Quelques milliers de notes et réflexions interactives sur la vie et la foi, à partir de lectures souvent théologiques et à la lumière d'un Autre... Petit "blog" catholique d'un apprenti théologien (Bac canonique), perdu dans l'immensité de la toile... (ordonné diacre en septembre 2018)...
06 janvier 2018
Fragilité et tressaillement -Jean louis Chrétien
On y découvre que le concept de fragilité est méconnu alors qu'il est plus positif que celui de faiblesse.
Aurais-je dû appeler mon livre éponyme «Un Dieu fragile » au lieu d'un « Dieu de faiblesse » ?
Écoutons Elodie Maurot sur ce thème : « saint Ambroise, [souligne] que « le Seigneur et créateur a assumé la fragilité de notre corps ». « Dans cette lumière neuve, la fragilité, sans être abolie, ce qu'elle ne sera qu'à la résurrection, peut être, non seulement fortifiée, mais véritablement transfigurée », analyse Jean-Louis Chrétien.
Chez Augustin, la fragilité ouvre au dynamisme : « Ayez à l'esprit, mes frères, la fragilité humaine : courez tant que vous vivez, afin de vivre ; courez tant que vous vivez, afin de ne pas mourir vraiment », écrit l'évêque d'Hippone.
Tout l'intérêt de l'ouvrage de Jean-Louis Chrétien est de montrer la richesse de ce thème intemporel, (...) . La fragilité apparaît même plus intéressante que l'idée de faiblesse, terme « négatif »,désignant « un manque, une absence, une privation » (de force). La fragilité a, elle, un « caractère positif ». Porteuse d'une ligne de faille ou de rupture, elle constitue potentiellement une ouverture. » (1)
Chemin d'espérance ? Elle rejoint en tout cas ce que je viens de publier sur le tressaillement dans « Le mendiant et la brise »
(1) La Croix du jeudi 4 janvier 2018 p.14
24 décembre 2017
Heureux es-tu !
23 décembre 2017
Silence et Parole
Quand il le voulut, comme il le voulut, il manifesta sa Parole au temps fixé par lui-même, ~ cette Parole par laquelle il a tout créé.
Sa Parole, qu'il tenait en lui-même et qui était invisible au monde créé, il la rend visible. Tout d'abord, il la profère comme une voix, il l'engendre comme la lumière issue de la lumière, il envoie comme Seigneur pour la création sa propre intelligence. Et celle-ci, qui était d'abord visible à lui seul et invisible au monde créé, il la rend visible, afin que le monde, en voyant cette épiphanie, puisse être sauvé. ~ Telle est l'intelligence de Dieu : en entrant dans le monde, elle se montra le serviteur de Dieu. Tout fut par lui, mais lui seul est issu du Père. ~
Dieu a donné la Loi et les Prophètes et, en les donnant, il les a forcés, par l'Esprit Saint, à parler, en sorte qu'ayant reçu l'inspiration de la puissance du Père, ils annoncent la décision et la volonté du Père. ~
La parole de Dieu, son Verbe, s'est donc manifestée, comme dit saint Jean. En effet, il récapitule les paroles des prophètes en montrant que c'est lui, le Verbe, par qui tout a été fait. Il parle ainsi : Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut de ce qui existe. Et saint Jean dit plus loin : Le monde fut par lui, et le monde ne l'a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l'ont pas reçu. »
Saint Paul ne dit pas autre chose aux Romains (16, 26-27)
mystère porté à
(1) Hippolyte de Rome, traité contre l'hérésie de Noet. Source Aelf
22 décembre 2017
Hopital de campagne - pape François
Pages 63 à 79 de « l'Église que j'espère » du Pape François / Entretiens avec A. Spadaro, Flammarion Etudes 2015.
Même l’enterrement de Johnny Haliday est un lieu pastoral. « Johnny, notre plus grand missionnaire » titrait Jean-Pierre Denis dans « La vie ». On invite à ce sujet à relire l’homélie de Mgr de Sinety (cf. annexe). On n’a pas d’identité pleine et entière sans appartenance à l’Église. Mais dire cela ne ferme pas la notion de peuple de Dieu plus large évoquée par le pape François. Il nous invite à ouvrir les portes et sortir, aller plus loin que l’église paroissiale, hors les murs, pour être « hôpital de campagne » (p.68)(1) L’adage « hors de l’Église point de salut » est corrigé depuis Vatican Il. P. 68 : ne pas s’enfermer dans des petites choses et des petits préceptes. Exercer la miséricorde en trouvant le juste milieu qui fait grandir la personne, sans l’étouffer par des préceptes ou un laxisme qui ne fait pas avancer. Une attitude qui met la personne au centre. On évoque à ce sujet le principe de « morale vectorielle » (un vecteur en physique est symbolisé par une flèche montante. La morale vectorielle donne à chacun un objectif à atteindre qui lui est propre et le fait grandir (cf. aussi « Le principe de gradualité » développé par le pape François dans Amoris Laetitia). Trouver de nouvelles routes ! « Être des pasteurs et non des fonctionnaires ». Ne pas être une Église qui condamne. P. 69: retrouver l’Évangile à l’état pur. Sentir et entendre le « flair » du peuple de Dieu dans ses intuitions créatrices. P. 71 : toujours considérer la personne. Nous évoquons le danger des élites athées qui sont idolâtrés pour leur réussite et qui font fi du religieux. P. 72 : « Une pastorale missionnaire n’est pas obsédée par la transmission désarticulée d’une multitude de