septembre 29, 2005

Perfection ?

Pour Lytta Basset, "on ne plus viser la perfection mais l'amour, un amour généreux et parfois maladroit. La perfection c'est l'orgueil, l'amour c'est un don restitué".

Ca humanise, ce type de réflexion... J'y retrouve les accents déjà dévellopé dans le billet verticalité...

à partir de Lytta Basset, Méditations du 30/6/05, Magnificat

septembre 28, 2005

Descente (kénose)

Pour Balthasar, le Christ a "une attitude de vie descendante" (...) dans l'humiliation et le rejet, pour apparaître avec la rigueur inexorable et la grandeur appropriée à sa mission, grandeur qui justement dans l'abaissement brille autant plus clairement.
Par tout son être, il renvoie toujours à Dieu qui l'a envoyé et dont il incarne la présence, sa grandeur laisse transparaître la grandeur divine... Une grandeur qui désire se rapprocher dans homme de cet abaissement
".

C'est tout le sens pour moi du dévoilement du mystère, loin d'une interprétation étroite de la colère de Dieu (évoquée plus haut).

(1) d'après Dramatique Divine, II-2, Urs von Balthasar, ibid p. 109

septembre 27, 2005

La croix

Qui est cloué sur la croix : à la fois "celui qui est livré par Dieu aux mains des pécheurs et l'homme solidaire avec eux". (1)

L'élément dramatique est ici reconquis, non seulement pour Dieu lui-même (dans son conflit intérieur entre la colère et l'amour) mais aussi pour l'alliance pour le rapport entre Dieu et l'homme. Le thème de la substitution que bien des catholiques voudraient éviter est utilisé sans scrupules par les protestants dit plus loin Balthasar...

Mais je continue à être allergique à cette substitution... Je préfère une version où l'amour de Dieu va jusqu'à une démonstration sans pareille du don... Après avoir envoyé les prophètes, il envoie ce qui lui est le plus cher et en faisant cela il révèle le meilleur de lui-même... Un amour qui ne veut pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive, comme l'affirmait Ezéchiel dans la lecture de dimanche...

(1) d'après Dramatique Divine, II-2, Urs von Balthasar, ibid p. 97

septembre 25, 2005

Chemins d'Eglise

Il semble que la dimension de verticalité ne soient plus cependant une des préoccupations majeures de notre temps. Comment réveillez en l'homme le transcendant, cette source intérieure qui repose enfouie sous les mirages de la vie ? Comment susciter chez l'homme sa véritable vocation, ce désir de voir Sa Face... ?

Je reste partagé à mi-chemin entre cette tendance "moderne" de notre Eglise qui met en avant et en tout premier lieu, l'importance de l'amour rayonnant, d'une communauté accueillante et humaine et celle plus classique d'une explicitation du message.

Cela me rappelle cette image entendue il y a vingt ans d'un vieux prêtre bordelais. "L'Eglise est comme le battant d'une cloche qui oscille entre le subjectif et l'objectif...". La vérité est au milieu, où peut-être même dans ce mouvement même qui fait que l'un où l'autre des chemins peut donner à l'homme cette impulsion nouvelle, cet éclairage intérieur de la conscience.

septembre 23, 2005

Verticalité

Grande discussion hier soir avec un chercheur de Dieu...
Ce qui était frappant, c'est cette connivence dans la recherche du transcendental, du vertical qui stimulait nos neurones, mais qui pouvait fort bien aboutir à un "Nirvana" pour moi tout seul.
La discussion sur la Trinité et son sens symphonique ont cependant mis en évidence que le Dieu chrétien ne peut être "mon Dieu" à moi tout seul et finalement ma propre construction personnelle et égoïste. La dimension de communion, la communauté seule permet d'éviter ce travers. Mais ce n'est que dans le pas de chaque jour que l'on peut conjuguer les idées et les gestes, que cela ne soit pas que des belles cymbales qui résonnent et que cela devienne une véritable charité pour le prochain le plus proche, comme le moins proche.
Un chemin à méditer.

septembre 21, 2005

La Colère de Dieu

Ce thème est fréquent dans l'Ancien Testament. Il traduit l'influence encore prégnante des mythes et légendes dans la construction de l'image de Dieu. La révélation de Dieu utilise ce moyen pour se révéler. Mais Dieu n'est pas dans le tonnerre ou le feu, affirme le premier livre des Rois , 19. Il est dans le "bruit d'un fin silence" comme le traduit Emmanuel Lévinas (le souffle d'une brise légère), c'est à dire qu'il se révélation¦révèle progressivement jusqu'au dévoilement du Christ en croix.
Ainsi, comme le note Hans Urs von Balthasar la colère de Dieu devient dans le Nouveau Testament " le feu qui brûle dans l'amour inexorable de Dieu et le feu consumant (He 12,29) qui doit brûler et élaguer tout ce qui n'est pas l'amour (He 4,12), soulignant ainsi l'abandon du Fils dans les mains des hommes.

