juillet 14, 2016

La caresse et la loi - Pape François

Une question demeure dans un monde qui semble indifférent aux normes éthiques de base. Faut-il insister sur la loi, les règles la morale, alors que le monde rejette ces excès de moralisme (à l'exception d'un reste qui se réfugie au contraire dans ces protections factices) ? La réponse du pape est cohérente avec son idée d'hôpital de campagne : "Dieu ne nous sauve pas seulement par un décret, par une loi, il nous sauve par la tendresse, les caresses, il nous sauve par sa vie pour nous" (1)

Le pape ne met pas pourtant en arrière plan les préceptes moraux, précise Spadaro, il "invite à placer la doctrine morale de l'Église dans le contexte qui lui donne sa signification"(2).

"Nous ne pouvons guérir un malade si nous ne partons pas de ce qu'il y a de sain en lui (3)", il faut donc partir de ce qui est positif, des ressources dont le malade dispose encore, d'une disponibilité à la grâce qui n'a pas été entamée (4), précise Spadaro.

L'enjeu, et je le rejoins là tout particulièrement est dans la qualité de la relation : "plus qu'insister sur une norme objective indiscutable à laquelle chaque chrétien doit se conformer, le pape préfère demeurer ouvert à l'Esprit qui parle au croyant à travers sa vie, dans l'originalité des situations, dans le vif d'un moment historique donné, et dans la communauté des croyants qu'est l'Eglise"(5).


(1) Homélie du 22/10/13 à Sainte Marthe, citée par Spadaro, op. Cit p. 86.
(2) Spadaro, Cette Eglise que j'espère, p. 87
(3) Jorge Mario Bergoglio, Nel cuire dell'uomo. Utopia e impregno, Milan, Bompiani, 2013, p. 54, cité par Spadaro, Ibid.
(4) Spadaro, ibid.
(5) ibid. p. 90.


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