doctrines ». (…) « Le confessionnal n’est pas un lieu de torture ». Trouver le ton. « L’annonce évangélique doit être plus simple, profonde, irradiante ». Ce n’est qu’après qu’une morale peut intervenir. Discussion longue sur l’homosexualité et ses différentes formes évoquées par Xavier Thévenot (2) ou dans « Le désir brisé ». On évoque la souffrance des personnes homosexuelles, celle des parents, les carcans sociaux et culturels. Discours complexe sur l’origine, la culpabilité, les changements, le caractère « naturel » ou non de l’état. Longue évocation des souffrances et des difficultés des personnes touchées. De leur quête y compris religieuse. P. 77 : Théologie du féminin. Il reste des pages à écrire pour corriger des siècles de machisme latent. Marie est plus proche de Dieu que les prélats nous dit le pape… Douceur et force du féminin. A titre de conclusion : contempler la dimension polyédrique de l’Église (cf. CR n.1) qui donne à chacun une place, quel que soit son état, tant qu’il entre dans la quête intérieure de Dieu, loin des apparences superficielles du religieux vers l’amour du prochain, seul critère objectif d’une présence intérieure qui agit et conduit vers le bien…(3) Prochaine séance le mercredi 19/1 sur les pages 79 à 103 à Saint Philippe du roule, 12h30 (1) les numéros de pages citées sont extraites du livre de Spadaro (2) Thévenot, Xavier, Mon fils est homosexuel, comment réagir ? Comment l’accompagner ? Saint-Maurice, Éditions Saint Augustin, 2001 (facile d’accès, écrit sous forme d’entretien, il se lit en une heure et résume bien la problématique). Thévenot, Xavier, Homosexualités masculines et morale chrétienne, Paris, Cerf, 1988. (3) cf. sur ce point les développements de Karl Rahner in « Discours d’Ignace de Loyola aux jésuites d’aujourd’hui », Paris, Le Centurion, 1978 p. 40 sq Ou François Cassingena-Trévédy, « Pour toi quand tu pries ».
Mystique diaconale
Faute d'être plus explicite, il nous reste à chercher ce qu'il sous entend. On peut gloser sur ce lien intime entre la mise au service d'autrui et la rencontre de Dieu, à l'aune de Mat 25. Tout ce que tu as fait à ton frère c'est à moi que tu l'as fait. Mais là s'arrête le discours. C'est dans l'agir que réside la réponse...
Dans l'agenouillement devant l'homme, on rejoint le Christ à genoux et notre humilité est coordonnée à sa kénose.
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(1) Discours d'Ignace de Loyola aux jésuites d'aujourd'hui, Paris, Le Centurion, 1978 p. 57
(2) ibid. p. 74. J'ai évoqué le lien entre le « bruit d'un fin silence » et le chant des anges dans mon livre éponyme.
Foi, silence et liberté
Que faire pour que l'où es-tu de Gn 3 résonne encore dans le jardin du monde. Si Dieu est silencieux, devons-nous parler et chanter sur les places ? Et comment ?
Le silence parle au coeur. Mais le monde bruisse de plus en plus. Le bruit d'un fin silence n'atteint plus l'homme.
(1) Karl Rahner, Discours d'Ignace de Loyola aux jésuites d'aujourd'hui, Paris, Le Centurion, 1978 p. 71sq
21 décembre 2017
Danse et tressaillement
19 décembre 2017
Dynamique sacramentelle - suite
Ce n'est pas la vocation du chrétien. Cette dernière est seulement une nouvelle naissance au sens de Jn 3. L'incarnation devient alors danse et dynamique de l'homme au sein de la circuminvolution divine.
« L'incarnation de Dieu dans sa créature (...) ne se dissipe pas [en celle-ci dans la mesure où la proximité de Dieu lui permet de] prendre vraiment réalité et valeur. Si incompréhensible que cela puisse paraître, il y a, de la part de celui qui se trouve ainsi placé dans l'immédiateté de Dieu, comme une participation à cette descente de Dieu dans la finitude qui, de ce fait, devient positive. (...) L'homme qui se tient dans la lumière, comme la réalité aimée et préférée (...) [de Dieu] participe à cette sympathie (...) par l'amour du prochain (...) à l'amour du monde et (...) [ouvre ainsi avec lui] un éternel matin. (1)
(1) Karl Rahner, Discours d'Ignace de Loyola aux jésuites d'aujourd'hui, Paris, Le Centurion, 1978 p. 24sq
18 décembre 2017
Quand Dieu nous parle
04 décembre 2017
Faire renaître l’Eglise
Je note ici, pour retenir et partager ce que l'on peut résumer du chapitre 9 de Christoph Théobald (1) sur les 7 étapes d'une ecclesiogenèse.
1) créer des espaces hospitaliers
2) lire ensemble l'Écriture
3) être attentifs aux personnes
4) faire une expérience collective
5) donner du corps à nos célébrations
6) voir le travail de l'Esprit
7) contempler l'œuvre de Dieu
(1) Christoph Théobald, Urgences Pastorales, Paris, Bayard, 2017, p. 429sq et notamment la p. 460-1
Rite et intériorité
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(1) Christoph Théobald , Urgences Pastorales, Paris, Bayard, 2017, p. 398sq
(2) cf. sur ce point ma deuxième édition du Mendiant et la brise, où j'ai ajouté une petite méditation très personnelle sur le tressaillement...
02 décembre 2017
Une lecture triophonique de l’Écriture
1. d'entendre ce que nous dit le texte, dans son contexte large du monde biblique
2. d'entendre notre conscience et ses appels
3. de voir juger et agir dans le monde.