En quelque chose, la colère est transportée du coté humain. La Parole et le Fils de Dieu (qui étant livré se livre lui-même et se dévoile) se traduit dans un abandon perçu comme un non recours pour que la "super-action" humaine soit poussée jusqu'à son retranchement le plus fort, un don total sans soutien apparent de Dieu qui dévoile jusqu'où l'homme peut aller sans Dieu pour rejoindre Dieu.

septembre 19, 2005

Présence divine et liberté

Balthasar note que "dans le christ est ouvert de par Dieu cet espace personnel de liberté dans lequel les personnes particulières reçoivent leur visage humain ultime, leur mission où leur rôle qui leur est confié pour qu'elles le jouent de manière accordée ou non." Il considère ainsi que le "principe du Christ" est aussi un principe humain qui offre un espace divin de liberté d'en haut, tout en étant médiation entre l'humain et divin dans le mystère de l'Eucharistie" Pour le lui, le Christ "se prodigue de telle manière que par la puissance de l'Esprit Saint, il est dispersé sans perdre son caractère unique". (1) Cette dispersion de l'infini dans le fini, tout en respectant sa liberté, reste unie à l'infini, par le don en chacun de cette parcelle d'infini dont on se fait le réceptacle. On retrouve cette invitation à la danse trinitaire que j'évoquais à propos du tome précédent...
On peut comprendre alors la vision du théologien qui voit l'Eucharistie comme la "multiplication" des "moyens de grâce" sacramentels par lesquels l'homme créé parvient à l'état d'enfant du Père.
Cette filiation, qui nous fait participer à la première filiation est la simple constatation de la parole du semeur. Rien n'est semé sans qu'elle ne revienne au Père. Il n'y pas déperdition d'amour, mais partage et réconciliation.
On peut bien sûr objecter que le refus de Dieu conduit au "gâchis de l'amour", mais la comptabilité céleste doit être autre, car si certains grains meurent sans porter de fruits, d'autres doivent donner à raison d'un pour mille...
En cela, l'Eglise se conçoit comme il le dit plus loin comme un "germe du Royaume" bien que "comme telle elle se dépasse essentiellement elle-même" (2)

(1) d'après Urs von Balthasar, ibid p. 31 et 32
(2) ibid p. 36

septembre 17, 2005

De l'éthique à l'hyperbole

Si Jésus pendant sa vie publique a donné des instructions éthiques, "son apport principal ne doit plus pourtant être appelé éthique : il se trouve dans l'attitude qui consiste à laisser arriver, à se laisser distribuer et exploiter dans la passion et dans l'eucharistie". Il y a la pour Balthasar un renversement intéressant qui rejoint la thèse que j'ai déjà souvent supporté d'une démarche hyperbolique. Le chemin du Christ n'est plus de dire "fais ceci ou cela", il est de vivre jusqu'au bout ses convictions et son amour, en accompagnant ses actes de paroles mais aussi de silences. Pour Balthasar, "les fruits qui mûrissent en lui et sont distribués à partir de lui." Il s'agit pour le théologien de "se laisser émonder par le Père pour porter plus de fruits". En soi, l'influence du Christ "n'est pas dans les effets visibles, l'église visible, mais comme déjà pour Jésus et ses disciples dans l'insaisissable". (1) La morale n'est pas explicite, elle se transforme en simple hyperbole, en un appel à un au-delà qui n'est pas de l'ordre du devoir, mais d'une réponse. En soi, l'Eglise n'est pas d'ailleurs principalement le lieu d'affirmation d'une morale, même si cette dernière peut être utile à une conscience éclairée. L'Eglise est un lieu de vie réel, une expérimentation douloureuse, dramatique à la suite d'un homme qui a eu, lui aussi l'expérience en sa chair de la douleur, du drame, mais qui à travers sa mort et sa résurrection nous révèle le chemin.
Cette relativisation du rôle de l'Eglise dans une sotériologie est bien sûr délicate, mais elle rejoint ce qu'évoquait Lévinas, dans Difficile liberté, "La lumière sera accessible quand l'Eglise prendra conscience qu'elle n'a pas le monopole de la lumière". Ces termes sont bien surs abruptes et blessants, mais à la lumière du reniement de Pierre et de tous ceux qui ne vivent pas en vérité ce qu'ils espèrent, ils appellent à une certaine modestie, sans rejeter pour autant le sentiment diffus et a posteriori que dans cette pâte humaine, le souffle reste vivant, actif et fécond.
(1) d'après Urs von Balthasar, ibid p. 24

