juillet 20, 2005

Libérer de l'esclavage...

Dieu vient nous libérer de nos servitudes. La liberté en Dieu, c'est peut-être cette aptitude à maîtriser tout ce qui nous détermine, tout ce qui nous rend esclave. De la passion, de l'idolâtrie, nous pouvons nous libérer, sans rejeter la réalité, le réel mais éclairé dans nos choix par ce qui au fond de nous est présence.
Ainsi, pour saint Augustin, " la liberté finie est le mouvement rationnel et autonome de l'âme, un mouvement dans lequel le moi se possède lui-même librement" (1) de sorte qu'il trouve en toute liberté une faculté de jugement (liberum arbitrum) et qu'au bout de ce chemin sa liberté finie se réalise et devient réellement liberté en actes au sein de la liberté infinie.
A la différence des pélagiens qui exalte la liberté de l'homme, Augustin insiste sur le fait que la liberté est donnée par Dieu à travers l'Esprit Saint (il évoque 14 fois l'Esprit Saint dans ce texte) . C'est la grâce de l'Esprit qui aide l'homme à rentrer dans la liberté vivante.
L'amour dépasse la loi, mais n'en demeure pas une loi (lex caritas (nº 29 de Spiritu et Littera) : "C'est Dieu qui parle intérieurement à notre esprit par son Esprit mais sous forme de persuasion et d'appel à quoi l'homme ne peut répondre qu'en exprimant gratitude, adhésion, délectation consentante." (2) Quand surgit l'assentiment la liberté finie atteint aussi sa liberté infinie. En adhérant à Dieu, elle trouve sa sagesse...
Chez Grégoire de Nysse, la liberté finie est donnée. Se recevoir d'un autre "déclenche en elle un mouvement infini qui est désir de se réaliser non en se coupant de cette source mais en s'assimilant à elle". (3)
Il y a donc rencontre, intérieure et délicate, de l'infini de Dieu en nous. Et cette rencontre reste marquée par la pédagogie et la tendresse de Dieu.
2 Chez saint Thomas d'Aquin, la liberté finie se découvre dans l'acte de présence intime à soi-même, où elle se connaît comme existante, "l'âme saisit à la fois son être propre et l'être universel, en transcendant tout les êtres singuliers. Dans cette saisie, l'être en sa réalité apparaît comme vrai et directement aussi comme bien auquel il peut adhérer." (4). Je retrouve là ce que G. Médevielle décrit dans Le Bien et le mal, ce niveau intérieur de conscience qui ne fait que reprendre la prophétie d'Ezéchiel : "Je mettrais en vous un esprit nouveau"...
Dieu m'est plus intérieur que moi-même...(5)
(1) De spiritu et Littera cité par Urs von Balthasar, ibid p.199
(2) ibid
(3) ibid. p. 203
(4) ibid p. 204
(5) ibid p. 209

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