juin 09, 2015

Lumière du sacrement

La force signifiante du sacrement,  qu'elle soit celle du baptême, du mariage ou de l'ordre est à contempler.  Pleinement empli du Christ l'homme peut sentir la puissance qui se déploie dans sa faiblesse. Car ce n'est pas ses mérites qui sont signes, mais la manière dont Dieu les habitent, les emplit de ses dons. 

Quand les chrétiens réalisent cela, ils ne sont plus serviteurs d'eux mêmes mais serviteur d'autre chose, d'un plan qui est supérieur. De même qu'un couple heureux rayonne de l'amour qui l'habite, le chrétien qui danse avec son Dieu rayonne d'un amour qui l'enveloppe, le fait agir, l'emplit d'une joie qui le dépasse. Il n'est plus lui-même mais passeur (1) de Dieu.
 
On peut entendre à ce titre ce que disait Paul : « Vous brillez comme des sources de lumière dans le monde, vous qui êtes porteurs de la parole de vie » (Ph 2,15-16).  

Reprenant cette affirmation, saint Chromace d'Aquilée, évêque du 3ème siècle précise : "Cette lampe resplendissante, qui a été allumée pour servir à notre salut, doit toujours briller en nous. Nous avons en effet la lampe (...) et la grâce spirituelle dont David disait : « Ta parole est une lampe pour mes pas, une lumière sur ma route » (Ps 118,105)... Cette lampe (...) nous ne devons donc pas la cacher, mais la dresser dans l'Église comme sur le lampadaire, pour le salut d'un grand nombre, afin de jouir nous-mêmes de la lumière de la vérité, et d'en éclairer tous les croyants." (2) 

Il ne s'agit pas pour autant de l'imposer mais plutôt de laisser transparaître en nous cette lumière qui nous habite, nous fait vivre. Car elle ne vient pas de nous mais de la force de l'Esprit que Dieu a déposé en notre coeur. Cette lumière n'est autre en effet que la lumière du Christ,  puissance venue de ce corps glorieux qui jaillit du tombeau. 

(1) cf. Theobald / Bacq la pastorale d'engendrement
(2) Saint Chromace d'Aquilée, Homélies sur l'évangile de Matthieu, n°5, 1.3-4 : CCL 9, 405 (trad. cf bréviaire 11/06 et Orval) 


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