septembre 15, 2005

Conscience de Jésus

Le thème de la conscience de Jésus est lié à la problématique posée par ce que l'on appelle dans l'Évangile de saint Matthieu , le discours eschatologique ou Jésus annonce une fin des temps toute proche. Cette ''erreur'' de prévision qui peut aussi être une erreur d'interprétation des apôtres est la source d'une intense discussion parmi les exégètes dans la mesure où elle met un doute sur la conscience prophétique du Christ pendant sa vie humaine. Dans la première épître aux Thessaloniciens , saint Paul commente cette attente qui se prolonge en exhortant à toujours plus de sainteté.
Au terme de 2000 ans, il nous faut cependant, à la fois reconnaître que cette attente n'est pas celle d'une venue imminente mais bien une disposition d'esprit et de coeur qui ne se repose pas dans le temps présent, mais conserve cette tension.
Quant à la conscience de Jésus, il semble qu'un consensus se soit établi maintenant pour parler de conscience progressive qui permet de concevoir la situation paradoxale du Christ pendant son Incarnation , vrai homme et donc dépourvu de conscience complète du futur et vrai Dieu...

Sources :
* Bernard Sesboüé , Pédagogie du Christ
* Hans Urs von Balthasar , Dramatique Divine, II - Les personnes du drame 2. Les personnes dans le Christ

Communion

Il n'y a Eglise que s'il s'installe entre nous une véritable communion. Et cette communion n'est réelle que lorsque que chaque personne est respectée comme personne. C'est pourquoi le personalisme en tant que tel constitue une avancée majeure du christianisme.
Tant que nous ne prenons pas en compte chaque être dans la globalité de son être, nous ne sommes que faux, nous sonnons faux...
Et c'est bien là la principale difficulté d'un chemin à trouver.

septembre 13, 2005

Rapports intimes

Il y a en nous cette aptitude à une certaine "perméabilité" qui nous permet d'être participant et écoutant à la présence intime et respectueuse de l'homme-Dieu. Dans sa kénose, il nous invite à participer et porter la parole du monde et entrer sans savoir comment, de manière mystérieuse et parfois joyeuse dans la parole miséricordieuse du Père.
"La descente kénose va jusqu'à la mort mais va encore plus loin jusqu'au partage du corps en chacun de nous" (1) Alors nous voyons, au travers même de ce coté ouvert, jusqu'où Dieu se fait présent et aimant, jusqu'ou se poursuit la kénose...
Ainsi s'accomplit alors "une "divinisation" de la chair pénétrée par le pneuma divin" (2)
Pour reprendre le récit de la création avec son sens nouveau, "l'enlèvement de la cote de l'Eglise n'est plus dans le sommeil adamique mais dans le flan ouvert du Christ qui se partage dans l'eucharistie". La fécondité sexuelle est ainsi "dépassée pour être une agape plus large signe de la mort par amour et forme définitive de l'incarnation du Verbe de Dieu en un corps spirituel" (3).

(1) d'après Hans Urs von Balthasar, ibid p. 359
(2) ibid p. 361
(3) ibid p. 362

septembre 11, 2005

Sexualité et Communion

Pour Balthasar, "il existe une sphère dans laquelle nos corps communique bien au delà de la sexualité non pas pour former une unité biologique mais un organisme pneumatique fondé sur la résurrection du Seigneur et sa présence eucharistique". On retrouve ce que je décrivais plus haut sur la danse trinitaire. Si nous avons reçu en nous l'Esprit et qu'à travers un acte de décentrement nous le laissons libre d'agir en nous, nous parvenons à cette fission nucléaire qu'évoquait Benoît XVI dans son homélie de Marienfeld (JMJ 2005), celle d'un coeur qui entre dans la communion véritable, la symphonie de Dieu en trois personnes, à laquelle nous devenons, par notre vocation des humbles participants.