L'enjeu est de trouver « son unité interne, répondant ainsi à ses souhaits et désirs les plus profonds, à savoir la paix intérieure et la paix messianique entre tous ? »(1)
(1) Christoph Théobald, Urgences Pastorales, Paris, Bayard, 2017, p.396sq
28 novembre 2017
Vie et sacrement - 2
Christoph Théobald cite un texte d'Augustin qui résume bien la problématique : « est esclave d'un signe celui qui fait ou révère un acte signifiant, sans en connaître la signification »(2). Si Augustin se réjouit que les signes de l'Ancienne Alliance se soient simplifiés en des sacrements « faciles à faire et très augustes et à comprendre », on peut s'interroger sur la réalité de cette compréhension dans une société marquée par l'exculturation du catholicisme.
J'apprécie également la distinction soulevée par Congar entre sacrements signes et sacrements personnes(3). Elle rejoint ce que j'ai cherché à exprimer dans ma « dynamique sacramentelle ». L'enjeu de ces sacrements personnes est, par leur seule présence d'être « en relation significative avec d'autres ». Tout cela inaugure dit Christoph Théobald un « état de mutation continuelle et de conversion missionnaire » (...) un appel « à revêtir le Seigneur Jésus-Christ »(Ga 3, 27) et à cette imitation de Jésus-Christ qui nous fait passer de l'image à la ressemblance comme le soulignait Bonaventure.
Je rejoins là l'idée de gradualité et de morale vectorielle déjà commenté dans ces pages...
L'enjeu est probablement d'axer nos élans missionnaires dans la compréhension de ces « vecteurs » de progression ouverts à tous, en direction du sacrement source qu'est le Christ lui-même.
(1) cf. Christoph Théobald, Urgences Pastorales, Paris, Bayard, 2017, p. 349
(2) Saint Augustin, La doctrine chrétienne, livre III, 12 et 13 cité in op. Cit p. 352
(3) Y. Congar, Esquisse du mystère de l'Église, Paris, Cerf, 1966, p. 22
27 novembre 2017
Vie et sacrement
Le travail des prêtres ouvriers avait en soi cette exigence et l'on peut regretter qu'elle n'est pas trouvé une forme qui la fasse durer. La vie professionnelle des diacres est-elle son substitut...? Diaconie transformante...
(1) Christoph Théobald, Urgences Pastorales, Paris, Bayard, 2017, p. 347
(2) cf. ma « dynamique sacramentelle »
26 novembre 2017
Lire Matthieu 25 - Le jugement dernier
Mettons nous à la place de Matthieu, alors que son peuple vient d'être massacré par les Romains. Tout ce qui faisait son bonheur, Jérusalem, le Temple, sa famille, tout est détruit. Que dirions nous dans un tel contexte à ceux qui nous entourent ? Dirions nous, ne vous inquiétez pas, vivez dans l'espérance d'un bonheur pour tous. Non !
Matthieu cherche l'essentiel. Et l'essentiel c'est d'aimer. À ceux qui cherchent avant tout l'amour des frères il promet le règne de Dieu. Il vend l'espérance de temps meilleur, du Royaume annoncé par Jésus. À ceux qui rejettent le message, il ne promet rien. Ils n'auront rien de mieux que ce qu'ils viennent de vivre, l'enfer déjà là, l'enfer qu'ils viennent de subir.
Lire Matthieu comme cela ne doit pas étouffer ce que le Christ a enseigné de la miséricorde. Luc 15 et le Dieu qui court après l'homme pour se convertir n'est pas un rêve, mais Matthieu ne peut effacer les images de désolation.
Les textes qui précédent l'Évangile d'aujourd'hui adoucissent d'ailleurs les propos de Mathieu
Ez 34, 11-12.15-17
Parole du Seigneur Dieu : Maintenant, j'irai moi-même à la recherche de mes brebis, et je veillerai sur elles. Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont dispersées, ainsi je veillerai sur mes brebis, et j'irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de brouillard et d'obscurité. C'est moi qui ferai paître mon troupeau, et c'est moi qui le ferai reposer, déclare le Seigneur Dieu. La brebis perdue, je la chercherai ; l'égarée, je la ramènerai. Celle qui est blessée, je la soignerai. Celle qui est faible, je lui rendrai des forces. Celle qui est grasse et vigoureuse, je la garderai, je la ferai paître avec justice. Et toi, mon troupeau, déclare le Seigneur Dieu, apprends que je vais juger entre brebis et brebis, entre les béliers et les boucs.
PSAUME22, 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6
Le Seigneur est mon berger :je ne manque de rien.Sur des prés d'herbe fraîche,il me fait reposer.Il me mène vers les eaux tranquilleset me fait revivre ;il me conduit par le juste cheminpour l'honneur de son nom.Si je traverse les ravins de la mort,je ne crains aucun mal,car tu es avec moi :ton bâton me guide et me rassure.Tu prépares la table pour moidevant mes ennemis ;tu répands le parfum sur ma tête,ma coupe est débordante.Grâce et bonheur m'accompagnenttous les jours de ma vie ;j'habiterai la maison du Seigneurpour la durée de mes jours.
