octobre 15, 2006

Péché orignel



La notion de péché originel ne doit pas pour moi être conçue comme une punition, mais comme le cadeau d'une liberté. Que serions nous en effet si nous n'étions que des êtres de grâce, embrasés de la tête aux pieds par l'amour de Dieu au point de ne pouvoir que tendre vers cette communion spirituelle ? Certes nous serions dans la béatitude céleste, mais tels des pantins ou des robots dépendants de notre grand programmeur...
Non ! Dieu, parce qu'il est amour, nous a fait libre et cette absence de grâce est le prix à payer pour la trouver, à la fin, non comme un dû, mais comme le fruit de la longue pérégrination d'un désir qui en aspirant à ce qu'il n'a pas, trouve du prix à ce qu'il aura...
Notre liberté se trouve ainsi située antérieurement à toute décisions personnelle. Si nous sommes libre physiquement il n'en reste pas moins que nous sommes moralement incapable de déployer notre liberté (1). Et cette impossibilité originelle appelle à une médiation. En cela, notre impuissance va de pair avec le don qui nous est fait en Christ. Nous sommes imparfaits mais tachons "de le saisir" (cf. Phil 3), lui sans qui nous ne sommes.

(1) d'après Hans Urs von Balthasar, Dramatique Divine, 3 L'action, ibid p.162
Balises : Décentrement Balthasar

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