(1) d'après Hans Urs von Balthasar, ibid p. 359

septembre 10, 2005

La liberté de Dieu

"L'unique substance dont la créature puisse se déclarer issue est la volonté, c'est-à-dire la liberté de Dieu. ". Quelque chose de totalement nouveau apparaît lorsque, dans la Parole de Dieu qui l'interpelle, l'homme aperçoit le dessein de la vérité divine sur la création. Il comprend qu'en communiquant l'être à l'origine et en suscitant des existants finis libres et doués de conscience, il avait l'intention, en un second acte de liberté de les initier aux mystères intimes de sa vie et par là d'exécuter toute la promesse qu'il avait inscrite dans l'acte infini de la réalité d'être. (1)
Il y a donc une double dynamique, celle d'un Dieu qui donne et se donne* et celle d'une espérance que l'homme créée libre entre dans cette vision de Dieu sur le monde et cette réalisation n'est pas hybris pour l'homme mais abandon, parfois souffrance au projet de Dieu plus grand que lui...

* c'est le christ qui trace cette voie du don et de l'accomplissement de la promesse. On rejoint le texte paulinien sur la justification...
(1) d'après Hans Urs von Balthasar, ibid p. 350

septembre 09, 2005

Don et promesse

"Dieu don et promesse qui ouvre à l'infini". (1)
J'aime l'accolade de ces trois notions qui pourraient être indépendantes mais qui sont réunis et caractérisent en quelque sorte l'amour de Dieu. Un amour qui ne se contente pas de donner mais promet de donner encore, ouvrant l'acte de choix "pour Dieu" dans une dimension qui dépasse la finitude, puisque ce pour Dieu nous fait participer à son infinitude. En prenant conscience des dons de Dieu, nous entrons dans son "jeu", nous devenons des libres participants d'une symphonie d'amour. Mais cette participation, à la limite n'est pas de notre fait. Elle est elle-même trinitaire, car qui sinon le pneuma (l'esprit) qui souffle en nous aspire à entre dans cette danse. En disant oui à Dieu nous dansons avec lui et l'Esprit qu'il a déposé en nos coeurs vibre d'une même espérance.
"Dieu don et promesse qui ouvre à l'infini". (1)
On comprend dans ce sens que Balthasar puisse ajouter alors que "la destination à participer à la nature divine doit aussi nécessairement être interpellation et vocation que l'on puisse saisir par l'intelligence" c'est en effet pour lui l'acte le plus libre qui soit. En prenant conscience de cette appel et de cette vocation, nous découvrons " la magnificence d'une liberté absolue (...) de plus en plus intensément à mesure qu'elles sont initiées à la nature divine par la Parole de Dieu". (2)
(1) d'après Hans Urs von Balthasar, ibid p. 348
(2) ibid page 349

septembre 08, 2005

Autexousion

L'autexousion (le surgissement originaire de la conscience dans la liberté) est d'abord est avant tout l'accueil d'un don. En toute pensée, dans ce que Descartes conçoit dans son "cogito ergo sum", Dieu est, pour les thélogiens, implicitement posé. De fait il nous faut rendre grâce de ce cogito qui me permet d'être. Le surgissement de la pensée consciente est le lieu de notre liberté fondamentale. Elle repose sur la naissance de la conscience intérieure qui est pour saint Thomas d'Aquin, au plus profond de tout homme.
L'acte de la pensée, puis du discernement ou de la raison au sens kantien est le chemin d'une véritable humanisation.

septembre 07, 2005

Egalité des sexes.

Pour Balthasar la primauté de l'homme se transforme en égalité. Quand la femme acquiert à son tour le pouvoir de tirer de sa chair un petit homme. L'homme à son tour naît de la femme (1 Co 11, 8-12) si bien qu'aucun d'entre eux n'a droit sur son propre corps mais sur celui de l'autre.
Si j'adhère à la première partie de l'affirmation, je souhaite apporter des bémols sur la seconde. Le droit sur l'autre et encore plus sur son corps est bien évidemment, d'abord et avant toute chose un don de Dieu et par extension le fruit du don réciproque que l'un et l'autre peuvent se donner à travers l'échange sacramentel. Mais est-ce un droit ? Je dirais qu'il s'agit plutôt d'une attitude, d'une exhortation à l'ouverture et à cet échange symphonique qui caractérise la rencontre conjugale des corps et des coeurs...

