christ, si bien que nous pourrons comprendre toute la grandeur de ce nom inexprimable. (...) Puisque nous avons reçu communication du plus grand, du plus divin et du premier de tous les noms, au point que nous sommes honorés du titre même du Christ en étant appelés « chrétiens », il est nécessaire que tous les noms qui traduisent ce mot se fassent voir aussi en nous, afin qu'en nous cette appellation ne soit pas mensongère, mais qu'elle reçoive le témoignage de notre vie" (1)
19 juin 2016
La Croix, source de toute grâce
Ce jour-là, il y aura grande lamentation dans Jérusalem (...) Ce jour-là, il y aura une source qui jaillira pour la maison de David et pour les habitants de Jérusalem : elle les lavera de leur péché et de leur souillure" (1).
Cette lettre de Zacharie est la clé de notre soif vers Dieu. Et le psaume du jour (63) n'est qu'une illustration de cette soif qui devrait nous habiter. Goûtons à cette prière, faisons la nôtre :
je te cherche dès l'aube :
mon âme a soif de toi ;
après toi languit ma chair,
terre aride, altérée, sans eau.
j'ai vu ta force et ta gloire.
Ton amour vaut mieux que la vie :
tu seras la louange de mes lèvres !
lever les mains en invoquant ton nom.
Comme par un festin je serai rassasié ;
la joie sur les lèvres, je dirai ta louange.
je crie de joie à l'ombre de tes ailes.
Mon âme s'attache à toi,
ta main droite me soutient"(2)
En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ ;
il n’y a plus ni juif ni grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus.
Et si vous appartenez au Christ, vous êtes de la descendance d’Abraham : vous êtes héritiers selon la promesse".
(2) Psaume 63(62),2.3-4.5-6.8-9.
(3) Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 3,26-29.
Textez, source AELF
Nudité transfigurée
Cette tension qui rejoint celle décrite dans notre dynamique sacrementelle nous donne à penser. Elle rejoint ce qu'écrivait Christophe Gripon dans son hymne sur Christ-Sophia (2).
(1) Hans Urs von Balthasar, La gloire et la croix, tome 1, Apparition, op. cit. GC1 p. 151
(2) Eros, un chemin vers Christ Sophia, op. Cit. ch. 2 et 3
18 juin 2016
Harmonie intra-testamentaire
L'enjeu, comme l'exprime plus loin Balthasar est de nous laisser pénétrer corporellement par Dieu, d'abord dans les prémices que constitue la résurrection du Christ, puis dans dans le don total qu'est la résurrection générale" (4).17 juin 2016
Humilité de Dieu - suite
16 juin 2016
De la trace à la grâce
Cette présence du Verbe dans l'AT n'est pas fortuite, même si elle reste marquée par ce cacher / dévoiler qui prépare le déchirement final.
Dans la figure qui émerge, souffrante, humble et décriée se révèle, en effet, comme le souligne si bien Marc 15,38, l'au-delà du voile, le Christ, sacrement unique de la révélation divine. C'est cette dynamique que nous poursuivons dans ces lignes.
(1) voir mes études des théophanies in l'Amphore et le fleuve
(2) cf. John P. Meier, Un certain juif Jésus, Les données de l'histoire, IV La loi et l'amour, Paris, Cerf, 2009, p. 34
(3) Christophe Gripon, Éros, un chemin vers Christ-Sophia, Paris, Médiaspaul 2016, ch. 3.
15 juin 2016
Le fouillis et la trace
Il nous faut contempler cette dynamique propre à la révélation, comme ce qu'elle révèle à la fois de la pédagogie et de la danse trinitaire. La trace est ténue, mais elle est là. Elle s'efface et se montre, se voile et se dégage.
14 juin 2016
Le fouillis testamentaire
La vigne de Naboth
Une tension apparaît entre le crime d'Acab, qui mérite punition aux yeux de l'auteur de 1 Rois 21 et l'appel du Christ a aimer ses ennemis (Matthieu 5). Comment la résoudre ? Nous sommes, dans le premier cas, face à la théologie de rétribution, typique de l'Ancien Testament qui punit l'homme de ses fautes et, à l'inverse, dans l'Evangile, devant l'amour miséricordieux de Dieu.
L'Ancien Testament n'apporte pas toutes les réponses et en prêtant à Dieu l'intention de punir les fils pour la faute des pères, l'auteur cherche surtout une interprétation à ses propres malheurs. Est-il lui même en exil, cherche-t-il à comprendre pourquoi il semble maudit de Dieu ? Est-ce à cause de la faute de ses pères ?
"Dieu ne veut pas la mort du pécheur mais qu'il se convertisse et qu'il vive", trouvera t'on plus loin dans l'AT (Ézékiel 33, 11). C'est la qu'est la clé de notre tension, et le psaume 50, nous indique la voix. Pitié pour nous, car nous sommes pécheurs.
Ne jugeons pas la faute d'autrui, gardons nous seulement de retomber dans la notre.
L'amour des ennemis est notre chemin, c'est celui du Christ.
12 juin 2016
Contempler la miséricorde divine
Il y a une profonde unité dans les textes du jour. Ils nous aident à percevoir l'étendue de la miséricorde de Dieu, qui en soit est une leçon d'humilité. Qui de nous pardonnerait David pour le meurtre d'Ourias ? Quel regard avons nous pour les gens de mauvaise vie ? Sommes nous plus ouverts que le pharisien invitant Jésus à sa table ?Dieu est plus grand que notre coeur et saint Paul a raison de se sentir que "ce n’est plus lui, c’est le Christ qui vit en lui. Ce qu'il vis aujourd’hui dans la chair, il le vis dans la foi au Fils de Dieu qui l’a aimé et s’est livré lui-même pour lui", comme il s'est livré pour nous. En contemplons cela, non seulement nous remettons le Christ au centre de nos vies, mais nous percevons que ce qui est bon en nous vient de Dieu.