1Co 15, 20-26.28
Le Christ est ressuscité d'entre les morts, pour être parmi les morts le premier ressuscité. Car, la mort étant venue par un homme, c'est par un homme aussi que vient la résurrection. En effet, c'est en Adam que meurent tous les hommes ; c'est dans le Christ que tous revivront, mais chacun à son rang : en premier, le Christ ; et ensuite, ceux qui seront au Christ lorsqu'il reviendra. Alors, tout sera achevé, quand le Christ remettra son pouvoir royal à Dieu le Père, après avoir détruit toutes les puissances du mal. C'est lui en effet qui doit régner jusqu'au jour où il aura mis sous ses pieds tous ses ennemis. Et le dernier ennemi qu'il détruira, c'est la mort. Alors, quand tout sera sous le pouvoir du Fils, il se mettra lui-même sous le pouvoir du Père qui lui aura tout soumis, et ainsi, Dieu sera tout en tous.
Source AELF
Pour aller plus loin :
- Dieu n'est pas violent
- Chemins de miséricorde
24 novembre 2017
Nouvelles directions pastorales
Ce qu’il dit sur la formation de passeur (p.329sq) la manière de susciter des charismes (332) et de les conforter, l’art d’une
communauté à construire, la formation duelle entre prêtres et laïcs (338sq) me semblent essentiel et j’invite les lecteurs lassés par les 302 premières pages de considérations liminaires (utiles pourtant au chercheur) à sauter au coeur du sujet. Ici se déploie cette pastorale d’engendrement qui faisait déjà la force des premiers écrits du « maître ».
23 novembre 2017
Qui est le sujet de nos célébrations ?
La question posée par Christoph Théobald est essentielle. Qui est le sujet de nos célébrations ? Est-ce le prêtre venu parfois de l'extérieur au service d'une paroisse rendue passive ou est-ce la communauté elle-même « sujet collectif qui l'accueille pour qu'il la préside au nom du Christ(1) ». Derrière cette question se trouve l'enjeu de la refondation d'une unité véritablement sacramentelle de nos communautés, une pastorale de l'engagement et de la responsabilité sans tomber dans le double écueil du cléricalisme ou de l'excès d'autonomie des laïcs. Au milieu, la place du diacre est-elle de trancher d'un côté ou de l'autre ou d'avoir toujours en tension l'idée d'être un entre-deux qui favorise la prise de conscience de la dynamique sacramentelle de la communauté.
(1) Christoph Théobald, Urgences Pastorales, Paris, Bayard, 2017, p. 323sq
21 novembre 2017
Le tressaillement de Zachée
« Jésus leva les yeux et lui dit :
« Zachée, descends vite :
aujourd'hui il faut que j'aille demeurer dans ta maison. »(Luc 19,5).
Contempler le Christ descendu à Jéricho jusqu'à Zachée, c'est voir le Christ agenouillé devant l'homme pour demander de demeurer en lui. Un acte qui préfigure le mystère de l'eucharistie et nous fait tressaillir comme a dû le faire le petit homme devant la phrase du Fils de Dieu.
Un monde à l'envers. Il cherche à monter et Jésus descend...
Seigneur, je ne suis pas digne, mais dit seulement une parole et je serais guéri...
(1) Op. cit. p. 47 et 62
19 novembre 2017
Goûter au temps de Dieu
16 novembre 2017
Belles paroles
Blandel va jusqu’à utiliser un terme qui parle : « l’autolâtrie »(3)
(1) Maurice Blondel, l'Action, Paris, Felix Alcan, éditeur, 1893, p. 8
(2) ibid p. 13
(3) p.16
Rendement pastoral ?
Une question récurrente me turlupine...
Y a-t-il un rendement pastoral à la place du diacre à l'autel ?
Certes la liturgie est le sommet d'une pratique chrétienne, mais le fondement même de l'idée de diaconie est ailleurs.
J'ai eu sur ce point des discussions houleuses.
Pour moi, il y a un risque de folklorisation qu'on ne peut évacuer.
Autant le prêtre a son rôle, autant celui du diacre n'est pas forcément essentiel, sauf bien sûr s'il lui arrive de présider un sacrement.
Sa fonction d'acolyte est chargée de sens, mais elle peut être effectuée par bien d'autres laïcs.
L'action qui fonde son ministère est surtout ailleurs.
En disant cela, je rejoins les questions de hiérarchie des munera pointées par Christoph Théobald (2)
La réponse n'est pas simple.
À méditer...
Ajout : Sur ce point le débat continue. Un ami diacre m'a confié que selon lui, le curé pouvait mieux célébrer grâce à lui, car le matériel étant géré par lui, il pouvait se consacrer à l'essentiel. Un point...
(1) petite allusion à l'expression d'Etienne Grieu, citée hier.
(2) Christoph Théobald, Urgences Pastorales, Paris, Bayard, 2017, p. 187sq.
Diversité polyédrique et ouverture
Ne pas voir la une loi mais une bonne nouvelle, c'est reconnaître l'importance « d'un discernement spirituel qu'exige cette diversité polyédrique de situations culturelles et personnelles marquées par de très grandes fragilités ».
C'est un élargissement du regard.
A la différence de la loi, l'évangile ouvre un chemin inexploré : celui de l'âme humaine.
La notion de polyèdre et de gradualité conjuguée par notre pape introduit pour moi la nécessité d'une morale « vectorielle », c'est à dire d'un chemin qui devient polyédrique par essence.
A chacun ce vecteur qui le pousse plus loin.
(1) Christoph Théobald, Urgences Pastorales, Paris, Bayard, 2017, p. 221
15 novembre 2017
Christianisme, pouvoir et pénitence chez Michel Foucault
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Le principe de l’agir - 2
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(2) cf. plus haut le concept de grâce chez Diadoque de Photicé
Le principe de l’agir - Maurice Blondel
Après un long plaidoyer sur l'agir, Blondel en vient au cœur de notre sujet sur l'immanence : Il faut, pour lui, « rechercher s'il n'y a pas un mouvement initial qui persiste toujours, qu'on aime et qu'on veut, même quand on le renie ou quand on en abuse » (1).