(1) d'après Hans Urs von Balthasar, ibid p. 324

septembre 06, 2005

Co-créateurs

En faisant de l'être fini un participant à sa création, Dieu entame cet abaissement qui va jusqu'à la kénose. Il se place dans la dépendance d'un événement que les créatures peuvent déclencher à leur gré. On touche là au "profond mystère où l'homme n'est plus la chose du père mais est considéré comme personne dans sa relation immédiate à Dieu...." (1) Et le cri d'Eve qui dit "J'ai acquis un homme de Yahvé" saisit tout de suite la double filiation qui est en jeu. La naissance n'est pas seulement un don de la nature mais elle aussi cadeau de Dieu.

(1) d'après Hans Urs von Balthasar, ibid p. 325

septembre 05, 2005

Une compagne en Esprit...

Si Adam ne trouve pas dans la nature un être capable de satisfaire ses aspirations, c'est qu'il "veut un vis-à-vis qui lui offre spirituellement du charnel et charnellement du spirituel" (1). Comment comprendre ce mot de Balthasar si ce n'est en élargissant la notion même de sexualité à sa dimension de communion des coeurs. Si la communion de la chair n'est pas une communion des coeurs, si la chair et l'esprit ne trouve pas dans la rencontre des corps un lieu de dilatation et de symphonie alors l'homme est dépourvu de cette complémentarité même qui fait de lui une "petite" image de la communion trinitaire.

(1) d'après Hans Urs von Balthasar, Dramatique divine, l'homme en Dieu, p. 323

septembre 04, 2005

Incarnation

Il faut que l'esprit pour être vraiment au dessus, descende vraiment en bas, dans la chair, c'est ainsi seulement qu'il peut élever celle-ci en le spiritualisant véritablement mais pour cela il faut un modèle qui vive les deux mouvements vers le bas et vers le haut. (1)
Je pense que l'on ne peut comprendre l'intérêt de l'incarnation du Christ sans cette prise de conscience de son humanité pleine et véritable. Toute tentative de faire du Christ un sur-homme qui bénéficierait de l'aide divine où de sa divinité pour échapper à la condition humaine conduirait à lui retirer le sens même de cette descente, de cette kénose et enlèverait à l'homme la possibilité d'accéder au salut. Le danger cependant d'un tel discours serait d'introduire une vision où l'homme peut se sauver seul. Dans le mystère de l'incarnation repose aussi pour moi cette qualité d'ouverture et de décentrement qui fait que Jésus pleinement homme n'agit pas pour lui mais pour le Père, devenant ainsi réceptacle de la grâce qu'il reçoit alors sans compter.
On perçoit alors l'incarnation comme un véritable mouvement trinitaire où les personnes divines accèdent à une communion, une symphonie...
(1) d'après Hans Urs von Balthasar, ibid p. 317-318

septembre 03, 2005

Acteur

L'homme peut-il devenir acteur de lui-même ? Entre une opposition entre les actes et la grâce je verrais plutôt une notion relative où la grâce est perçue comme infinie face aux actes finis de l'homme. Pour que cette infinitude trouve en l'homme un écho, il faut que par des actes finis, l'homme se rende participant, et se faisant devienne tremplin et temple de la grâce.

Nature et Liberté

Selon Martin Deutinger (1) cité par Balthasar (2) ; "Dans l'homme, la nature et la liberté sont des pôles contraires et cette antithèse ne saurait être surmontée que par la révélation d'une volonté divine supérieure. C'est en rejoignant cette volonté que l'homme saisit à la fois le fondement de l'être et celui de la liberté. Au contraire, l'homme qui refuse la vérité divine en même temps qu'il nie la liberté nie aussi le fondement de l'être (...) l'être est la liberté et la liberté est l'être."
On retrouve cette notion de refus qui déjà dans saint Paul marque la rupture définitive du mal. Dieu propose et si l'homme refuse en toute conscience, il se sépare d'une participation à l'être. La question demeure. Est-ce que le refus de l'homme est fait en toute conscience. Dieu n'est pas visible au point de forcer la liberté, mais il n'est pas invisible non plus. Et ce choix intérieur, que l'on ne peut juger de l'extérieur reste le secret de chaque conscience. Notre seule tâche, aider à cette révélation et à l'intelligence de cette révélation.
"L'homme est plus que ce que l'on peut dire..." (3)
(1) Grundlingen der Positiven Philosophie III, Die Denklehre 1844
(2) d'après Hans Urs von Balthasar, ibid p. 292
(3) ibid p. 301