janvier 11, 2019

Au fil de Luc 5, 12-14 - le lépreux

"Jésus était dans une ville quand survint un homme couvert de lèpre ;
voyant Jésus, il tomba face contre terre et le supplia :
« Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. »
Jésus étendit la main et le toucha en disant :
« Je le veux, sois purifié. »
À l'instant même, la lèpre le quitta."

Quelle est notre lèpre ? Sommes-nous aujourd'hui capable de tomber face contre terre et de demander le pardon de Dieu ?

Ce mouvement intérieur d'introspection n'est pas inutile. Il nous fait prendre conscience de toutes nos addictions, nos paresses, nos adhérences au monde. 

Comme le psalmiste nous pourrions dire : “oui mes péchés me submergent, leur poids trop pesant m’ecrase. Mes plaies sont puanteur et pourriture, c’est la le prix de ma folie. Plus rien n’est sain dans ma chair (Ps 37, 5-8)

Nous sommes loin du Christ qui reste en permanence tourné vers le Père. Et pourtant c'est dans ce lien spirituel au Père qu'il se penche vers nous, s'agenouille probablement pour nous toucher, malgré nos infirmités. 

La première lecture (1 Jn 5) parle d'Esprit, d'eau et de sang. Qu'est-ce à dire ? Le don de Dieu, c'est d'abord l'Esprit, ce qui au fond de notre coeur vient nous tourner vers le Père et nous aide à crier Abba (ou vers le Christ en disant « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. »

C'est en ensuite l'eau vive, cette eau qui coule du coeur transpercé et qui nous inonde de consolation et de vie, nous purifie et nous relève comme Naaman au Jourdain. L’eau du Jourdain celle la même où Il s’est plongé pour nous inviter à faire de même...

C'est ensuite le sang, celui versé pour nous et devant qui notre coeur fond et devient sans repos. 
Le sang, c'est en effet cette conversion du coeur qui nous fait aller plus loin. 
Écoutons sur ce point Bonaventure : 
« Un jour que François priait dans la solitude et que, emporté par sa ferveur, il était tout absorbé en Dieu, le Christ en croix lui est apparu. À cette vue, « son âme s'est fondue » (Ct 5,6) et le souvenir de la Passion du Christ l'a percé si profondément qu'à partir de ce moment il pouvait difficilement se retenir de pleurer et de soupirer lorsqu'il venait à penser au Crucifié ; lui-même en a fait un jour l'aveu peu de temps avant sa mort. Et voilà comment il a compris que c'était à lui que s'adressait la parole de l'Évangile : « Si tu veux venir après moi, renonce à toi-même, prends ta croix et suis-moi » (Mt 16,24).
Il s'est abandonné dès lors à l'esprit de pauvreté, au goût de l'humilité et aux élans d'une piété profonde. Alors que jadis non seulement la compagnie, mais la vue d'un lépreux, même de loin, le secouait d'horreur, il se mettait dorénavant, avec une parfaite insouciance pour lui-même, à leur rendre tous les services possibles, toujours humble et très humain, à cause du Christ crucifié qui, selon la parole du prophète, a été considéré et « méprisé comme un lépreux » (Is 53,3).(1)

(1) Saint Bonaventure, Vie de Saint François, Legenda major, ch. 1 (trad. cf. Vorreux, Éds franciscaines 1951, p. 572), source Évangile au quotidien 


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