C'est la peut-être le creuset de ce que je cherche à définir comme tressaillement, cette interaction fragile entre l'homme et l'auto-communication d'un Dieu agenouillé.
Ce mouvement est-il la symphonie du Dieu trine qui, dans le creuset de notre coeur, nous invite à danser une partition nouvelle ?
(1) Maurice Blondel, l'Action, Paris, Felix Alcan, éditeur, 1893, page XX de l'introduction.
Pertinence et impertinence de l’Église - Étienne Grieu
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Dynamique qui avant d'être sacramentelle se tisse dans nos humanités...
« En redécouvrant l'Église comme fraternité nous sommes tout naturellement reconduits vers (...) ceux qui se tiennent au bord du monde », allusion explicite à la périphérie du pape François dans EG.
Cela nous ramène au coeur de l'alliance dans cet agenouillement de Dieu vers le monde.
Face à la tentation du repli, Grieu nous invite à une « audacieuse impertinence ». À méditer.
(1) Christoph Théobald, La réception du concile Vatican Il, Cerf, 2009
(2) Etudes n.4243 11/2017, op. Cit. p. 79
Immanence et transcendance
Le sujet lancé par Maurice Blondel en 1893 dans "L'action", un livre condamné à l'époque et dont on vient de me prêter un exemplaire n'est-il pas au coeur des tensions actuelles décrites par Théobald en début de son livre. Si l'homme est "capax dei" quelle place à la grâce ? Le chemin ouvert par Blondel a influencé beaucoup de recherche et il faut attendre Lubac et Rahner pour que les choses se tassent. Pour autant cette tension théologique mérite un détour.
Quel est l'enjeu ?
Je ne maitirise pas ces sujets. Pour moi le concept d'immanence est une reprise de ce que sous entendait Justin (logos spermatikos) et Diadoque de Photicé ? N'est ce pas ce que suggère aussi Nostra Aetate : l'homme a en soi la capacité de trouver Dieu, il a en lui des rayons de la vérité. De quel droit ? N'est ce pas au nom du souffle divin évoqué en Gn 1. La transcendance n'ajoute rien d'autre. Elle fait entrer en résonance. Entre vie et sacrements, l'enjeu est la danse. À contempler et approfondir.
Le mendiant et la brise -2
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14 novembre 2017
Loi, gradualité, pastorale et Évangile
(1) j'invite le lecteur à relire lentement les propos de Christoph Théobald, Urgences Pastorales, Paris, Bayard, 2017, p. 215 à 219
13 novembre 2017
Recevabilité de l’Évangile
Comment creuser en l'homme ce désir, ce tressaillement intérieur qui rend sa terre féconde à la semence du Verbe ?
Notre mission d'évangélisation ne doit-elle pas s' auto-réguler pour accueillir et entendre ces freins à l'évangile ? C'est l'enjeu d'une pastorale du seuil (2).
(2) cf. mon essai éponyme
11 novembre 2017
Mission baptismale - Munera
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A mon humble avis, le service du règne que je traduis par diaconie, fonde la vérité des autres fonctions et la hiérarchie de Vatican II n'a une importance que si la réalité du lien entre vie et sacrement prends corps. Pour ceux de la périphérie, qui sont loin du monde chrétien, ceux pour qui "le mystère ne leur évoquent plus rien"(3) seront plus touchés par le "climat d'humanité qui leur parle éventuellement, l'accueil de la fragilité humaine, le droit de cité donné au questionnement et au doute". C'est pourquoi il me semble, en dépit de SC 10, que pour eux la hiérarchie doit être inversée.
(1) Christoph Théobald, Urgences Pastorales, Paris, Bayard, 2017, p. 189
(2) Il reviendra en effet plus loin sur cette hiérarchie.
(3) ibid. p. 193
Pastorale du seuil
09 novembre 2017
"L'amour de ta maison" et les Marchands du temple - Jean 2
L'époux est là et l'heure de ses noces approchent. Il monte déjà charnellement et spirituellement à Jérusalem. Le bon vin, servi en dernier se prépare, après un long effort de Dieu vers l'homme. Le mendiant d'amour va tout donner (cf. plus haut) même son Fils.
La mère est là, au pied de la Croix et il crie d'angoisse. "Femme que me veux tu ?"
Est-ce déjà l'heure ?
Non, pas encore, mais "que ta volonté soit faite".
Allez, amis serviteurs, au puits de la rencontre, puisez l'eau vive ! (cf. Jn 4).
Remplissez les jarres, car la source est prête.
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Dans cet axe, le zèle du Christ est à entendre à l'aune du psaume 68 (69) tout entier cité par Jean 2, 17. [Père], l'amour de ta maison est mon tourment. Outre le verset 10 cité c'est tout le psaume qui jaillit comme un cri. Face à cette plainte, la colère du Christ sur le traitement fait à la "maison du Père" semble bien légère.
03 J'enfonce dans la vase du gouffre, rien qui me retienne ;
* je descends dans l'abîme des eaux, le flot m'engloutit.
04 Je m'épuise à crier, ma gorge brûle.
* Mes yeux se sont usés d'attendre mon Dieu.
* ils sont nombreux, mes détracteurs, à me haïr injustement.
Moi qui n'ai rien volé, que devrai-je rendre ?
* 06 Dieu, tu connais ma folie, mes fautes sont à nu devant toi.
ceux qui t'espèrent, Seigneur, Dieu de l'univers ;
* qu'ils ne rougissent pas de moi, ceux qui te cherchent, Dieu d'Israël !
08 C'est pour toi que j'endure l'insulte, que la honte me couvre le visage :
10 L'amour de ta maison m'a perdu ; on t'insulte, et l'insulte retombe sur moi.
12 si je revêts un habit de pénitence,
je deviens la fable des gens :
13 on parle de moi sur les places, les buveurs de vin me chansonnent.
* dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi, par ta vérité sauve-moi.
15 Tire-moi de la boue, sinon je m'enfonce :
* que j'échappe à ceux qui me haïssent, à l'abîme des eaux.
* que la gueule du puits ne se ferme pas sur moi.
17 Réponds-moi, Seigneur, car il est bon, ton amour ;
* dans ta grande tendresse, regarde-moi.
* 19 Sois proche de moi, rachète-moi, paie ma rançon à l'ennemi.
* tous mes oppresseurs sont là, devant toi.
21 L'insulte m'a broyé le coeur, le mal est incurable ;
* j'espérais un secours, mais en vain, des consolateurs, je n'en ai pas trouvé.
31 Et je louerai le nom de Dieu par un cantique, je vais le magnifier, lui rendre grâce.
33 Les pauvres l'ont vu, ils sont en fête : « Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! »
35 Que le ciel et la terre le célèbrent, les mers et tout leur peuplement !
Il en fera une habitation, un héritage :
* 37 patrimoine pour les descendants de ses serviteurs, demeure pour ceux qui aiment son nom.
Alors la point du texte jaillit comme un chant d'espérance : " Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. »
Percez son sein et "et aussitôt, il en sorti[ra] du sang et de l’eau." (Jn 19, 34).
« J’ai vu l’eau qui jaillissait du Temple,
et tous ceux que cette eau atteignait étaient sauvés » (Antienne Vidi aquam)
leur feuillage ne se flétrira pas et leurs fruits ne manqueront pas.Chaque mois ils porteront des fruits nouveaux,car cette eau vient du sanctuaire.Les fruits seront une nourriture,et les feuilles un remède. » Ez 47, 1-2.8-9.12
08 novembre 2017
Mendiant d'amour
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Et si Matthieu 25, 35 avait raison, et si c'était Dieu, dans ce mendiant à genoux devant l'homme ?
07 novembre 2017
Pour lui-même
"Nous devrions nous interroger sur la mystérieuse force de diffusion qui habite l'Évangile lui-même et, surtout, prendre au sérieux notre difficulté à nous initier les uns les autres à l'expérience "mystique" qu'il véhicule" (5)
(1) De Trinitate
(2) Christoph Théobald, Urgences Pastorales, Paris, Bayard, 2017, p. 182
(3) cf. Le mendiant et la brise
(4) cf. A genoux devant l'homme
(5) Christoph Théobald, ibid. p. 185
06 novembre 2017
Gratuité et liberté religieuse
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Pour lui, l'Église est capable de se laisser toucher ET enseigner et s'appuie sur "cet amour de la liberté d'autrui".
Je travaille dans ce sens en préparant la publication imminente (sous 3-4 jours) sur Amazon et fnac.com d'une petite nouvelle intitulée "Le mendiant et la brise". Une manière pour moi de dire que le mendiant n'est autre que Dieu lui-même.
Une nouvelle que j'illustre en couverture par cette annonciation peinte par ma soeur. Elle illustre bien l'agenouillement réciproque de ceux qui se tournent vraiment vers autrui :
(1) Christoph Théobald, Urgences Pastorales, Paris, Bayard, 2017, p. 171ss
05 novembre 2017
Vie et sacrements
04 novembre 2017
L'adhérence et l'endurcissement
03 novembre 2017
Mouvement pendulaire de la grâce - 2
(1)Christoph Théobald, Urgences Pastorales, Paris, Bayard, 2017, p. 171-173
02 novembre 2017
Cloche et mouvement pendulaire
Ces deux mouvements se croisent et s'entrecroisent. Leur ampleur porte les pas de Dieu vers l'humanité toute entière. Cela pourrait être syncrétisme si le centre n'était en Christ et le mouvement spirale ouverte d'un Dieu qui invite l'homme en toute liberté à sa danse.
(1) Christoph Théobald, Urgences Pastorales, Paris, Bayard, 2017, p. 165ss
31 octobre 2017
Une mystique de la rencontre - Pape François
L'enjeu est la prise en compte d'autrui dans son rapport à Dieu. On rejoint l'imbrication des deux commandements (cf. Mt 22, 40) et le sens même du vivre ensemble. Il fait résonner l'insistance d'un Basile de Césarée pour la vie en communauté plus que la vie érémitique. Le vivre ensemble est notre condition d'accès à Dieu. Le reste est fuite.
C'est dans notre prise en compte d'autrui, dans la réponse à l'appel du visage (cf. Lévinas) que notre coeur peut s'ouvrir à l'intimité de Dieu qui n'est pas solitude mais danse.
(1) Christoph Théobald, Urgences Pastorales, Paris, Bayard, 2017, p. 161
28 octobre 2017
La force de Simon
Quand on voit un pêcheur comme Simon sans instruction, mais assez hardi pour discuter avec les juifs de la foi en Jésus Christ, et pour le prêcher au reste du monde, et y réussir, comment ne pas chercher l'origine de cette force de persuasion ? Comment ne pas avouer que la parole de Jésus : « Venez à ma suite, je vous ferai pêcheurs d'hommes » (Mt 4,19), il l'a réalisée dans ses apôtres par une force qui vient de Dieu ? (1)
En communiant à son corps, Dieu nous invite à creuser en nous le désir de grandir, à la suite de Simon, pour devenir pierres vivantes de son Église.
Car l'homme seul est incapable mais Dieu fait de nous des instruments de son amour.
Les voici rassemblés
Dans la maison du Père,
Les compagnons d'épreuve
Qui t'ont vu crucifié.
Tu ouvrais le passage,
Ils marchaient sur tes traces,
O Seigneur des Vivants.
Ils portaient dans leur coeur
Pour éclairer le monde
La mystérieuse image
De ta gloire humiliée.
Messagers d'espérance,
Ils semaient ta parole
Et c'est toi leur moisson.
Ils ont place au festin
Dans le Royaume en fête,
Pour avoir bu la coupe
De l'amour partagé.
Tu leur montres le Père
Et ta joie les habite,
O Jésus, Fils de Dieu ! (2)
"Frères,vous n’êtes plus des étrangers ni des gens de passage,vous êtes concitoyens des saints,vous êtes membres de la famille de Dieu,car vous avez été intégrés dans la constructionqui a pour fondations les Apôtres et les prophètes ;et la pierre angulaire, c’est le Christ Jésus lui-même.En lui, toute la construction s’élève harmonieusementpour devenir un temple saint dans le Seigneur.En lui, vous êtes, vous aussi, les éléments d’une même constructionpour devenir une demeure de Dieu par l’Esprit Saint." (3)
(1) d'après Origène, Contre Celse I, 62 (trad. cf SC 132, p. 247s)
(2) Source AELF
(3) Éphésiens 2, 19-22, ibid
27 octobre 2017
Prophètes de malheur ou d'espérance
Il nous semble nécessaire de dire notre complet désaccord avec ces prophètes de malheur, qui annoncent toujours des catastrophes, comme si le monde était près de sa fin.
Dans le cours actuel des événements, alors que la société humaine semble à un tournant, il vaut mieux reconnaître les desseins mystérieux de la Providence divine qui, à travers la succession des temps et les travaux des hommes, la plupart du temps contre toute attente, atteignent leur fin et disposent tout avec sagesse pour le bien de l'Église, même les événements contraires." (1)
26 octobre 2017
Intimité de Dieu - Tressaillement 5
C'est en effet au coeur de ce tourbillon de la foi que l'homme entre en dialogue avec l'inouï de Dieu. « Dieu ne nous veut pas seulement face à lui, comme dans le Coran (...) Il nous donne accès à Son Intimité, à Son intériorité abyssale, puisqu'il y est déjà »(2)
On entre en écho avec les propos de François Cassingena-Trévédy sur l'intériorité commenté plus haut. Mais Christoph Théobald évoque aussi ce qui est divin en nous. Une manière de nous faire entrer dans la danse...
(1) Christoph Théobald, Urgences Pastorales, Paris, Bayard, 2017, p. 156
(2) ibid.
16 octobre 2017
Prosélytisme ou gratuité
Si notre agir quitte le don pour entrer dans une stratégie de conquête nous oublions que la foi est don.
Il s’agit d’une grâce speciale du Christ, comme le rappelle Christoph Théobald citant LG14, 2
(1) cf. Christoph Théobald, Urgences Pastorales, Paris, Bayard, 2017, p. 145ss
15 octobre 2017
Une vision polyèdrique du monde
Voir sur le polyèdre :
- C. Theobald, ibid. p.121
- Pape François, Cette Eglise que j'espère, Entretien avec le P. Spadaro, p. 27 : 'Un polyèdre, "où tous se complètent, mais où chacun garde sa spécificité qui chacun enrichit les autres"
- Pape François : "De toute manière, je dois dire que le parcours synodal a été d’une grande beauté et a offert beaucoup de lumière. Je remercie pour tous les apports qui m’ont aidé à contempler les problèmes des familles du monde dans toute leur ampleur. L’ensemble des interventions des Pères, que j’ai écouté avec une constante attention, m’a paru un magnifique polyèdre, constitué de nombreuses préoccupations légitimes ainsi que de questions honnêtes et sincères." (AL, §4)
14 octobre 2017
Déconstruction et espérance
Dans la deuxième (dépassement) on rejoint l'homme dans sa souffrance et dans son cri et l'on cherche à trouver à ses côtés le chemin du dépassement...
Je pense que l'idée qu'apporte Théobald et qui rejoint le concept de polyèdre du pape François (cf. Evangelii Gaudium 235ss, debeloppé aussi chez Spadaro/François in l'Eglise que j'espère ou chez Christoph Theobald, ibid. p.121) est finalement la reprise d'une thèse de Justin sur les semences de l'Esprit. Chaque homme est porteur d'humanité et il nous appartient, comme le dit le titre provocateur d'un de mes livres de se mettre « à genoux devant l'homme ». Il n'y que la kénose qui est théologale, foi, espérance et charité étant l'unique don de Dieu à l'homme face à un monde qui l'ignore.
« Un missionnaire va là où il n’y a rien encore » (2)
(1) Christoph Théobald, Urgences Pastorales, Paris, Bayard, 2017.
(2)) Godin/Daniel, France pays de mission ?, cité par Christoph Théobald ibid. P. 132
13 octobre 2017
Église et pouvoir
Mais j'ai décidé qu'après la publication d'une centaine d'ouvrages je me devais de faire une pause...
Je me réjouis néanmoins de voir Christoph Théobald y faire mention à sa manière : "les prétentions souvent inconscientes de l'Église de posséder les espaces de pouvoir" (1)
Personne n'y échappe et même mes livres peuvent être qualifiés de prétention involontaire de reprendre le pouvoir. Cela étant posé, l'important n'est pas de culpabiliser mais de surmonter cette tentation d'être au centre, alors que notre vie doit être décentrement. La diaconie est l'enjeu !
(1) Christoph Théobald, Urgences Pastorales, Paris, Bayard, 2017, p. 121
12 octobre 2017
Église et ruralité
Nous avons à creuser sans cesse ces pistes.
Comme je viens de l'écrire dans un échange avec Henrik Lindell, "Il y a un problème qui touche à la sociabilité de nos rencontres. J'ai lu que dans mon village de l'Eure, il y avait jusqu'à 32 cafés au début du XXeme siècle pour une seule église. Les hommes s'y retrouvaient pour parler des cultures, échanger, partager après le travail. L'église n'avait pas cette fonction sociale car peut-être trop pyramidale (...) la crédibilité de notre présence dans le monde et le risque d'une "folklorisation" de nos sacrements loin du réel est ici en jeu. L'intérêt de notre expérience entre foi et vie professionnelle à Saint Philippe du Roule ou à ND de La Défense est de trouver des lieux où social et religieux peuvent se rejoindre... même si ce ne sont que des balbutiements, le côté partage et soucis commun redonne aux hommes des lieux où spirituel et vie peuvent se conjuguer (...) dans une vie de travail, les hommes trouvent là un lieu qui les rejoins. À méditer.
(1) Christoph Théobald, Urgences Pastorales, Paris, Bayard, 2017, p. 119
11 octobre 2017
Crédibilité du théologal - Theobald 3
Cela étant défini, il reste à mesurer la crédibilité(2) de notre Église à l'aune de ces vertus et donc de ne cesser de prendre à coeur la profondeur intrinsèquement théologale de notre être chrétien, son lien intime avec le plan de Dieu, son inhabitation.
On est loin, et c'est là le drame, d'un siècle qui vit dans l'illusion de croire que Dieu ne sert plus à rien, comme entendu la semaine dernière sur RND dans l'analyse pertinente de Frédéric Guillaud, l'auteur de Catholix reloaded qui vient de paraître aux Éditions du Cerf.
(1) Christoph Théobald, Urgences Pastorales, Paris, Bayard, 2017, p.45, note 2
(2) op. cit. p. 63
10 octobre 2017
Folklorisation de nos traditions
Deuxième allusion de Christoph Théobald à la folklorisation de nos traditions(1). Il faut laisser résonner cette pique à l'aune de nos célébrations communes, sentir le risque qu'elles portent d'être décalées par rapport aux soucis du monde.
Cela fait écho en moi avec cette insistance chez certains curés à forcer les jeunes fiancés à assister à une messe dans le cadre de la préparation au mariage avant de leur avoir donné le temps de goûter à la communauté chrétienne.
Il est certes difficile, quand on perçoit la profondeur du mystère eucharistique de voir qu'il est inaccessible...
Mais l'urgence pastorale n'est elle pas dans la construction d'un pont viable entre une société loin de nos codes et de nos symboles et le folklore si chargé de sens de nos liturgies ?
(1) Christoph Théobald, Urgences Pastorales, Paris, Bayard, 2017, p. 97
09 octobre 2017
Triple contrainte et crédibilité
1. L'Évangile du règne de Dieu
2. La situation historique de la société
3. La figure de l'Église qu'il appelle à être crédible.
On perçoit bien combien ces trois pôles sont liés et demande en même temps une dynamique d'ajustement. Si l'Evangile nous habite, les changements du monde obligent à une adaptation constante qui influence même l'Eglise dans ses comportements.
C'est dans cet axe que la fidélité à l'aggiornamento prôné par le Concile Vatican II développe son propos jusqu'à deux exigences. Dépasser la tentation du rétroviseur (le passé était mieux, ce qui est un mythe) et adapter avec attention notre manière d'être pour rejoindre le monde dans sa quête, de "manière créatrice" (...) au-delà du "risque de folklorisation ou d'instrumentalisation" (1) pour s'ajuster au mieux au monde, le comprendre, le servir et l'habiter.
C'est l'enjeu d'une pastorale.
(1) Christoph Théobald, Urgences Pastorales, Paris, Bayard, 2017, p. 72
08 octobre 2017
Dieu sculpteur - Hans Urs von Balthasar
"Que Dieu dans la Bible, quand il crée, soit représenté comme un artiste sculpteur, cela est théologiquement significatif; car jusqu'à la fin, la créature doit reposer calmement et patiemment entre les mains formatrices de Dieu" nous dit Hans Urs von Balthasar. Une phrase qui entre en écho avec sa contemplation de Gn 2 et de la forme donnée au premier homme "de la glaise du sol [comme] (...) dernière victoire sur la matière et (...) couronnement de toute la construction antérieure (1).
Depuis la création ex nihilo Dieu avance à petit pas jusqu'au premier acte de renoncement kénotique où il se désaisit de lui même dans le don du souffle, où il livre à l'homme le fruit de son Esprit prélude d'une symphonie et d'une danse entre l'amour divin et l'appel fait à l'homme d'une liberté créative.
(1) Hans Urs von Balthasar, La gloire et la croix, théologie 3, Ancienne Alliance, Paris, Aubier, 1974 p. 80